Le temps passe, rien n'effacera jamais... 



Toi qui aimais tant la vie, les montagnes, la musique, tu t'es envolée il y a maintenant plus de 10 mois.

Ton violon

continue de te jouer de jolies mélodies. 

La vie continue sans toi. Elle est tellement fade. Ici je te conterai cette vie, je te dirai ce qui se passe, afin que tu puisses en profiter d'où que tu sois.




Début mars 2003 : Nous descendons, Papa et moi, à Nice où nous devons rencontrer l'avocat. Ce n'est pas un plaisir, tu sais, de reparler de ce déchirement, mais nous pensons tellement à toi. Nous avons déposé un bouquet de fleurs à la porte de ton immeuble. Nous sommes allés au laboratoire, voir ton ami et nous avons vu la plaque que le professeur du laboratoire a fait mettre en ton hommage, pour nommer la salle de réunion de ton nom. Sur la route, nous avons été arrêtés par un troupeau de moutons. Des souvenirs me sont revenus, lorsque tu avais été en Corse et que tu avais vu sur le bord de la route des cochons sauvages. Pour la première fois, nous n'avons pas pris l'autoroute, mais la route que tu prenais, malgré les virages que je n'aime pas, tu sais, je l'ai trouvée belle, grâce à toi. 



Week-end suivant : Ton ami est venu à Grenoble. Nous avons longuement parlé. Comme il t'aime, ma biche !  



10 mars 2003 : Mémé est tombée à l'hôpital où elle est hospitalisée depuis le 19 octobre dernier. Elle s'est cassé le col du fémur. Opérée le 11, elle a du mal à remonter la pente. Elle pense tellement à toi , ma biche. Ses premières paroles au réveil de son opération ont été pour toi. Elle ne souhaite qu'une chose : te rejoindre.



24 mars 2003 : Nous partons à Nice dans un moment. Cela sera dur ma Biche, mais il le faut . Tu m'aideras. J'ai tant de choses à te dire. Mémé  est fatiguée, anémiée, et tu lui manques tellement. Je t'aime ma biche, je t'aime tant. Tu sais tu es de nouveau
 Tata : ta grande sœur a eu une petite fille le 20 mars. Elle est belle tu sais. Mais je pense tellement à toi qui n'est pas parmi nous pour savourer ce bonheur.



26 mars 2003 : Nous remontons de Nice. Que cette journée du 25 a été dure. Réentendre parler de ce tragique évènement, nous fait si mal. Heureusement ton ami était là, toujours si gentil avec nous. Dans un mois il faudra de nouveau recommencer. Que c'est long ma biche. Quand pourrons nous parler de toi autrement qu'à travers cette affaire judiciaire ?



28 mars 2003 : Ton petit neveu a 3 ans aujourd'hui, ma biche. Il grandit tu sais, il parle beaucoup maintenant. Ton ami va venir "fêter" avec nous son anniversaire. Il est si gentil avec nous. Il fait ce que tu aurais fait. Nous l'aimons tant. Je crois avoir oublié de te dire qu'il apprend le violon. Il continue de faire chanter ton violon.



29 mars 2003 : Ma biche, ne m'en veux pas, je suis à bout. Ta mémé chérie, que tu aimais tant va très mal psychologiquement. Elle gémit, pleure, crie, devient agressive. Certaines infirmières ne la supportent plus, sa voisine de chambre non plus. Le médecin nous a accusé à midi. Il dit que c'est notre chagrin qui la met dans cet état. Pourquoi nous accuser sans cesse. Sommes nous victimes ou coupables ? Pourtant nous sommes affectueux avec elle, nous ne lui parlons pas de choses tristes. Il faut s'accrocher pour paraître, mais on le fait. Quelle méchanceté. Je voudrais prendre Mémé à la maison, pour l'arracher à ce milieu. Dis moi ma biche, conseille moi.



7 avril 2003 : Je suis mal aujourd'hui, ma biche. Tout m'agace, je ne supporte rien. J'ai le mal de toi. Mal de ton absence. Cela fait un an maintenant que nous t'avons vu pour la dernière fois. Tu es montée à Grenoble pour fêter les 2 ans de ton petit neveu. Il vient d'avoir 3 ans. Moi qui aime les photos, je ne les ai plus rangées depuis que tu n'es plus là. Tu nous manques ma biche.
Ce week-end, ton copain était là, parmi nous. Quel déchirement pour nous lorsqu'il s'en va. Nous l'aimons tant. Il a joué avec ton petit neveu et a pris sa petite sœur dans les bras, comme tu l'aurais fait. Il pense tant à toi. Il t'aime ma biche.



29 avril 2003 : Il y a tout juste un an ma biche, tu changeais de domicile. Tu partais vers l'inconnu. Nous t'accompagnions ce jour là, le cœur serré, ne croyant pas à ce qui venait de nous arriver. Depuis, tu es dans nos cœurs ma biche . Nous ne cessons de penser à toi. Aujourd'hui nous t'avons porté des roses.
Cela fait longtemps que je ne t'ai pas raconter ce qui se passe. Tu sais ces jours derniers ont été très durs. Tu étais parmi nous mais ta présence, ton sourire, nous manquaient tellement . Il nous manqueront toujours. Nous sommes partis Papa et moi , la semaine du 22 avril, pensant être moins mal qu'à Grenoble . Mais les journées ont été longues. Nous avons été au laboratoire, parler de toi avec ceux que tu aimes tant . Nous avons vu ton ami , toujours si gentil . Nous avons été chez ses parents, toujours pour parler de toi . Il sont si gentils aussi et pensent beaucoup à toi. Le 27 avril,  jour du semi marathon de Nice, nous étions sur place . Tu sais que je ne suis pas sportive. J'ai voulu avec Papa, courir les 3 kilomètres. Ton ami nous a soutenus. Je l'ai fait pour toi ma Nounouche. Tu avais fait les 10 km l'an dernier et ton ami a fait le semi marathon cette année . Nous avions ton dossard contre nous, puis ton ami l'a pris contre lui pour courir. Tu vois tu étais avec nous . 
Nous sommes passés rue de la Préfecture à Nice, bien sûr. Nous sommes montés près de la porte de ton appartement et j'ai pris des photos afin de garder à jamais ce souvenir. Nous sommes aussi passés rue Borriglionne, où tu habitais avant avec ta copine. Nos cœurs se sont serrés. Tu aimais bien cet appartement aussi, devenu trop grand pour toi seule, lorsque ta copine en est partie.
Je voulais te dire que ta Mémé quitte l'hôpital demain. Elle rentre en maison de retraite. Elle a besoin de soins, elle ne peut plus marcher, aussi elle sera mieux ainsi. Nous espérons seulement que son moral aille un peu mieux. 
Demain, cela fera un an que ton frère s'est marié. Ce n'était pas une fête ce jour là. Tu venais de partir, avec les vêtements que tu avais acheté pour son mariage. Mais nous les avons accompagnés à la mairie comme prévu, car tu étais dans le cœur de chacun. Je t'aime, je t'aimerais toujours ma fille.



15 mai 2003 : Ma biche, je suis très fatiguée aujourd'hui. Pourquoi tout va mal. Pourquoi tant d'agressions de toutes sortes. Je voudrais être plus au calme, avoir plus de temps à te consacrer, pouvoir venir te parler plus souvent, pouvoir penser calmement à toi. Ta mémé que tu aimais tant a eu un problème lundi dernier, le 12 mai, à la maison de retraite. Elle a eu une embolie pulmonaire : réanimée d'urgence par le médecin car son cœur ne battait plus : massage cardiaque, bouche à bouche, tension à 5. Il ne lui donnait que quelques heures à vivre. Et elle est revenue à elle, sa tension est remontée. Elle est partie aux soins intensifs à l'hôpital et maintenant elle est de nouveau en gériatrie. Le médecin vient de nous dire que l'embolie avait atteint les deux poumons. Nous devons gérer cela. Encore une chose qui nous affaiblit, nous agresse. Nous sommes sur les nerfs, Papa et moi, donne moi de la force, ma biche . Peut être suis-je trop exigeante. Tout se brouille dans ma tête en ce moment. Je ne sais plus ce que je voudrais. Je sais seulement que je suis épuisée et que je t'aime, je t'aime tant. Tu me manques tant.



23 mai 2003 : J'insère ce message, qui s'est effacé je pense. Peut être, un oubli de ma part de l'enregistrer. Nous sommes allés à La Morte. Moi qui n'avais jamais vu ce paysage, n'osant pas aborder les virages de la route. Je m'en veux de ne l'avoir fait que maintenant, ma Biche. C'est merveilleux, calme. Je comprends pourquoi tu aimais tant y aller. 

Je t'ai rapporté une gentiane que j'ai prise en photo en pensant à toi. C'est en partant de ce village que tu as fait cette randonnée entre amis au lac fourchu.
Je t'aime
ma Biche. Je t'offre ma gentiane




12 juin 2003 : Ma biche, aujourd'hui c'est le jour du bac, Marie-Laure est partie passer la philo. Elle était stressée, nous espérons que cela ira pour elle. Tu sais elle a beaucoup travaillé pour rattraper tout ce qu'elle a manqué lorsqu'elle était déprimée et ne pouvait se concentrer. Je suis sûre qu'aujourd'hui, elle ne dit rien, mais doit avoir une pensée pour toi. Aide là ma biche, elle t'aime tant.
Hier après midi Mémé est retournée à la maison de retraite. Elle n'était pas énervée, simplement fatiguée. Sûrement le transport et la chaleur. J'espère que cela ira et qu'elle reprendra le rythme de la maison de retraite, car ce n'est pas toujours facile pour nous de la voir comme cela.
J'aimerais tant qu'elle reprenne goût à la lecture et la télé, cela la divertirait un peu. Je t'aime ma biche. 



16 juin 2003 : Aujourd'hui Marie-Laure est partie passer son Bac. Elle commence par l'histoire géographie ce matin. Elle était très stressée et devait penser à toi, même si elle ne le disait pas. Je te demande de l'aide ma Biche. Sois la petite fée magique qui donne du courage et de la force à ta petite sœur comme tu l'aurais fait par téléphone. Vous vous en seriez dit de gentilles choses et tu lui aurais donné tant de bons conseils. Tu sais elle a bien travaillé et, malgré toutes ses absences, je voudrais tellement qu'elle réussisse. Ton copain lui a prêté sa gourmette pour ses examens, porte bonheur qu'elle n'a pas oublié. Merci ma biche, tu nous manques tant.



17 juin 2003 : Nounouche, ma biche, je suis fatiguée. Marie-Laure est partie pour son deuxième jour du Bac. Hier l'histoire géographie et la physique-chimie ne semblent pas s'être trop mal passés. Des étourderies, nous a dit Marie-Laure. Mais estimons nous heureux qu'elle puisse se concentrer. Aujourd'hui ce sera les Maths et l'anglais cet après-midi. Il lui restera la Biologie et l'espagnol demain. 
Hier nous avons été voir Mémé, quel accueil ! Je ne sais pas, je ne sais plus. Elle commence à perdre un peu la tête je trouve, elle nous culpabilise de l'avoir mis en maison de retraite où elle ne s'y plait pas du tout. Elle est très agressive et en veut à tout le monde. Combien de temps allons nous tenir ? Elle n'est pas bien et nous non plus. Nous t'aimons tant, ma Biche.



18 juin 2003 : Ma biche, Marie-Laure est partie pour sa dernière journée du bac. Hier soir elle n'était pas contente des maths. Parait-il que tout le monde avait eu des problèmes. Que va-t-il se passer ? J'espère qu'elle pourra se rattraper ce matin avec la biologie, elle n'a pas cessé de travailler, même en mangeant. Elle aura vraiment fait tout ce qu'elle a pu. Je t'aime ma biche et comme elle aurait pu parler avec toi si tu avais été là ! Non , je n'y crois pas. Je t'aime trop.



19 juin 2003 : Ma biche , Marie-laure a fini de passer son bac hier. Il semblerait que cela n'est pas trop mal marché en biologie. Hier soir beaucoup d'élèves se sont réunis pour discuter. Nous avons pensé très fort à toi. Pourquoi, pourquoi, n'étais tu pas là pour pouvoir parler avec toi de cet examen ? 
Aujourd'hui on était chez le médecin et Marie-Laure nous a appelé, elle n'allait pas bien. Papa est vite revenu : grosse crise d'angoisse. Cela faisait longtemps que ça ne lui était pas arrivé. Elle est aussi très fatiguée par ce stress de l'examen. J'espère que ce ne sera que passager. Mémé a 87 ans aujourd'hui, Véro. Comme tu aurais aimé lui téléphoner pour lui souhaiter un bon anniversaire ! Nous sommes allés la voir pour lui souhaiter son anniversaire, mais elle n'apprécie plus. Elle semblait plus calme aujourd'hui malgré tout. C'est dur Nounouche, comme c'est dur. Pourquoi n'es-tu pas là, pourquoi ? Quelle injustice ! plus de 14 mois que l'on ne t'a pas vu. Bientôt 14 mois que tu es partie. Non ce n'est pas vrai. Dis moi que ce n'est pas vrai. 



7 juillet 2003 : Ma Véro, je ne t'ai encore pas dit que Marie-Laure avait réussi son bac. Elle a eu la mention assez bien. Nous étions contents, mais comme tu nous a manqué pour partager cet évènement. Elle a eu les résultats vendredi 4 juillet. Pardonne moi de ne pas avoir écrit plus tôt. Tu me manques tant, nous sommes tellement seuls que je ne suis pas bien. 
Je t'aime ma biche, je t'aime tant.



8 juillet 2003 : 28 ans, c'est ton anniversaire aujourd'hui. Il y a 28 ans j'étais la plus heureuse. Tu es née à 8 heures du matin, après des problèmes qui ont failli te coûter la vie. Je pense tellement fort à toi aujourd'hui ma biche. A présent tu es dans mon cœur et personne ne te prendra pour fêter ton anniversaire ailleurs. Pardonne moi, tant de fois j'aurais aimé t'avoir près de moi, et cela se passait autrement. Maintenant personne ne pourra te prendre. C'est dans mon cœur que tu es. Je t'aime ma Biche, j'ai perdu tant de présence avec toi pour ne plus en avoir du tout maintenant, physiquement. Comment ne pas en souffrir ? 
Je t'aime, et je t'aimerais toujours. 



22 juillet 2003 : Il y a 15 mois, ma biche, tu partais. Pourquoi, pourquoi toi, comme a dit cet individu ? J'ai mal de toi aujourd'hui, ce soir, au petit matin, même car il est très tard, même très tôt, puisqu'à 1h20 du matin, je suis là près de toi, près de ton corps meurtri. Que faisais tu à cette heure là, il y a 15 mois, je n'ose y penser. 
Je t'aime, je t'aime tant. Je t'aimerais toujours.



8 août 2003 : Aujourd'hui tu as 28 ans et un mois, ma biche. Cela fait longtemps que je ne t'ai pas écrit. Je me sens si seule. Vraiment seule avec ma peine. Tous ces pourquoi, tous ces comment, vont me harceler encore combien de temps ?
Tu sais, Marie-Laure est partie lundi dernier, le 4 août, au Japon. Elle est allée voir Alain et Loline. Elle a fait le voyage avec un garçon qui patine avec elle, au ballet sur glace. Il est Japonais, travaille ici et partait voir sa famille. Cela lui a permis de ne pas faire le voyage seule. On l'a eu sur Internet, elle est contente.
Il fait très chaud, cette année. Tu me dirais " toi qui aime la chaleur ! ", oui, mais on atteint les 40° et c'est dur à supporter. Au dessus de la Bastille, le Néron a brûlé pendant des jours. Jamais je n'avais vu de canadairs à Grenoble. Tu as vu ma biche ? Dis moi que tu as vu toi aussi. 
Mémé languis, tu sais, à la maison de retraite. Elle nous a appelé ce matin vers 8h30. Elle vient de rappeler à l'instant. Je ne savais pas comment elle faisait pour appeler car elle dit ne pas arriver à composer les numéros. J'ai compris. Elle fait le 1 puis le 2 et ainsi de suite et en faisant seulement le 1 et le 2, elle a les renseignements et elle demande. J'ai mis du temps avant de comprendre comment elle faisait. Tu l'aimes ta mémé, mais tu sais elle déprime tellement, comment veux-tu que nous lui remontions le moral ? Nous ne sommes même pas capables d'aller la voir tous les jours. 
Je t'aime, tu me manques tant.



26 septembre 2003 : Cela fait si longtemps que je ne t'ai pas écrit ma biche, oui, si longtemps. La vie n'est pas facile et si peu le comprenne, très peu même, d'autres se plaisent à faire du mal. Mon journal a déplu à une certaine personne qui a voulu me faire mal par ses propos. Cela n'arrive pas qu'aux autres, peut être comprendra t il un jour. C'est impensable qu'il existe des gens comme ceci sur cette terre. Le plaisir de voir souffrir. 
Pardonne moi, ma biche, de ne pas tenir le coup tous les jours. des efforts j'en fait, mais c'est si dur. Le 22, cela faisait 17 mois que tu nous quittais . Plus de 17 mois que nous ne t'avons plus revu.
Je t'aime tant, et nous sommes si seuls. 
Heureusement j'ai quelques amis sur Internet avec qui je peux parler et qui comprennent, qui sont si gentils. 
Marie-Laure est rentrée à la fac, j'espère que cela ira. Tu n'es pas là pour parler avec elle comme avant. Sandrine a son travail et les petits, Alain est toujours au Japon avec Loline. Je crois bien qu'ils ne reviendront pas ici. La vie leur plait là-bas. C'est dur de ne les voir qu'une fois par an, mais la vie est ainsi faite. Tu me disais, il y a encore peu de temps qu'il devait avoir le mal du pays. Tu vois, je crois que non, maintenant. Ta petite belle sœur est si gentille. 
La vie change au fil des jours, des mois, mais pour moi, nous sommes toujours en 2002.
Je t'aime ma biche, je t'aime tant et personne ne pourra m'en empêcher.



30 octobre 2003 : J'ai envie de venir bavarder avec toi ce soir ma biche. La terre continue de tourner comme diraient certains. Oh c'est sûr, mais sans toi, c'est si dur. 
Alain a eu 26 ans, au Japon. Marie Laure a eu 18 ans trois jours après. Pas de coup de fil de ta part. Il y a peu de personnes pour comprendre cela, sinon mes amis, dans notre cas.
Les mauvais jours sont là avec leur lot de souffrance et de lassitude. 
Nous voulions partir nous reposer un peu pour cette sombre période de Toussaint et Mémé est mal, bien mal je pense. Nous sommes restés près d'elle cet après midi. Elle dort, ne parle que très peu. Elle est très faible, complètement couchée maintenant, sous perfusion, déshydratée et avec une pneumopathie. Elle souffre trop sur cette terre. Elle a eu son lot de souffrances et n'a pas supporté que tu nous quittes. Appelle là ma biche. Elle sera heureuse. 
Ne m'en veux pas, c'est dur, la vie est dure. Certains ne comprendront pas, mais cela m'importe peu, c'est à toi que je le dis. 
Tu nous manques. Nous t'aimons tant.



10 novembre 2003 : Un coup au cœur hier ma Biche, un autre aujourd'hui, trop, c'est trop. Les gens ne comprendront jamais, sauf s'ils ont vécu la même chose. Je sais tu ne voudrais pas que l'on s'enferme sur nous même, mais que l'on ne me parle pas de tourner la page, non. Tu es là, tout près de moi, ma Biche et je mentionnerai ton prénom jusqu'à mon dernier souffle. Personne ne m'en empêchera. On peut continuer de vivre, chancelants, en parlant de toi. Je ne comprends plus cette société. 
Je t'aime tant ma Véro.



23 décembre 2003 : Il y a 20 mois aujourd'hui, nous apprenions que nous ne te reverrions plus ici. 20 mois, courts et longs à la fois. Tu nous manques ma biche. Que de choses se passent sans toi. Quel déchirement pour moi.
Nous sommes allés à Nice et le 5 décembre tu obtenais ta thèse de docteur en biologie moléculaire et cellulaire. Très dur ma biche, sans toi. Bien que ta photo était très présente parmi nous et que dans nos cœurs tu étais là. Toutes les éloges que les professeurs ont faites de toi, tu les as méritées je pense. C'est dur pour moi de le dire. Fierté mal placée ? Non, je t'aurais préféré, petite ouvrière bien présente. Tu as fait de belles études et je ne peux qu'espérer que ta recherche puisse un jour sauver des vies humaines du cancer. Ce serait cela ma victoire. 
Je ne pourrais parler de ta recherche, n'étant pas assez douée. Tu travaillais sur les cellules. Ces cellules dont nous avons tant entendu parler. 
J'ai appris ce 5 décembre, que tu avais terminé première du DEA, je ne le savais pas. Est ce ma mémoire qui me fait bien défaut en ce moment ou toi qui ne nous l'avait pas dit tout simplement ? Ton travail te plaisait tant. 
Je t'aime ma biche. Je souffre comme au premier jour, plus même peut être. Noël approche et ce sera dur, tu ne seras pas là.
J'ai tant besoin de parler de toi. Tu es tellement présente, et nous tellement absent du monde extérieur. 
Je t'aime ma Véro.



23 janvier 2004 : 21 mois, oui 21 mois ma Biche et toujours autant de mal à y croire. La vie est monotone . Nous ne savons pas où nous sommes bien. Tant de choses se sont passées en un mois. Toute cette période des fêtes de fin d'année, période si difficile. Il ne reste plus qu'à espérer que les beaux jours arrivant, le soleil puisse avoir un effet apaisant sur nous. Mais comment arriver à penser cela, tu nous manques tant. Nous avons du descendre vers Nice. La justice est longue. Je ne sais plus s'il faut croire à quelque chose. Jamais je ne pourrai accepter que l'on t'ait ôté la vie, sans crier ma colère. 

Lorsque nous sommes descendus vers Nice, je t'ai rapporté une fleur, ma biche, la même que devrait donner ta plante, mais elle n'aime pas le climat de Grenoble.
Je te l'offre ma Biche, car je t'aime



22 mars 2004 : Deux mois que je ne t'ai pas écrit ma biche. Deux mois si difficiles pour moi. Deux mois de plus sans toi. Ce soir je pense à toi plus que jamais. Il y a 23 mois tu nous quittais à cette heure ci dans de terribles conditions et nous ne l'avons su que le lendemain à 14 heures. Comment puis je y croire? J'imagine souvent que tu es partie faire ton post doctorat aux États-Unis comme tu l'avais prévu. Cela me permet de vivre sans ta présence. Mais tu es bien blottie au fond de mon cœur, là où personne ne viendra t'arracher à moi. Je me sens si seule. Tous ces gens à qui l'on ne peut pas parler, qui ont sûrement peur, ou qui ont tourné cette page qui reste à jamais ouverte pour nous. Ta petite nièce vient d'avoir un an et tu n'as jamais eu le bonheur de l'embrasser. Comme nous sommes malheureux sans toi ma biche. 
Je t'aime, je t'aime tant.



25 avril 2004 : Ces jours derniers ont été si difficiles sans toi, ma Biche. Tout à la fois, tu n'étais pas près de nous, nous déménagions avec tonton et tata l'appartement de mémé, qui elle-même est tombée à la maison de retraite. Elle a dû être hospitalisée, 5 points de suture sur son front, elle est revenue très fatiguée. Nous avons vu dernièrement un copain de DEA, qui est venu gentiment nous rendre visite. Quel plaisir pour nous de parler de toi. Hier soir Alain et Loline sont arrivés de Tokyo, cela fait 16 mois que nous ne les avions pas vu. C'est dur de vivre tous ces moments sans toi. Mais tu es parmi nous, toujours, à chaque instant. Rien ne se passe sans que nous ne pensions à toi. Tu es toujours présente, tu le seras toujours. 
Je t'aime, je t'aime tant ma Nounouche.



5 mai 2004 : A 13h aujourd'hui, nous étions à la gare, Alain et Loline prenaient le train qui les menait vers Paris pour prendre ensuite l'avion pour Tokyo. A l'heure qu'il est, ma Biche, ils viennent à peine de commencer leur long voyage de 12 heures pour rejoindre leur "chez eux". Nous avions le cœur gros. Gare, puis ta demeure où nous sommes passés, puis la maison de retraite où mémé s'affaiblit de plus en plus. Dure journée. 
Ils sont partis. Il nous faudra attendre une année pour les revoir. Mémé les a certainement vu pour la dernière fois... Tu vois, tout est devenu fade sans toi. Les jours passent, sans but, sans trop savoir ce que nous ferons le lendemain, et la vie continue. 
Nous avons eu des coups au cœur. Ton premier ami t'a dédié sa thèse qu'il a passé en décembre dernier. Nous en avons un exemplaire. Il est pour toi ma Biche. Ton ami des derniers mois est venu à la maison nous voir ce week-end dernier. Il passera sa thèse lui aussi, puis partira à l'étranger, en post doctorat, comme tu voulais le faire. Nous aurons le cœur gros.
Je t'aime ma Biche, je ne cesserai de t'aimer et de parler de toi. Le temps s'est rafraîchi, j'ai mis ton pull-over. Tu étais tout contre moi.
Tu me manques ma Nounouche.



23 mai 2004 : Il y a 25 mois, ma biche, nous apprenions l'horrible nouvelle. Depuis notre vie n'est plus la même. Je voudrais tant que quelqu'un soit reconnu coupable. Je sais, cela ne te ferait pas revenir parmi nous. Mais je suis convaincue que si cet individu avait été soigné correctement, tu serais parmi nous et la vie serait comme avant. Pourquoi des médecins auraient-ils le droit de se déculpabiliser, puisque la psychiatrie est trop abstraite ? Pourquoi la justice ne cherche pas plus ? pourquoi cette lenteur, pourquoi cet avocat ne nous tient pas au courant ? Toutes ces personnes te prennent pour un numéro de dossier, un fait divers. C'est inhumain ma biche. Ils ne vivent pas ce que l'on vit, ils se moquent bien de ce que l'on peut ressentir.
Je sais que tu ne voudrais pas me voir en colère mais je voudrais t'avoir près de moi et par leur faute je ne peux te parler qu'ici. 
Je suis fatiguée ma biche, fatiguée de me battre contre des montagnes et je sais que c'est un plaisir pour la justice de voir les victimes baisser les bras.
Je ne devrais pas te dire cela ma biche, mais j'ai mal, si mal. 
Tu sais une de tes copines de Paris m'écrit, si tu savais comme cela me fait plaisir de savoir que l'on pense à toi. Cela fait tant de bien de recevoir un gentil message. 
J'ai oublié de te dire qu'au labo il y a eu une deuxième naissance. Ma biche, tu savais qu'une première naissance devait arriver, c'est maintenant la deuxième, et tu n'as pas eu la joie de les voir. Cela me fait si mal. 
Je t'aime tant ma biche, et je dois continuer ma route sans toi. A bientôt ma biche.



25 mai 2004 : Ma Biche, j'ai tant besoin de venir te dire tout ce qui se passe. Lorsque j'ai mal, je dois te le dire. Tu sais que j'aurai toujours mal de toi, mais comme si cela ne suffisait pas, il nous faut supporter d'autres agressions. Nous n'arrivons plus à joindre l'avocat. Tu sais, c'était déjà très difficile, et depuis hier plus rien, nous venons d'apprendre que son téléphone est coupé pour non paiement de sa facture. Une épreuve de plus, ma Biche, que va-t-il se passer maintenant ? Allons nous devoir chercher un autre avocat ? Je ne sais pas, je suis perdue. Pourquoi tant de choses, tant de mal nous accable. J'aurais tant voulu que tu sois reconnue haut et fort VICTIME, c'était mon plus cher souhait. Que le responsable paie. J'aurais tant voulu ma Biche. 
Pourquoi avoir le droit de t'ôter la vie par de la négligence envers les soins qui auraient dû être donnés à cet individu afin qu'il ne t'atteigne pas.

Répond moi Véro, répond moi, que dois je faire ? JE T'AIME 



23 juin 2004 : Ma biche, je ne sais pas trop où j'en suis en ce moment. Les jours passent, sombres, sombres comme le temps qui n'est pas beau non plus. Il y a eu la fête des mères et celle des pères. C'est dur tout cela pourtant nous aimons tant tes sœurs et ton frère, mais tu nous manques tant, et puis j'ai l'impression que tout échoue depuis que tu es partie. Plus rien ne sera comme avant. J'aurai tant voulu que nous soyons reconnus victimes, j'aurai tant voulu que le monde entier sache que cela arrive. Et rien, rien ne se passe. Nous avons dû changer d'avocat. Nos chances d'aboutir sont nulles ou presque. Des erreurs, de la négligence, je n'en sait rien. On a l'impression que les gens pensent que c'est de l'histoire ancienne, et personne ne vient frapper à notre porte pour quoi que ce soit. C'est trop tard maintenant de toutes façons, tu me connais, ma biche, je n'accepterais pas que l'on revienne maintenant. Nous avons dû faire face, seuls, jusqu'à présent, donc nous ne voulons pas renouer contact avec ces gens là. Les gens sont si égoïstes. Mémé va mal. Ce matin, l'infirmière nous a dit " cela peut durer des semaines". Mémé va partir Nounouche. Tout a commencé parce que l'on t'a fait du mal. Je sais, elle est âgée, mais elle ne serait pas partie ainsi. La vie est triste, lugubre, et autour de nous on voit ceux qui rient, qui vivent sans se soucier de tout cela. Comme tout est injuste. Tu nous manques ma biche. Même le soleil ne veut pas briller cette année. 
Je t'aime , je t'aime tant. 
Je n'y croirai jamais et pourtant il y a  26 mois aujourd'hui, ton ami te retrouvait devant ta porte. 



26 juin 2004 : Besoin de te parler ma Biche, ce soir, J'ai des soucis. Beaucoup de choses me passent dans la tête et je ne suis pas bien. Tu me comprendras. La vie n'est pas simple sans toi. Tu sais je voudrais tant faire pour toi, mais vais je y arriver ?  Il y a deux nuits je rêvais de toi. Un rêve trop court, que j'ai voulu prolonger, mais j'étais réveillée , je ne pouvais plus. Tu me disais que cela n'allait pas, dans ce rêve. Pourquoi ma Biche ? Pourquoi ? Aujourd'hui j'ai trouvé mémé très faible. Je ne l'avais jamais vu si faible, sans pouvoir dire un seul mot, rien. Son regard, sans vie, son visage amaigrie, fatigué, triste, sa bouche qui ne voulait pas s'ouvrir. J'ai l'impression d'avoir déjà perdu mémé tu sais. Je t'en parles ma Nounouche, tu me comprends. J'ai aussi d'autres soucis qui me perturbent. Je ne suis pas bien ce soir et j'avais besoin de te le dire. 
Je pense toujours à toi, toujours. Je t'aime tu sais.



8 juillet 2004 : Ma Biche, je n'ai cessé de penser à toi aujourd'hui. Je n'ai pas pu me concentrer sur autre chose. J'ai revécu ce jour du 8 juillet 1975 qui fut l'un des plus beaux jours de ma vie. Mon bébé était là, bien en vie, tout contre moi. Quel bonheur. 
J'étais une maman comblée ce jour là, je venais d'avoir ma deuxième puce. 
Mais aujourd'hui tu n'as pas été près de moi, et mon cœur a été si lourd. Il n'a pas fait beau temps aujourd'hui. Le ciel a été à l'image de mon cœur. 
Mais tu es là en moi, dans mon cœur, et l'on ne se quittera plus. 

Je t'aime, je t'aime tant ma Véro. Je t'offre cette rose que j'ai pris en photo.



23 août 2004 : Il y a 2 ans et 4 mois aujourd'hui, deux policiers venaient nous annoncer la terrible nouvelle. Ma Nounouche, je ne t'écris pas souvent en ce moment, je suis si mal, je prends conscience de cette dure réalité et c'est trop dur pour une maman tu sais. Oh je sais, si tu étais tout près de moi, tu me secouerais, en me disant de vivre un peu, de me ressaisir. Mais c'est trop dur sans toi ma Biche, trop dur. La vie a un goût amer, les gens vivent autour de nous, ne se préoccupent pas de notre drame. C'est dur. Tu sais Mémé est toujours pareille. Toujours dans le même état. Clouée au lit, complètement depuis avril. Elle ne bouge pas, ne parle presque plus, juste pour nous dire qu'elle veut partir et pour prononcer ton prénom. Si tu étais près d'elle, elle serait sûrement plus paisible. Ta photo dans sa chambre est là, et je te parle tout bas en lui donnant la main. Elle souffre beaucoup. Son cœur a trop souffert. 
Pardonnes moi mes faiblesses ma Biche, mais tu sais, jamais je ne pourrai cesser un instant de penser à toi. Je t'aime trop. Je te regarde sur les vidéos, je te vois, je t'entends rire, parler, et c'est un petit moment de bonheur, qui me fait pleurer souvent mais j'en ai vraiment besoin. Je t'aime tu sais. 



18 septembre 2004 : Soudain mon cœur se serre, une musique, un souvenir, je sombre dans la réalité et je viens vite te trouver ma Biche. J'écoute la chanson "je n'aurai pas le temps" et cette vérité me saute au visage. Pourquoi ma Biche, pourquoi ? Non, tu n'as pas eu le temps, pas eu le temps de vivre, pas eu le temps de profiter de tes études, pas eu le temps de vivre tout simplement. Tant de bonheurs que tu n'as pas connu. Comment vais-je arriver un jour à me résigner à cette idée que l'on t'a volé ta vie, et que les responsables profitent pleinement de la leur. J'ai tant de haine en moi ma Nounouche, ne m'en veux pas. Tu sais Papa a 55 ans demain. Tu serais venue ou alors tu aurais téléphoné. Je t'entends d'ici dire, avec une petite voix bien à toi, la joie dans ta voix "bon anniversaire mon papa". Comme je l'entends cette petite voix. 
Nous nous battons, ma Biche, pour que justice soit faite, mais l'on va encore se moquer de nous. Qu'est ce une vie, pour ceux qui sont sous haute protection ? 
J'ai mal de toi. Viens me trouver dans mes rêves la nuit. 
Ma Biche, je donnerais tout pour rembobiner le film. Dis moi que tu es aux États-Unis pour la suite de tes études, comme prévu.
Ce soir, ta photo contre moi, comme tous les jours, je fermerai les yeux et je te verrai toujours aussi belle.
Ils n'avaient pas le droit, non. Je t'aime , je t'aime tant.



22 octobre 2004 : Il y a 2 ans et demi ce soir, ma biche, tu nous quittais. Pardonnes moi, je ne t'écris que pour te parler de mon mal être. Je ne comprends plus ce monde dans lequel nous vivons, je ne suis plus tolérante du tout. Notre vie, ma vie s'effiloche, je n'arrive plus à apprécier les belles choses de la vie. Il faut dire qu'il y en a si peu. Je pourrais presque dire que pour moi il n'y en a pas. Tout est brouillé, voilé. Je ne sais pas ce qui m'a valu cet enfer sur cette terre. 
Combien de temps vais-je encore tenir dans ces conditions? Je suis mal, j'ai mal de toi et en plus je suis si déçue de la société, de cet égoïsme. Je me trompe peut être. Tout ce que je sais , est que personne ne vient vers moi pour me dire un tout petit mot, le téléphone ne sonne plus, la porte reste fermée. Et ton "chez toi" n'a de fleurs que lorsque nous y allons en déposer. Que le monde est triste et méchant. Mais finalement, tu n'es pas là bas, non, tu es dans mon cœur, et là tu as mon amour, ma chaleur pour te réchauffer, pas besoin de fleurs. Lorsque j'en croise au détour d'un chemin, je les regarde pour te les montrer.
Ne crie pas ma biche. Je te sais beaucoup plus tolérante, mais j'ai mal, si mal. C'est mon cœur de mère qui parle, et il s'use chaque jour un peu plus.
Je t'aime ma biche.  Pourquoi , pourquoi ? 



23 octobre 2004 : Aujourd'hui Marie-Laure a eu 19 ans. Alain a eu 27 ans le 20 octobre. Nous n'avons rien fait. Je n'ai jamais tant pleuré qu'aujourd'hui. J'ai trop mal ma biche, trop mal. Personne ne pourra te remplacer, personne. J'ai eu quatre enfants et non trois, tu me manqueras toujours. Ma vie n'a pas de sens en ce moment. Je ne suis bien nulle part et j'ai mal de voir les autres vivre. J'écoute Alain Souchon ce soir. Tu l'écoutais parait il peut de temps avant avril 2002, cela me fait encore plus mal. 
J'ai mal de toi ma biche j'ai mal. Je ne trouve plus de solution. Je suis mal ici, mal ailleurs. Nous nous sommes battus pour rien. Tout le monde s'en fiche. Jamais, jamais cela n'aurait dû arriver. J'en veux à la terre entière. Je voudrais fuir, ne plus voir personne. 
Aide moi ma biche, aide moi, je coule, je t'aime, je t'aime tant. Chaque jour est plus difficile à vivre que le précédent. Viens m'embrasser la nuit, viens dans mes rêves, viens que je te vois, que je te serre dans mes bras.
VERO, VERO !!



29 octobre 2004 : Je voulais te dire, ma biche, que nous avons reçu lundi dernier, le 25 octobre, ton attestation de diplôme. Quelle joie et quelle peine pour nous. Fiers de toi, nous l'avons toujours été comme tous parents pour leurs enfants, mais c'est dur de voir arriver cette attestation, en attendant le diplôme. C'est à toi qu'il revient, tu sais. Tu as si bien travaillé. Tu es Docteur en biologie moléculaire de la cellule, diplômée de l'université de Paris XI, avec mention "très honorable" . Je ne pouvais m'empêcher de te le dire. Tu as si bien travaillé ma biche. Nos cœurs ont eu très mal en voyant cette attestation. C'est dur mais nous t'aimons tant. Vous avez tous bien travaillé, mais tu ne profiteras pas de tes recherches. C'est si dur pour nous.
Je t'aime ma biche, je t'aime tant. 



10 novembre 2004 : Aujourd'hui, ma biche, nous étions entendus par la juge d'instruction à Nice. Nous avions besoin de lui dire ce que nous ressentions, lui parler de toi, et tenter de lui faire passer le message que nous souhaitions : tout savoir. Nous souhaitions qu'aucune ombre ne reste sur les circonstances de ta disparition. Mais que c'est dur de se faire comprendre. Nous ne parlons pas le même langage que les hommes de lois, et nous parlons de notre fille. C'est notre cœur et tu n'es pas un numéro de dossier. C'est dur ma biche, que c'est dur, et notre combat pour faire cette "lumière" est si long, si dur. Notre douleur n'a pas de nom. Je m'isole de plus en plus pour me protéger des maladresses. Je t'aime ma Nounouche, comme je t'aime. 
Tu me manqueras toujours. 



22 novembre 2004 : Pas un 22 ne passera sans que cette date ne me résonne dans la tête. 2 ans et 7 mois ce soir que tu nous a quitté. Pourquoi, pourquoi ? Pourquoi n'as tu pas eu peur de cet individu, pourquoi ne pas nous en avoir parlé plus longuement au point de nous faire peur, pourquoi ton copain n'est pas monté avec toi ce soir là ? Toutes ces questions sans réponses.
 Noël approche et je pense à toi, je pense à tes petits neveux, à tout le monde. Et lorsqu'il s'agit des petits, je ne vois, je ne cherche que les girafes, comme en manque de quelque chose, de quelqu'un, de toi, ma Nounouche. Tu adorais les peluches, moi aussi, et maintenant les girafes sont tout un symbole pour moi. Je les cherche dans les magasins de jouets. Je n'arrive pas à changer. J'ai peur de choquer. Mais je t'aime tant, j'ai trop besoin de te le dire. 
Tu me manques ma Biche, viens me trouver la nuit, viens rêver avec moi. Je t'aime !



2 décembre 2004 : Je pense sans cesse à toi ma Biche, mais encore plus ces jours ci où tu es sans cesse présente à mes côtés. Ta mémé Simone que tu aimais tant, vient de nous quitter le 30 novembre. Elle a tant souffert de te savoir partie ainsi avant elle. Elle s'en est allée, sur la pointe des pieds, sans faire de bruit, elle a cessé de souffrir. Je la regarde, avant que son corps ne nous quitte, et je lui parle de toi. Je sais que ces dures années ont été pour elle, peuplées de douleur morale et physique. Vous vous aimiez tant. Que de colère, présente au fond de mon cœur, que je ne peux encore exprimer ! Je t'aime ma biche. Cette phrase est pour moi comme un baiser que je dépose sur ta joue, comme celui que j'ai donné tout à l'heure à mémé, sur son front glacé, en lui souhaitant de rêver à toi.



5 décembre 2004 : Ma Nounouche, hier nous accompagnions Mémé à sa dernière demeure. C'est dur de se dire que nous ne reverrons plus son visage. Elle avait plus de 88 ans, bien sûr, mais a tant souffert dans sa vie. Je ne sais pas ce qu'il y a après, mais je n'ai pas pu m'empêcher de lui dire avant de partir, de te faire un coucou en arrivant vers toi. Je ne sais pas. Je voudrais croire en un monde serein et rempli d'amour. Tu me manques ma biche, et mémé n'est plus là maintenant. Comme vous vous aimiez toutes les deux. Je te serre dans mes bras ma Biche. Regarde ma Nounouche, tu te souviens ?





14 décembre 2004 : Ma Biche, mon oncle, tu te souviens, le frère de Mémé est parti hier le 13 décembre. Je savais qu'il allait mal, mais je ne pensais pas qu'il allait nous quitter si vite. Tu te rappelles lorsque tu les avais vu à Nice. Il riait tout le temps. Il plaisantait beaucoup, toujours de bonne humeur. Cela me touche beaucoup tu sais. Il est parti, moins de quinze jours après mémé, sa sœur. Tu l'aimais bien, tout le monde l'aimait. J'ai son rire, ses plaisanteries en tête. Je te dis tout ma Nounouche, tout ce qui se passe ici, mais en cette fin d'année, ce n'est pas gai tous les ans et encore moins cette année. Tu nous manques. Viens me faire un bisou la nuit lorsque je dors. Encore un Noël sans toi qui aimait bien décorer la maison. Nous ne le faisons plus maintenant. Tu sais que je t'aime . Je t'étourdis de te le dire.



23 décembre 2004 : Ma Véro, il y a aujourd'hui 2 ans et 8 mois, deux policiers venaient par leurs mots, malheureusement vrais, changer totalement notre vie. Hier j'avais le cœur gros, c'était le 22, aujourd'hui le 23 et puis ce sera Noël. Dur ces moments de décembre, sans toi près de nous. Tu sais, je viens de recevoir un message de ton amie Maude. Quelle émotion ! Comme cela m'a fait du bien ! Comme j'aimerais avoir de temps en temps tes amis qui me fassent un petit coucou. Je ne voudrais pas les ennuyer, mais quelle bouffée de douceur, lorsque l'on me parle de toi. Je ne peux t'expliquer. Cela me fait tant de bien. Tu vois ma Nounouche, on ne t'oublie pas et cela me donne de la force. Quel bonheur d'entendre parler de toi. 
Tu es toujours là ma Biche. Toujours parmi nous. Je t'aime. 



13 janvier 2005 : Comment te dire ma Biche ? Je sais que tu vas crier. je viens te dire que je suis mal. Je sais, tu me dirais de me secouer. Mais tu connais déjà mes angoisses, et maintenant, bien sûr c'est encore pire. Je ne veux pas abandonner ce site, pourtant je n'ai plus le courage de répondre aux gentils messages de soutient que je reçois. Tant de messages de personnes si gentilles. Je n'ai plus de courage ma Biche. J'espère qu'elles me pardonneront. Pourtant si tu savais comme cela me fait du bien de recevoir un message sur ce livre qui est aussi le tien. Ici, sur place, personne ne nous aide. Nous sommes seuls et c'est très dur à vivre. La saison n'aide pas non plus. Ce qu'on appelle les fêtes se sont mal passées. C'est trop dur. Nous nous sommes isolés, mais que de culpabilité pour tes soeurs et frère. J'ai l'impression de les abandonner et malgré tout l'amour que j'ai pour eux, ma douleur se voit. Je ne sais plus comment faire. Lorsque cela ne va pas trop mal, je culpabilise de te trahir. Je ne sais plus. Dis moi que tu ne m'en veux pas. C'est ici que je te retrouve tu sais. Tu ne m'en veux pas de raconter ta vie ? Je me pose des tas de questions. Tout est si flou dans ma tête. Il faudrait que nous sortions un peu, pour changer d'air, avec toi dans notre coeur. 
J'ai besoin de te dire, de te redire toujours, encore et encore, je t'aime ma Véro. Je n'arrive toujours pas à y croire. Je voudrais un hommage, quelque chose que tu aimes pour ton anniversaire le 8 juillet prochain, mais je ne sais comment m'y prendre. Je voulais écrire et je n'y suis pas arrivée. Tu me connais, je ne suis pas une grande littéraire. Je voudrais tant pour toi. Tu le sais, au labo, à Nice, il y a une plaque à ton nom pour baptiser la salle de réunion. Mais moi, je ne sais que faire. Et j'ai tant l'impression que tu mérites beaucoup. Je pense que la même pensée traverse l'esprit de tous ces parents qui souffrent comme nous. 
Je t'aime ma biche, je t'aime tant.


22 janvier 2005 : Nous sommes le 22 aujourd'hui. Tu sais c'est une date que l'on ne peut oublier. Le 23 non plus. Il y a 2 ans et 9 mois, nous dormions tranquillement, pensant au mariage de ton frère qui devait être célébré le samedi suivant. Quand j'y pense, ma Biche. Tu es partie, seule, alors que nous étions heureux, dans la joie de cette belle journée qui s'annonçait. Comment pouvions nous dormir sans savoir ce qui se passait ? Que la nature est mal faite. Pourquoi ? Pourquoi cet individu a t il choisi cette date ? Pourquoi toi ? Pourquoi, tout simplement ? Tu as eu peur, tu as vu ton tueur, ce récidiviste, et personne n'était là pour te protéger. Peu importe le temps, il a été trop long, trop de souffrance, même si ce n'est que quelques secondes. Quelqu'un peut il imaginer ce que cela représente de savoir cela ? Quelqu'un qui chérit ses enfants au quotidien ? J'ai trop de mal à imaginer que cela ait pu arriver. J'aurai toujours trop de mal, et même si l'on me dit que tu es dans un monde meilleur maintenant, c'est facile à dire lorsqu'on ne le vit pas. Pour moi, tu n'es pas là, et tu ne m'embrasseras plus, ni je ne pourrais plus te serrer dans mes bras. Comment imaginer lorsque l'on ne l'a pas vécu ? Dis leur ma biche, dis leur que la vie est insoutenable. Souffle leur à l'oreille l'horreur que tu as subi, et celle que nous subissons au quotidien. Je t'aime ma Nounouche. Personne ne m'empêchera de parler de toi. Tu seras toujours présente, et comme je le disais hier à un ami, ta vie ne s'arrêtera jamais , JAMAIS.


27 janvier 2005 : Je viens toujours te voir, ma biche, lorsque cela ne va pas. A qui parler ? Beaucoup de personnes si gentilles ici mais qui sont loin. Ce soir j'ai le coeur gros, j'ai mal. Les gens se plaisent à nous faire remarquer que nous ne sommes pas comme tout le monde. Oui, des personnes qui ne veulent pas nous voir prétextant ne pas vouloir déranger. Des personnes que tu accueillerais les bras ouverts avec sourire et gentillesse. Mais voilà tu n'es plus là et c'est trop dur pour les autres de le savoir. La peur, la maladresse, la fuite. Voilà ce qu'ils savent faire. Et ce soir nous en avons encore eu la preuve. Cela me fait si mal. C'est pour moi, comme si l'on te faisait encore du mal, comme si nous devions t'effacer pour les autres. Non, c'est impossible. Tout le monde peut partir, mon choix est fait c'est près de toi que je resterai. Je n'accepterai jamais de te laisser pour les autres. Jamais, JAMAIS . Tu es ici à la maison et tans pis pour les autres. Je ne t'abandonnerai jamais ma biche, j'ai trop mal, j'ai besoin de ta présence. Les autres ne savent pas, ne comprennent pas. 
Je t'aime ma biche. Pourquoi tout cela, POURQUOI ? Je t'aime , je t'aime. 


1 février 2005 : Encore un coup dur aujourd'hui ma Biche. L'ordonnance de non lieu a bien fini par arriver. La justice va te classer dans ses archives. La journée a été très dure pour nous. Nous attendons maintenant le dossier qui nous dira tout. Mais je veux avant tout penser à toi comme avant, toi ma Véro, ma Nounouche. Toi telle que tu as toujours été et que tu seras toujours dans mon cœur. Je te dis toujours je t'aime pour te serrer fort dans mes bras et t'embrasser. Bientôt ta fête ma Biche. Encore une sans toi. Mais tu es là, en moi et personne ne viendra te faire de mal maintenant, mais pardonnes moi mes faiblesses, j'ai si mal. 
Je t'aime ma Biche. 


4 février 2005 : Bonne fête ma Nounouche. Bonne fête. J'avais envie de te le dire.

Pourquoi, ne pourrais-je pas ? combien de parents ont la chance de pouvoir serrer leur enfant dans leurs bras et la chance de l'embrasser. Moi je ne peux pas. Tu es trop loin de moi. Je m'autorise à te dire bonne fête ma Nounouche. J'en ai tellement envie. J'ai pensé à toi toute la journée. Tout ce que j'ai fait aujourd'hui, c'est en pensant à toi. Je t'aime ma biche. Pour toujours, tu sais. Je t'aime tant.



7 février 2005 : Tu m'as manqué ma biche, ce soir. Encore plus qu'à l'ordinaire. Lorsqu'il se passe quelque chose de particulier, je viens toujours te le dire, comme un petit coup de téléphone, lorsque tu n'étais pas près de nous. Maintenant c'est ici que je viens te le dire. Ce soir j'ai pensé à toi qui ne partageais que par la pensée, j'ai parlé de toi, c'est un besoin pour moi de mentionner ton nom, ce que tu as fait, ce que tu étais. Je parle de tous mes enfants tu sais. Quoi de plus beau pour une maman, que ses enfants. Tu seras toujours parmi nous, je ne cesserai jamais de parler de toi, c'est un besoin, c'est vital pour moi. 
Je t'aime tant tu sais. Tu me manques.


8 février 2005 : Ma biche, tu es tata d'un petit garçon. Il n'a pas attendu la date prévue et ce matin il a pointé le bout de son nez à 10 heures après une césarienne. Il va bien et ta grande soeur aussi. Tu me manques, tu sais, pour partager ce bonheur. Tu n'es pas là pour chérir ce petit bébé, pour l'admirer. Je voulais vite te le dire. Je t'aime tant ma biche. Tout ces bonheurs me ramènent très vite à toi. Je suis toujours avec toi.  Mais comme j'aimerais pouvoir te serrer dans mes bras et t'embrasser. 
A très bientôt ma Nounouche, je te donnerai des nouvelles.


14 février 2005 : Ma Nounouche, ta grande soeur quitte à l'instant la maison. Elle vient de sortir de la maternité, et les voilà partis tous les cinq chez eux. Ils sont beaux, tu sais. Une bien belle famille. Tes petits neveux sont si mignons. Mais comme je pense à toi qui ne peux pas partager avec nous ces moments, à toi que je ne verrai jamais dans les mêmes conditions. Tu me manques ma biche. Ces bonheurs me font tant penser à toi, toujours. Je t'aime ma Biche, aujourd'hui, jour de la saint Valentin. Tu n'as pas non plus le bonheur de pouvoir avoir tout l'amour que tu aurais dû avoir. Et pour mon anniversaire, le 11 février, tu m'as tant manqué aussi.
Je te t'oublierai jamais ma biche, jamais tu sais.


15 février 2005 : Ma Biche, aide moi. Aide moi, aide moi, j'ai peur. Porte fermée à double tour, téléphone coupé, nous vivons dans la peur. Pourquoi les malades ne sont ils pas aidés ? J'ai du mal à croire que nous risquons de voir se reproduire le même drame. Que faire ? Que faire ma Biche ? J'ai mal ma Biche, j'ai du mal. Je n'arrive pas à faire grand chose depuis cet après midi. Tout ceci me replonge dans cette triste, effroyable réalité, en me disant que c'est un fait "courant" et je ne sais que faire. Personne ne bouge, tout le monde s'en moque. Nounouche, aide moi, je t'aime.
Moi qui voulais te montrer le paysage enneigé de Grenoble ce matin, vu de la fenêtre.
Regarde ma Biche



22 février 2005 : Ce soir tu es encore plus présente. Cela fait 2 ans et 10 mois que tu nous a quitté. Je pense sans cesse à toi tu sais, et aujourd'hui, nous sommes allés faire un petit tour dans le Vercors pour te rapporter des photos de neige. La neige que tu aimais tant et qui tombe cette année, plus que d'ordinaire. 
Je vois avec tes yeux ma biche. Regarde, ce que j'ai vu ce matin. Je t'imaginais sur les pistes. Toi qui aimais tant. 
Je t'aime ma Véro. 
Regarde cette neige, pour toi.



24 février 2005 : Ma Biche, nous sommes allés à Saint Pierre de Chartreuse, j'ai fait des raquettes pour toi. Toi qui ne peux pas être là pour profiter de la neige, je l'ai fait pour toi. Je t'envoie une photo. Regarde ma Nounouche, je t'envoie de la neige. 
Tu sais je pense tant à toi, toujours, je t'aime ma Biche. 
La neige vole vers toi ma Biche.



2 mars 2005 : Je voulais t'écrire hier ma Biche, et j'étais trop fatiguée, pardonnes moi. Oui, hier nous sommes allés respirer l'air pur à Chamechaude. Tu te souviens. J'ai tant pensé à toi ma Nounouche. Je suis montée en raquettes, en pensant à toi, pour faire ce que tu aimes, à ta place. Tu aimes tant la montagne. Moi, je ne suis pas douée, et je préfère la mer, mais puisque tu aimes la montagne, je fais ce que tu devrais être encore en train de faire si.... Je le fais pour toi car je t'aime. Je regarde pour que tu voies, je respire pour toi, mais je n'ai pas ton expérience et j'étais très déçue de ne pas être arrivée au sommet à 2000 mètres. Je t'envoie des photos ma Biche. Tu le sais, mais regarde comme c'est beau. Je te promets, il faudra que j'arrive au sommet, malgré mon manque de force et d'endurance. Pour toi je le ferai. Pour toi ma Nounouche.



6 mars 2005 : Dure journée ma Biche, La neige est là, abondante. Hier nous sommes allés chez ta grande soeur, et nous étions heureux de voir les petits. Ils sont beaux ma Biche, mais comme nous pensons à toi, tu sais. Hier soir, beaucoup de neige sur la route pour rentrer. Regarde le quartier de nuit sous la neige, hier soir. Aujourd'hui ta petite soeur a voulu partir malgré tout, en randonnée. Petite randonnée, mais voilà, tellement de neige qu'elle est arrivée à 22 heures. Notre angoisse nous a tenaillés. Ils ont terminé leur randonnée avec la frontale, dans des conditions difficiles et risquées. C'est dur pour nous. Peur d'un accident. D'autres évènements nous chavirent le coeur. Nous pensons tellement à toi dans ces moments là. Tu es toujours avec nous. Toujours là dans notre coeur. J'aimerais tant te parler de vive voix, partager avec toi. Je t'aime ma Nounouche, je t'aime. Regarde, c'est beau, mais il y a des bourrasques de vent. Il est préférable de rester chez soi je crois.



12 mars 2005 : Nous sommes remontés à Chamechaude hier. Je voulais refaire cette randonnée pour toi. Je voulais absolument aller plus loin, pour toi, et te rapporter des photos. Regarde ma biche comme c'est beau. Regarde cette neige que tu aimes tant pour skier. Moi je ne suis pas douée et j'ai de la peine à monter en raquettes. Cet arbre en V nous attendait en haut. V comme Véronique. Nous avons pique niquer avec de petits oiseaux, et ces avions qui laissaient toutes ces traces dans le ciel, m'éloignaient de toi. Pourtant tu étais bien là sur mon coeur et dans mon coeur pour m'aider toute cette partie de la journée. Aujourd'hui je ne suis pas en forme. J'ai hâte que cette justice se termine pour penser autrement à toi, te sentir plus proche de moi, de nous seuls. Que les autres ne te fassent plus souffrir au-delà de ce que tu as vécu. Je fais le maximum pour avancer ma Biche, malgré ton absence. Tu me dirais de ne pas me laisser aller si tu étais tout près de moi. Je t'aime ma Biche. Tout me fait penser à toi. J'essaie de marcher derrière toi, faire ce qui te plait, pour toi, parce que je t'aime. Papa aussi tu sais. Il vient de me dire de t'envoyer plein de bisous.
Regarde ma Biche comme c'est beau. Je sais que tu aimes.



22 mars 2005 : Cela fait longtemps que je ne t'ai pas écrit ma Biche. La neige a bien fondu. Heureusement que j'ai pratiqué à temps cette randonnée, pour toi. Je suis fatiguée ces jours ci. Je ne supporte pas grand chose. Nous devions descendre à Nice, toujours pour la justice, et voilà que tout est reporté. Nous sommes là sans nouvelle pour l'instant. Cela m'a fait déprimer. J'ai pris la réalité en pleine figure. Et ce sentiment que toujours nous passerons pour inaperçus. Ce soir cela fait 35 mois que tu es partie, loin, loin de nous. 35 mois, je n'y crois pas. Je ne peux m'empêcher de parler de toi, sinon à quoi bon avoir des contacts. Tu es au centre de mes conversations. Il faut que tu VIVES, il le faut, par tous les moyens. Nous attendons le dossier judiciaire qui se fait long à venir. Nous ne voulons pas que tout se termine sur une étagère d'archives. Comme les gens s'en moquent, pour beaucoup... Que c'est dur de se retrouver seuls, et maintenant, avec le temps qui passe, je n'ai même plus goût à voir du monde. Parler de quoi ? De toi ? Cela leur fait peur sûrement, ils évitent. Et de mon côté, j'ai bien envie d'éviter de parler de leurs ptits bonheurs, si c'est le cas. Tant de choses me ramènent à toi, tellement, pour ne pas dire tout. Sans le vouloir, sans le contrôler, les "flashs" sautent au visage. Je ne sais plus rire ma Biche. Ne m'en veux pas. Mes rires se terminent par des fous rires et des crises de larmes. J'ai si mal de toi. Je t'aime tant. Si seulement les responsables comprenaient, s'ils savaient un instant ce que cela représente, s'ils savaient que mes yeux sont rivés sur l'heure et que tout les 22 je m'imagine la scène. Dans une demi heure environ, les balles t'atteindront. NON, ce n'est pas possible, dis moi ma Biche, dis moi que tu n'es pas trop loin...


10 avril 2005 : Ma Biche, comme la vie est cruelle et les gens méchants. Je ne me sens plus faire partie de cette société. Certains ne connaissent pas la valeur d'un enfant. Quoi de pire que de le voir partir. Comment comparer ? comment dire que c'est identique au départ d'un proche qui a déjà parcouru un bout de chemin ? Une vie entière brisée. A moins de n'avoir perdu la seule personne sur qui l'on pouvait compter recevoir de l'amour, le départ de son enfant restera toujours le plus douloureux, quoiqu'en disent certains. Il ne me reste plus que ce petit chez toi pour venir parler, te parler. Tes soeurs, ton frère doivent faire leur vie, quoi de plus normal. L'idée de vieillir comme cela ne m'intéresse pas vraiment. Je me demande ce que je fais là. Pardonnes moi ma Nounouche. Je n'ai plus envie de grand chose. Tu me manques, de la vie autour de moi me manque. Jamais plus rien ne sera comme avant. Toi qui avait toujours un petit mot gentil, un petit mot pour faire rire. Je t'entends encore,  j'entends encore ta voix, le jeudi soir quand le téléphone sonnait, tard bien sûr, en rentrant du labo. Je n'oublie rien, ta voix , tes gestes, ton regard, tes mimiques, tout est intact dans ma tête. Mais tu n'es pas près de moi et trop de gens ne comprennent pas, n'essaient même pas d'imaginer. J'ai trop mal ma Nounouche. Je t'aime. Je n'ai pas la vie que j'aurais souhaité, depuis toujours.


20 avril 2005 : Pourquoi ? Pourquoi est ce que je suis là ce soir à t'écrire ici ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? Jamais je n'admettrai, jamais je me résoudrai à accepter, ni même à essayer de comprendre. Jamais ma fille, ma Biche, ma Nounouche, ma Véro. Toute ma vie, j'en voudrais du plus profond de moi à ceux qui n'ont pas fait un geste pour que cela n'arrive pas. Je ne voudrais pas , non, surtout pas, souhaiter de mal à leurs enfants, mais pourquoi ne souffriraient ils pas comme moi ? Pourquoi une semaine, un mois, un an, voire plus, de galère, ne leur serait pas infligée ? Pourquoi, pourquoi ? Pourquoi vivent ils tranquilles, hors de tout attentat, protégés ? 
Pourquoi ? Nous naissons tous pareils, pourquoi certains auraient ils la possibilité de se protéger, en délaissant les autres, en les exposant à des risques inhumains ? Pourquoi ? Je hais cette nature humaine qui ne fait rien pour que les malades soient pris en charge, épaulés, soignés, afin de ne pas les laisser seuls à la dérive au péril de la vie de simples citoyens honnêtes. Pourquoi ? Pourquoi ces grands qui sont bien petits dans leur tête et bien méchants ont ils le droit de faire cela ? Ils mériteraient la pire sentence. Pourquoi ne daignent ils même pas répondre aux courriers que nous leur adressons ? Pourquoi ? Pourquoi ce dédain, cette méchanceté, ce mépris, cette hypocrisie ? Pourquoi sont ils si malhonnêtes, si menteurs ? Pourquoi ? Que de lâcheté, pourquoi ? Leur pardonnes tu ma Biche ? Dis moi que non. Dis moi qu'ils t'ont pris ta vie, la notre aussi et qu'ils continuent leur horrible mission. 
Qui viendra un jour changer le cours de cette horrible vie ? Qui ? Personne. Personne ne fera mieux. Je ne crois plus aux propos mensongers, aux promesses non tenues, aux discours qui sont bien loin de venir du coeur lorsqu'ils annoncent une amélioration. 
Oh, je ne fais pas de politique ma Biche. Oh non. 
Mon coeur n'en peut plus. Mon coeur explose. Ma haine restera intacte. Rien, ni personne ne m'empêchera de penser ainsi. Je n'ai pas choisi de vivre. La mort m'attendait à ma naissance. Pourquoi ne m'a t elle pas prise ? 
Tes grands-parents, ma Biche ne s'en seraient pas remis, une troisième fois. 
Pourquoi moi, et tant d'autres subissent l'inconscience, la froideur de ces "grands" ?
Pourquoi ? Pourquoi devrais je souffrir et pas eux ? Je ne suis pas coupable, je suis victime. VICTIME . On t'a arrachée la vie ma Biche. Tu n'as plus la place que tu méritais. Pourquoi ? Par leur faute. 
Je suis mal ma Biche, mal. J'aurais tant voulu pour toi, comme pour ton frère et tes soeurs. J'aurais voulu une famille c'est tout. 
Je viens de recevoir un courrier. Tu es invitée à une réception en l'honneur du nouveau président de la résidence universitaire de Berkeley. Les anciens élèves sont conviés, le 27 avril prochain. Juste 3 ans après cette date qui aurait du être magique, celle du mariage de ton frère. Un "grand" peut il y aller en disant ce qu'ils n'ont pas fait pour que tu y sois ? Pourquoi ? 
Les pourquoi me résonneront dans la tête jusqu'à la fin de ma vie. Pourquoi te survivre ? Pourquoi ? 
Pardonnes moi ma colère ma Biche. Je n'ose imaginer cette angoisse que tu as dû maîtriser ce 22 avril pour faire comme si tu ne le voyais pas, comme si tu n'avais pas peur. Bien sur, tu n'as pas de gardes du corps. Voyons, tu dis la vérité, tu n'y as pas droit. Pourquoi ? 
Arrêtez, voilà ce que j'ai envie de leur dire. Arrêtez le massacre. Vous qui ne savez pas ce que c'est que de souffrir de la sorte. 
Nous partons ma Biche, nous partons quelques jours. Je ne t'abandonne pas tu sais. Tu es toujours avec moi. Je me retire de cette ville où les gens n'ont pas vraiment le courage d'affronter le malheur. Je me retire un instant pour laisser passer ces jours horribles, ces jours que beaucoup d'autres connaissent malheureusement. Puis, je reprendrai cette route, cette route qui nous tue chaque jour un peu plus, dans l'ignorance de beaucoup. 
Je t'aime ma Biche, je t'aime comme une maman. On m'a arraché une partie de moi. Tu me pardonnes de dire tout cela. Je pars mais je t'écrirais le 22 et le 23 et souvent, car j'ai trop de mal à imaginer que tu n'es plus là présente, ici.
A bientôt ma Biche, j'ai trop mal.


23 avril 2005 : Tu m'as pardonné ma colère ma Biche ? Hier et aujourd'hui tu as été si présente. Nous avons tenté de s'étourdir pour ne pas penser au pire, penser à toi seulement, pas au reste. Tu es toujours dans nos coeurs tu sais. Hier soir nous étions couchés assez tôt. Je n'ai volontairement pas regardé l'heure, pour éviter de me retracer la scène. Pardonnes moi ma Biche. Aujourd'hui à 14 heures, j'ai revu la scène du 23 avril 2002, lorsque les policiers ont frappés à notre porte. Je m'en souviendrai toujours, mais je n'arrive toujours pas à y croire. C'est trop dur de se dire que c'est vrai et que tu ne reviendras pas. Demain nous allons participer au semi marathon que tu avais fait, tu te souviens ? Nous allons faire seulement 4 kilomètres de marche, pour toi, en pensant à toi. Puis nous rentrerons, en espérant que le soleil reviendra vite pour réchauffer nos coeurs. Nous pensons à toi ma Nounouche, toujours. La vie n'est désormais plus la même, malgré que tes soeurs et ton frère nous donnent tant de joies. 
Tu n'es pas là pour les partager avec nous et c'est si dur. Je t'aime ma Biche, je t'aime. Pourquoi ? Pourquoi ? 


27 avril 2005 : J'ai tardé à t'écrire, ma Biche, pardonnes moi. Nous ne sommes pas à Grenoble. Dimanche, nous étions à Nice. Nous avons pu participer au semi-marathon de Nice où tu avais couru les 10 kilomètres en 2002, si peu de temps avant... Le coeur plein de ta présence, nous avons parcouru les 4 kilomètres. Contents de le faire pour toi, en pensant à toi. Ici je regarde la mer. 
Je l'aime tu sais, pourtant elle m'a tant fait de mal. 
Elle est toujours aussi belle et le soleil brille toujours malgré que notre coeur soit lourd. 
Je viens encore d'entendre parler d'une agression dans un hôpital psychiatrique. Comment peut on en arriver là ? Pourquoi le gouvernement ne fait rien pour ces malades, mettant en danger la vie des citoyens. Tu y as laissé ta vie. D'autres drames de même type ont suivi, et rien ne change. Je ne supporte pas. Pourquoi ? Pourquoi ne rien faire ? Ces malades ont besoin d'aide et nous avons besoin de sécurité. Tu aurais eu besoin de cette sécurité, ma fille, ma Biche, ma Nounouche, ma Véro. J'ai trop de mal à y croire encore. Je suis toujours au fin fond de tes photos, chaque jour. J'ai ainsi l'impression que tu es toujours là près de moi. 
Dis moi que ce n'est pas vrai. Je t'aime tant.
Regarde, une gentille dame nous a photographiés à l'arrivée dimanche. C'est pour toi ma biche.



29 avril 2005 : Il y a trois ans aujourd'hui, nous t'accompagnons ma Nounouche. Horrible journée que celle-ci, malgré que nous ayons été très entourés. Lorsque je regarde tes photos, les films où je te vois bouger, rire, jouer, j'ai tant de mal à croire à ce qui est arrivé. Comment avons nous fait ? Le lendemain ton frère se mariait. Il fallait bien. Ils devaient repartir pour Tokyo, et reculer cette date ne nous aurait pas donné le goût de faire la fête pour autant. La vie avait basculé. Nous avons avancé en automates. Ce n'est pas au début que l'on réalise vraiment l'horreur dans lequel nous plongeons. Tu devais être heureuse ma biche avant le 22. Tu te préparais à accompagner ton frère pour son mariage. Tu devais être l'interprète pour Loline le 27 avril, date prévue pour ce mariage, et tu nous a quittés juste avant. 
J'ai trop de mal aujourd'hui, comme j'en aurais toujours. Nous parlons de ce drame qui marquera à jamais notre vie, autour de nous, et souvent nous nous entendons dire par des personnes que nous ne connaissons pas du tout : "c'était son destin". C'est si facile à dire. Ces personnes ne doivent pas avoir d'enfants, et ne peuvent se mettre à notre place. Je t'aime ma biche, je t'aime. 
Jamais je ne pourrai me résigner et faire comme si.


9 mai 2005 : Les journées sont dures en ce moment. Nous avons voulu nous évader pour ce triste anniversaire, mais tu es toujours avec nous tu sais, et où que nous soyons, tu nous manques tant. 
Je pensais ce soir à l'amour que l'on pouvait avoir pour son enfant.
Ma biche
Un enfant, c'est ce qu'il y a de plus beau que la nature puisse nous permettre de créer.
Un enfant, c'est innocent, c'est mignon.
Un enfant, blanc, noir, jaune, grand, petit, blond, brun, c'est toujours le plus beau.
Un enfant, lorsqu'il est le nôtre, il est encore plus beau
Un enfant désiré, attendu, c'est merveilleux.
Maintenant nous sommes grands parents
Et nos petits enfants sont magnifiques bien sûr
Comme tous les petits enfants
Mais mon coeur se serre si fort, lorsque je pense
Que jamais je ne te verrai arriver à la maison, ton enfant dans les bras.
J'ai tant de mal, ma Véro, tant de mal à l'admettre, à me résigner, à y croire.
Oh, il y a de belles choses dans la vie
Mais nous avons eu droit à la pire qu'il puisse exister
Perdre son enfant.
Et tu sais, cette douleur nous ternit toute notre existence.
Je t'aime tant ma biche.
Jamais je ne pourrai voir quoi que ce soit sans penser à toi.
Ma Véro, je t'aime.


19 mai 2005 : Je vais à ton petit jardin, ma Biche, là où tu es, là où pour moi tu n'es pas, là où je n'aime pas aller, là où je fais tout pour ne pas penser à toi dans cet endroit, pour me voiler la vérité, car elle est trop cruelle. Je vais pour y mettre de jolies fleurs. Je culpabilise de ne pas y aller assez souvent. Tu m'en veux ma Biche ?  J'ai beaucoup de mal. Je me dis que ce n'est pas un lieu où tu dois être, ce n'est pas possible. Dis moi que non. Dis moi que tu continues tes études, que tu es peut être à l'étranger pour faire un post-doc comme tu voulais, dis moi que tu es débordée et que tu n'as pas le temps de me donner des nouvelles, et je ne t'en voudrais pas tu sais. Mais pas là bas. Non, je vais juste mettre de jolies fleurs, mais c'est tout. C'est ici que je pense à toi, ici et partout ailleurs mais pas là bas. Tu es désormais avec moi pour toujours. On se promène ensemble. On ne l'a pas assez fait avant. J'y vais ma Biche et je reviens vite te retrouver ici. 
A tout de suite ma Nounouche. Je t'aime.




22 mai 2005 : 37 mois aujourd'hui, tu partais ma Biche. Je ne peux oublier ce 22 qui revient frapper tous les mois. 37 mois, c'est inhumain. Nous pensons toujours à toi, tu nous manques toujours autant et de plus en plus. Je n'arrive plus à croire que tu es débordée au point de ne pas appeler. Je n'appelle plus sur ton téléphone. J'ai tellement peur d'avoir quelqu'un au bout du fil qui me prouvera que tu n'est plus là. Que c'est dur ma Biche. Pourtant pour tenir, il me faut entrer dans ce déni. Faire comme si, imaginer que tu es bien où tu es, que tu vis, ailleurs. J'ai eu des nouvelles de la justice, mauvaise comme d'habitude. Le dossier a eu vite fait d'aller aux archives. Ils sont rapide pour cela, et tout prend du retard. Ma colère me ronge. 
J'ai vu à la télévision un film, hier soir. Oh je n'aurais pas dû regarder cela, mais... Cette maman qui cherchait le tueur de son enfant pour faire justice. Comme je me suis retrouvée. Bien sûr ce n'est qu'un film, cela fini bien et tout est romancé, mais que de choses que j'ai ressenti au plus profond de moi.
Je t'aime ma Biche. Je suis en train de refaire tout ce site, pour toi. Il sera entièrement fait par moi, avec toute l'aide que l'on m'a apportée lorsque je ne savais rien faire de tout cela. Mais c'est long ma Biche de recommencer. Et cela fait mal, mais c'est pour toi, alors cela n'a pas d'importance. 
Je t'aime.





28 mai 2005 : Demain ce sera la fête des mères, ma Biche, juste le jour où il y a 37 mois nous t'accompagnions à ta dernière demeure. Je vais de plus en plus mal en ce moment. Papa aussi. Plus rien ne m'intéresse. Je me retire doucement de la société. Cette société qui nous a repoussés, nous fuyant. Ces gens qui ne savent pas que dire. Ces gens qui ne veulent pas entendre parler de toi, parce que ça dérange. Je les hais tellement. Maintenant, trois ans ont sonné et c'est moi qui ne veut plus voir personne. Je n'ai plus rien à dire, plus rien. Je ne supporte pas de ne pas parler de toi, et maintenant c'est trop tard, cette haine s'est installée, elle a grandit comme les mauvaises herbes. J'ai mal, si mal. Plus personne n'y pourra plus rien maintenant. Le mal est fait. Ton départ et le retrait de la société. Nous survivons, mais pour combien de temps. Combien de temps tiendrons nous, seuls, en retrait, sans voir personne. Seules tes soeurs sont là. Ton frère est trop loin. Plus de parents pour moi. La famille proche qui ne sait que dire. On ne voit personne ma Biche. Tu es dans mes pensées en permanence, et si je tente d'expliquer mon mal, ce n'est pas compris. Je renonce. Seuls, nous restons seuls, avec toi, avec notre douleur, notre mal, notre haine. Demain ce sont les élections. Tu sais élections riment avec assassinat. Oui, en 2002, le 22 avril était le lendemain du premier tour des élections. J'ai encore plus de haine. Tous ces politiques qui ne servent à rien sinon à nous faire du mal. Demain j'irai crier ma haine, encore une fois. Les jours passent, ma Biche, et le mal devient de plus en plus lourd à porter. La justice traîne toujours. Le dossier a vite été archivé et nous ne l'avons toujours pas. La justice est si inhumaine. Je voudrais partir et voir d'où je serais ce qui se dit sur moi. Tous ces gens qui ne m'ont pas tendu la main. Mais je n'ai pas le droit. Ta grande soeur souffre. Elle voit bien que cela ne va pas. Et les petits ont besoin d'avoir un papy et une mamy souriants. Ta petite soeur est encore jeune. Ton frère est trop loin. Quelle vie ma biche. Ce soir je suis au fond du puits, bien au fond. J'écoute ces musiques, les musiques de la douleur et de la haine. Jamais je ne pourrai aller mieux ma Biche, jamais. Je suis devenue jalouse des autres, méchante sûrement. Je voudrais voir souffrir ces personnalités du gouvernement qui ne font rien pour que change cette vie. Tu auras 30 ans début juillet, et nous serons sûrement seuls. J'ai espéré, souhaité que l'on fasse quelque chose pour toi, que ceux qui étaient tes amis pensent à toi ce jour là et maintenant je ne veux plus. Pas de signe de vie de toutes ces personnes. J'espère, je souhaite qu'ils nous laissent tranquilles. Je ne pourrais pas supporter qui que ce soit. Je suis trop mal ma Biche, trop mal. Je serais prête à tout pour ne voir personne le 8 juillet, à me supprimer s'il le faut. Qu'on me laisse avec toi, c'est tout. On m'a trop fait mal. Je n'ai plus besoin maintenant. Je veux juste le bonheur de tes soeurs et ton frère, c'est tout. Et toi dans mon coeur. Aide moi ma Véro, j'ai trop mal, je perds pied. Nounouche, aide moi. 
C'est pas vrai, dis moi, je t'aime.





29 mai 2005 : La fête des mères est passée, ce 29 aussi. Tu étais avec nous ma Biche, tu sais. Hier nous étions chez ta grande soeur. Les petits sont si mignons. Cela s'est bien passé, très simplement comme je le souhaite maintenant. Ta petite soeur a été très gentille aussi. Elles sont compréhensives. Cela me fait du bien. Elles savent que je les aime plus que tout, mais que tu n'es pas là et que je ne suis pas bien du tout. Ton frère est beaucoup trop loin. 
Ce matin nous sommes allés à ta dernière demeure. Il y avait beaucoup de monde dans cet endroit triste. Je me suis dit que certaines personnes faisaient la fête aujourd'hui mais que d'autres, malgré tout, avait une pensée pour leurs êtres chers. Cela m'a rassurée un peu. Nous sommes allés porter des fleurs à la demeure de Mémé aussi. 
Je suis allée voter aujourd'hui. Je tenais à aller crier ma colère. Oh, je suis sûre que cela ne leur fait rien, mais j'étais toute tremblante dans ce bureau de vote, tant la haine m'envahissait. Mais je tenais à le faire. Je n'ai jamais eu l'occasion de crier ma haine comme je l'aurais voulu. Je le fais comme je peux. 
Puis nous sommes allés à ton petit jardin. Nous y mettons de belles fleurs, avec amour. C'est à toi ma Biche. Je te montrerai des photos que j'ai prises, mais ce soir je voulais t'offrir une fleur d'un de tes rosiers. Je l'ai choisi jaune orangé, car j'aime cette couleur. J'espère que cela te plait. Je t'offre cette rose ma Biche, car si l'on t'avait laissé la vie, tu aurais peut être reçu des fleurs et un baiser d'un petit bout de chou.
C'est si dur pour moi, si dur. Qui peut comprendre ?
Regarde ma Biche, c'est pour toi, je t'aime.








31 mai 2005 : Le dossier est arrivé, ma Biche. Je viens de l'apprendre par téléphone. J'ai peur, peur de ce que nous allons y voir, peur de la bombe qui va se trouver près de nous. Aide moi ma Biche. Dis moi que tu n'as pas souffert ma Nounouche. Nous allons devoir descendre à Nice pour aller chercher ce dossier. Nous le voulions car cela nous appartient, c'est la partie triste de ta vie, l'horreur, mais nous devons l'avoir. Mais j'ai peur, peur ma Biche. Aide moi. 
Je t'aime ma Véro, je t'aime tant, je n'arrive pas à y croire.





10 juin 2005 : Je ne t'oublie pas ma Biche. J'ai tardé à t'écrire. Nous sommes descendus à Nice mardi après-midi et mercredi 8 juin, nous avions rendez-vous chez l'avocat qui nous a remis ce dossier. La partie de ton histoire la plus horrible. Mais le dossier n'est pas complet. Nous devons nous battre encore pour l'avoir en entier. Nous le voulons ce dossier ma Biche, c'est une partie de toi, et tu dois revenir à la maison et ne pas rester dans des archives. Nous faisons tout ma Nounouche, tout pour savoir pourquoi cela t'est arrivé, tout pour savoir la vérité, aussi dure soit-elle. Ainsi, je n'aurai pas de regret plus tard, même si maintenant, c'est insoutenable. La vérité la plus dure est moins difficile que les mensonges dont on découvre la vérité bien plus tard. Nous avons fait ce choix, nous devons l'assumer, et nous ne voulons pas que tu sois loin de nous. Tout ce qui t'appartient, nous appartient désormais, et nous devons le posséder. Tu es ici, chez toi, pas au tribunal. Tu vois ma Nounouche, j'ai un peu laissé traîner des tas de choses, car je voulais absolument recommencer ton site. J'ai changé les couleurs. Je l'ai fait moi-même. 
Je voulais que ce soit vraiment le tien. 
J'ai pensé à toi et je t'ai mis plusieurs musiques de Georges Brassens, pour toi. 
Je vais pouvoir aller plus doucement pour continuer ton site, ma Véro, car j'ai encore beaucoup de choses à dire, à placer sur ce site, mais il ne se terminera jamais tu sais, alors je vais doucement. Les journées ne sont pas faciles en ce moment. Papa n'est pas bien. Tu nous manques ma Véro. J'ai trop de mal à croire à ce drame. Je t'aime.




17 juin 2005 : Cela faisait plus de trois ans que je réclamais, plus de trois ans que j'imaginais tout, sans savoir. Maintenant je viens de te retrouver, ma Nounouche. Même dans ces conditions, tu as su rester belle, toujours belle. Je t'ai retrouvée ma Biche, je sais enfin. Mon esprit n'a plus rien à inventer, JE SAIS maintenant. Tu es belle, tu es restée belle jusqu'au bout. Mais tu continues à vivre dans mon coeur. J'ai mal, mais je t'aime, je t'aime tant ma Nounouche. 
Dors ma Biche, dors tranquille, tu es revenue à la maison, tu ne crains plus rien.





22 juin 2005 : Un mois de plus sans toi ma Biche. 38 mois aujourd'hui que tu nous a quittés. 38 mois de calvaire. Qui peut imaginer ? J'ai beaucoup pensé à toi aujourd'hui. Je suis très perturbée en ce moment, depuis que j'ai vu ce dossier complet. Dossier judiciaire que je ne regretterai jamais d'avoir demandé, mais oh combien traumatisant. J'ai ta photo dans la tête. J'ai mal. J'ai tellement peine à croire à tout cela. Lorsque j'en parle, j'ai l'impression que ce n'est pas de toi dont je parle. C'est si dur ma Biche. J'ai rêvé il y a peu, que je pleurais parce que je ne supportais pas cette idée de ne pas te revoir. Maintenant je vois l'entrée de l'immeuble et j'ai l'impression de te voir arriver. Je te vois Nounouche, je me dis que ce n'est pas possible. Je suis mal, je ne me vois pas d'avenir, j'angoisse. Je ne sais pas de quoi sera fait notre futur. Je ne sais pas ce qui pourrait m'apaiser. Je me sens seule, et je ne veux de personne. Tu auras bientôt 30 ans, je voulais un témoignage de tes amis, je n'ai pas de nouvelles, et je n'ai plus envie. L'idée que cela ne vient pas d'eux spontanément m'enlève ce désir de les voir témoigner qu'ils pensent à toi. Je suis mal et en même temps, je veux rester dans ma solitude, car je ne peux pas parler de tout sans t'inclure dans la conversation. Pour moi c'est te trahir, c'est me faire mal que de ne pas parler de toi. Je sais que cela ne plait pas à beaucoup. Tans pis, je reste seule, avec toi et mes pensées. Peu m'importe ce que les autres souffrent, s'ils ont une pensée pour toi. Qui donc peut souffrir plus que ton Papa et ta Maman ? Nous t'avons mis au monde, voulue, désirée. Tu es la chair de notre chair. C'est trop dur ma Biche. 
Chaque jour je me réveille avec toi, je me couche avec toi, je pense à toi la journée. Tu me manques tant. Il y a 38 mois, tu tombais sous les balles, devant ta porte, la main sur ta poitrine. Les clés étaient déjà dans la serrure de la porte que tu n'as pas eu le temps d'ouvrir. Je t'aime ma Nounouche, je t'aime.




29 juin 2005 : Ma Nounouche, j'ai encore le vague à l'âme ce soir. Je ne supporte plus que l'on ne parle pas de toi. J'ai l'impression que les gens pensent à toi à leur façon ou t'oublie pour ne pas souffrir, pour vivre. Mais toi, que fais tu ? Voudraient ils en faire autant ? Je ne comprend plus. Et puis il y a ceux qui pensent forcément à toi, mais qui n'en parlent pas. Je sais il faut respecter, mais c'est si dur. Pour moi, tu es dans toutes les conversations, et je ne comprends pas que l'on ne dise pas le mal que cela peut nous faire que tu sois partie loin de nous. Tout cela me pèse tant. Je ne supporte plus. Je ne vois pas d'issue à ce mal de vivre. Je fuie, je m'éloigne de tout le monde. Je marche tête baissée, je ne veux voir personne. Les conversations ne m'intéressent pas. Aujourd'hui, il y a 38 mois nous t'accompagnions. 38 mois...
Qui accepterait de rester 38 mois et le reste de sa vie sans voir son enfant ? 
Je sais je répète toujours pareil. Tu me gronderais, mais j'ai mal, si mal. Si je vais un peu moins mal, j'ai honte de moi. 
Les soldes ont commencé ce matin. Je suis allée m'acheter un pantalon dans le magasin où tu allais. Parce que tu allais là, j'y vais. J'ai même failli dire à la personne qui m'a servie pourquoi je venais là, et puis j'ai fait des efforts pour me taire. 
Je deviens folle ma Biche, mais je n'arrive pas à faire mieux, surtout lorsque je sens que l'on ne pense pas assez à toi, que l'on ne parle pas assez de toi. Mon coeur saigne. 
J'ai mis sur ton site, les articles de journaux du mois d'avril 2002. J'ai le droit parait-il. Les personnes verront ce qu'il s'est passé, encore qu'il faut ne retenir que la vérité car il y a des propos mensongers dans les articles de presse.
Je t'aime ma Nounouche, ma Véro. Aide moi, je coule trop souvent. Ton anniversaire approche, et qui pensera à toi ? 
Je t'aime tant 



2 juillet 2005 : Un peu de vie à la maison cet après midi, ma Véro. Cela fait du bien, nous aimons nos enfants, tous de la même façon, mais le soir venu, qu'il est dur de se retrouver seuls. Nous pensons à toi tout de suite, à cet après midi que tu n'as pas partagé avec nous. Je suis lasse, j'ai le coeur gros. J'ai tout de suite eu ce besoin de venir te rejoindre chez toi, chez Nounouche. J'ai parcouru quelques pages de ce site, qui me font très mal, et maintenant je viens te dire un petit bonsoir. Je viens t'embrasser, te serrer dans mes bras, me dire encore une fois que ce n'est qu'un cauchemar. 
J'ai si mal. Je ne m'en rendais pas compte jusque là. je vivais dans le déni. Je disais toujours que j'avais mal même si cela n'était pas aussi intense que maintenant. Je ne voulais pas aller mieux, je ne le veux toujours pas. Je ne veux pas que l'on puisse dire que je me suis "remise" de ta disparition. Les gens n'essaient même pas d'imaginer ce que cela peut représenter et continuent de vivre, nous ignorant. Je ne suis pas dans un état d'esprit où j'envisage d'aller mieux un jour. Ce drame est si inconcevable pour moi, et tout ce que nous avons subi après et que nous continuons de subir, que je suis trop révoltée. Notre médecin espère arriver à nous faire disparaître petit à petit cette culpabilité qui nous ronge, de voir la vie, d'en "profiter", alors que tu n'es plus là. Mais je suis bien loin de cette démarche, et je me refuse de vivre tout simplement. Pourquoi vivre lorsque l'on a perdu son enfant, celui qui aurait du nous accompagner à notre dernière demeure ? Il n'y a que devant les petits que je met le masque afin de ne pas les perturber. Les adultes doivent, à mon avis, tenter de comprendre ce mal être. 
Je suis emmurée ma Biche. Il n'y a aucune fenêtre autour de moi. Je ne peux pas sortir de cette prison. 
Je t'aime tant ma Nounouche. Comment pourrais je vivre normalement ? 
Le temps est long, si long. La vie est lugubre. Je ne sais plus, je ne vis plus, je n'entend plus, je ne vois plus. Seule ma haine continue de vivre, plus fort chaque jour.
Je t'aime ma Véro. Les jours qui arrivent sont atroces. Qui pensera à toi ? J'ai mal.



5 juillet 2005 : Ma Biche, je suis très mal en ce moment. Je n'écris à personne, je n'y arrive pas. J'attends ce 8 juillet. Je ne suis pas calme. Je suis fatiguée, j'ai constamment sommeil, cet anniversaire sans gâteau, sans toi surtout, me stresse. Nous préparons des ballons qui s'envoleront vers toi pour t'apporter notre amour. Un tapis de fleur sur ta dernière demeure et encore des ballons au dessus de ton petit jardin.
Je prépare ma page sur ton site, chez toi, chez Nounouche. J'espère pouvoir la placer le lendemain. Je t'aime ma Nounouche, nous t'aimons tant, et ces jours sont si difficiles. Tout le monde comprendra mon silence. Le 8 doit passer pour que je puisse penser plus sereinement à toi. Puis notre séjour hors de Grenoble nous fera du bien je le souhaite. Tu viendras avec nous. 
Tu es toujours dans nos coeurs.
Je t'aime ma Nounouche, mais je suis si fatiguée, si mal en ce moment. 




9 juillet 2005 : Ma Nounouche, hier tu as eu 30 ans. Tes 30 ans, je les aurais voulu autrement. Je t'aurais voulu près de moi, mais il n'y a plus d'anniversaire avec toi. C'est si dur. J'ai demandé à tes ami(e)s de te rendre hommage et rien ne s'est passé. Aucun signe de qui que ce soit hier, ni même aujourd'hui, alors que nous sommes samedi. Je ne comprends pas ma Nounouche. Ce n'est pas possible que tout le monde t'ait oubliée. C'est peut être nous qui gênons ? Je ne comprends plus. Aujourd'hui je suis blessée. J'ai mal dans mon coeur et mon corps réagit aussi à cette agression. Je ne veux plus voir personne. Je ne crois plus en rien. Je ne comprends plus. Je ne sais qu'une seule chose : Je t'aime . Personne ne viendra m'en empêcher. Je ne demande plus rien. Je veux être seule comme je le suis depuis plus de trois ans. 
Nous t'avons fait des petites choses pour ton anniversaire hier, mais seuls. Personne ne s'est manifesté. Je ne comprends plus ma Biche. Toi qui est très tolérante, explique moi. Je ne sais plus, je t'aime.




15 juillet 2005 : Ma Nounouche, nous nous absentons une semaine environ. Tu viens avec nous, toujours, désormais. 
Je ne t'ai pas écris avant. J'ai eu très mal la semaine dernière, et beaucoup de mal à imaginer que ce qui était arrivé était la vérité. J'ai beaucoup de peine pour toi ma Biche. Nous qui pensons sans cesse à toi, Papa et moi. C'est si dur de croire à la vérité. 
Aujourd'hui cela faisait 11 ans que Pépé Maurice partait. Tu te souviens, sa gentillesse, sa sensibilité. Je ne crois pas qu'il aurait supporté de te voir partir, pas plus que Mémé. J'ai beaucoup pensé à lui aujourd'hui. 
Ce soir nous avons été arroser ton petit jardin afin qu'il n'ait pas trop soif pendant toute une semaine. Il y a l'ombre des arbres. Les fleurs patienteront un peu. 
Je n'ai toujours pas de nouvelles de qui que ce soit, mais j'ai réussi à chasser cette grosse douleur. Je ne vais pas bien, mais je me fais une raison, bien contraire à mes idées: nous sommes seuls et c'est très dur de ne pas pouvoir partager les moments heureux de ta vie avec ceux qui t'ont connue. 
Je t'aime ma Nounouche. Je continuerai toujours de t'aimer, et de me remémorer ton visage, ta voix, tes gestes, ton sourire, afin que ta vie ne s'arrête jamais.




23 juillet 2005 : Je ne peux pas oublier cette date du 23 avril où nous avons vu arriver les policiers à la maison, comme le 22 avril 2002 où tu as laissé ta vie sous les balles d'un déséquilibré que tu ne connaissais même pas. 
Je ne suis pas à la maison. je t'enverrai ce courrier en rentrant à Grenoble. J'ai pensé à toi hier toute la journée, malgré que je sois sortie. Tu étais avec nous. Journée pleine d'émotions, j'étais très fatiguée le soir. Mais tu étais si près de nous.
Aujourd'hui, pour moi, c'est aussi un jour qui me rappelle tant de mauvais souvenirs. 
Je pense à toi ma Biche. Tu es toujours avec nous. 
Je t'aime. Je t'aime tant.




28 juillet 2005 : Oh ma Biche, comme j'ai pleuré aujourd'hui. Pourtant les larmes sont bien bloquées par la colère, mais ce matin, je suis revenue plus de 3 ans en arrière. J'ai vécu à nouveau notre dernière sortie ensemble. Tu étais venue à Grenoble et tu m'avais accompagnée en ville pour l'achat de mes vêtements destinés au mariage de ton frère. Puis, nous étions toutes les deux, seules, comme c'est si peu arrivé, si peu, trop peu. Tu as voulu entrer dans un magasin que tu aimais bien. Nous y sommes allés, toutes les deux, juste nous, rien que nous. 
Ce matin je suis passée devant ce magasin et je n'ai pas pu m'empêcher d'y entrer. Je ne saurais te dire, ma Biche. Tout est revenu, tu étais là et la réalité me sautait au visage. J'étais là dans ce magasin, je ne pouvais en sortir, je voulais fuir et je voulais y rester en même temps. J'allais d'un rayon à un autre cherchant à sortir avec un objet. J'étais de plus en plus mal. La douleur montait. J'étais avec toi. Tout me rappelait ce dernier jour. J'ai acheté n'importe quoi et arrivée à la caisse, j'avais déjà trop retenu mes émotions, j'ai fondu en larmes. Je n'arrivais plus à m'arrêter. J'ai vaguement dit à la personne la raison de mon état et je suis vite partie, alors que les larmes ne voulaient pas s'arrêter de couler. Depuis j'ai ce magasin en tête. J'ai envie d'y retourner souvent pour t'y retrouver. Pour pleurer ? Je ne sais pas. J'ai le coeur à l'envers ce soir.
Des soucis me perturbent pour les mois à venir, pour l'année scolaire prochaine. J'écoute de la musique mais les larmes ne viennent pas bien que j'ai une folle envie de fondre en larmes. Je t'aime ma Biche.
Tu me manques tellement. 




1 août 2005 : Ma fille, je me lève dans le même état que je me suis couchée. Les quelques jours passées hors d'ici nous avaient fait du bien, mais ils s'éloignent et tout revient. Tout ce qui me fait mal depuis plus de 3 ans et même plus. Tout remonte. Nous n'avons pas eu assez de complicité, pas assez de moments à partager. Pourquoi ? Pourquoi devrai-je subir tout cela ? J'ai envie de fuir comme dans cette chanson que j'écoute en boucle depuis hier. Cette chanson que je n'ai pas pu m'empêcher de chercher tout l'après-midi d'hier. Cette page que je n'ai pu m'empêcher d'écrire. Je souffre de ton absence définitive, sans retour, alors que je souffrais déjà de ton absence avant. Tu étais plus souvent... ailleurs. Je n'ai eu aucun signe pour ton anniversaire et cela revient me torturer. Il y a une plaque au labo, pour nommer la salle de réunion de ton nom. Je voudrais demander à la faire enlever. Ai-je le droit ? Qui pense à toi en passant devant? C'était un hommage des premiers instants. Depuis, plus de signe de ce labo que nous ne reverrons plus, plus de signe de personne sur Nice, plus de signe tout court. Tout le monde a tourné la page, fermé le livre de ta vie. Ta place est donc près de moi maintenant. On m'a pris ma fille, on me la rend lorsqu'elle n'est plus là physiquement. J'ai mal, j'ai si mal. J'aimerais tomber dans les profondeurs de l'abîme, j'aimerais que l'on m'oublie aussi, à tout jamais. Partir, loin, sans laisser d'adresse, ne plus donner signe de vie. Personne ne se fera du soucis pour moi, j'en ai la preuve. Tout m'est égal maintenant, dans ce monde brutal comme dit si bien la chanson. Monde de brutes où les gentils se comptent. Nous avons tout perdu : toi ma biche, un procès qui n'a jamais eu lieu bien sûr, des coupables par négligence qui n'ont pas dit la vérité, qui vivent, respirent tranquilles. Et nous qui sommes là sans but aucun. Hier soir nous avons vu une émission de télévision relatant les faits de Pau. Un procès aura lieu pour ce schizophrène qui a égorgé et décapité deux infirmières. Il était dangereux. Pourquoi les médecins n'ont ils pas pris de précaution ? Cela sera toujours ainsi ? Les vies humaines ne les intéressent pas. Papa m'a dit, avant de dormir : " peut on aller au procès ? " Je ne sais pas. Si cela est possible, pourquoi n'irai-je pas crier ma haine aux côtés des familles victimes, nous qui vivons la même horreur. Une façon de faire corps contre cette sale société. Interné 4 fois, il avait été mis dehors avec de simples médicaments qu'il ne voulait pas prendre. Tout le monde le savait. Pourquoi en arriver là, à une telle barbarie ? Pourquoi ne font ils rien, ces messieurs qu'on nomme grands, ces médecins qui ont pouvoir de dire la vérité ou le mensonge.
 Ta petite soeur va partir. Cette année elle ne sera pas à la maison et elle parle même de projet d'étranger pour l'an prochain. Où sont mes enfants ? Je sais, on n'élève pas ses enfants pour soi. Mais qu'ai je donc fait pour les voir partir d'une façon ou d'une autre? J'avais cru que voir la mer souvent m'apaiserait et... Qu'allons nous devenir ? Je touche à nouveau le fond, mais contrairement à ce que l'on dit, je ne rebondis pas plus haut après. Comme je voudrais faire mal, mal à ceux qui me font mal, à ceux en qui j'espérais quelque chose, un peu de toi, de ta vie. Je n'ai plus que cet ordinateur ici. Compagnon de galère, de tous les jours. Je voudrais te prendre, t'enlever d'où tu es, t'emmener ailleurs, te cacher. Personne ne s'en apercevrait, personne ne va te dire bonjour ici ou ailleurs. Je démissionne ma fille. Pourquoi suis-je encore sur cette terre ? Je ne me vois plus d'avenir, non, j'ai trop mal. Je me laisse aller au désespoir, ne voulant plus rien de la vie, n'espérant rien qui m'apaisera. 
Je ne suis pas d'ici, je ne suis pas d'ailleurs. Je suis un fantôme qui ère sans but. Je ne suis bien nulle part, sinon loin de tout, ignorée de tous. Trop d'ennuis se profilent et je n'ai plus la force. Je n'y parviendrai pas, je démissionne. Pardonne moi ma Biche. J'ai trop mal. Je t'aime tant.



8 août 2005 : Il y a un mois ma biche, nous espérions un geste, un signe de tes anciens copains, copines, et rien. Tu sais, cela nous a terriblement marqués. Depuis je sais encore moins où je suis bien. Je ne me vois plus rester ici, je ne me vois nulle part, je n'ai plus de repère, je suis mal. Aujourd'hui nous avons vu ta grande soeur. Les enfants sont si mignons, mais tu n'es pas là pour les chérir toi aussi et ta soeur souffre beaucoup tu sais. En rentrant ce soir, nous sommes passés devant la salle où a eu lieu la remise des diplômes d'ingénieurs, pour ton frère. L'école avait fait quelque chose de beau. Il y avait eu de la musique, tous les élèves, tout le monde était content. Nous y étions et tu étais assise près de moi et de ta petite soeur. Je nous revois encore ce jour là. Quel choc ce soir en revoyant ce bâtiment tout éclairé. Je pensais déjà à toi, cela n'a pas arrangé les choses. Ma biche, comme je suis mal, comme je ne sais plus que faire, comme je n'ai même plus envie d'aller bien. Comme je me demande de quoi va être fait les jours, les mois prochains. Je deviens très insensible à certaines choses, et j'en ai honte. Mais je ne vois que ma douleur, et cette "vengeance" non assouvie. J'aurais tant voulu qu'il y ait un coupable face à moi, à qui crier ma haine. Je la garderai toujours en moi. Je ne pardonne pas. J'ai trop mal ma Nounouche, je n'arriverai jamais à imaginer ce qui a pu t'arriver. Tous les jours en te disant bonjour et bonsoir, je te vois montant l'escalier ce 22 avril 2002 ne sachant pas que la mort t'attendait sur ton palier. 
Pourquoi es tu montée seule ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? 
Tu me manques trop. Je ne serai jamais plus la même. J'ai trop mal.
Je t'aime tant ma Nounouche.
Je t'offre cette jolie fleur blanche, d'un cactus. Fleur que je n'avais pas réussi à prendre en photo il y a quelques jours. Aujourd'hui celle ci est sortie ce matin. Fleur très éphémère, j'ai pu en tirer une photo. La voici. Ta vie a été aussi très éphémère, mais je n'ai pas réussi à faire ce qu'il fallait pour empêcher que l'horreur se produise.






14 août 2005 : Ma biche, je suis anéantie, je ne sais plus qui je suis, où je vis, sinon dans un monde de brutes, d'égoïstes, de méchants, de personnes de mauvaise foi, de gens qui veulent faire mal, qui n'ont ni coeur, ni âme, ni conscience.  J'ai encore peine à croire à la "gifle" que nous avons pris cet après-midi. Ton papa est encore trop bon et trop naïf. Je ne veux plus de relation, lui, espère toujours et cet après midi cela a dépassé les limites de l'acceptable. J'aimerais disparaître tout de suite pour ne plus voir tout cela. Je ne pourrais plus supporter une seule fois de plus. Ce n'est pas un vase qui a débordé, c'est une fontaine qui coule sans fin. Arriver là n'est pas digne de l'être humain. C'est notre couple qui va en subir les conséquences, ma Biche, si Papa espère encore quelque chose des gens, de la famille... Oh cette personne dormira bien cette nuit. Nous, nous resterons marqués au fer rouge. Une personne que je ne reverrai plus jamais, jamais, jamais. Je ne pardonne plus. Je ne veux pas de pitié, surtout pas, mais de toutes façons même cela cette personne très proche par le sang, n'en a pas. 
J'ai trop de mal à y croire ma Biche. Pourquoi existe t il des monstres pareils ? J'en tremble, Papa a du prendre un médicament pour conduire, pour rentrer à la maison. Sur la route, combien de fois j'ai pensé prendre le volant pour nous planter dans un arbre. Papa tenait fort le volant. Pardonnes moi ma Biche. Pardonnes moi. Je ne comprends plus. J'ai de plus en plus mal. Depuis ton anniversaire cela va de pire en pire. A croire que les gens se plaisent à faire du mal. Mais pourquoi ne souffrent ils pas autant que nous ? Je leur souhaite de tout coeur, vivement, sans toucher à leurs enfants, non. Mais, même si je sais que c'est horrible, je leur souhaite du mal. Ils m'en font trop. Etre aussi insensible
, jamais je n'aurais cru que des monstres pareils puissent exister. Je n'en peux plus ma Biche. je suis de plus en plus mal, je veux désormais la solitude la plus complète. Je ne veux plus rien, plus ces gens. Je voudrais tout quitter, partir. Je me sens mal, très mal. Je t'aime ma Biche, je t'aime tant. J'ai trop reçu le mal, jamais je ne revivrai. 
Véro, j'ai trop de mal à vivre sans toi.




21 août 2005 : Ma Nounouche, j'ai mal de toi. Oh je me répète, mais ton sourire, ta voix, tes gestes, tout me manque. J'ai l'impression que personne ne peut comprendre. Tous ces gens qui ont leurs enfants ne savent pas ce que cela peut représenter. On imagine un peu, peut être, mais cela doit faire peur, alors on chasse vite cette idée pour pouvoir vivre normalement. Mais nous, nous n'avons pas le choix. Nous t'avons voulu, nous t'avons attendue, aimée, nous étions fiers de toi comme tout parent, et puis tu nous as été enlevé. Et toi, ta vie s'est arrêtée, alors que tu avais donné le meilleur de toi même aux autres qui ne savent même pas te rendre un peu d'amour après ce drame. J'ai mal, si mal. Nous nous sentons si seuls. Pour pouvoir parler aux gens, il faut ne pas parler de toi. C'est trop dur. Je fuis maintenant les autres. Avant c'était l'inverse. On m'a évitée alors que j'aurais aimé un tout petit mot. Maintenant je ne veux plus de ces gens, et pour me protéger, je fuis, je me cache, j'évite les autres. J'y arrive bien tu sais, je ne vois personne. Le 22 arrive à grands pas. Il y a 3 ans et 4 mois aujourd'hui, c'était aussi un dimanche. Tu avais fait ton ménage. Ton petit appartement était bien rangé, tout propre. tu avais fait un peu de peinture sur verre dans la soirée. Tu avais laissé les photophores que tu décorais sur la table basse. La peinture et les pinceaux étaient là aussi. Puis le 22 tu avais été au labo. Une journée qui s'était terminée par un pot de l'amitié, deux chercheurs étrangers repartaient vers leur pays. Et puis tu es rentrée, avec ton ami. Pourquoi n'est-il pas monté avec toi ? Pourquoi ? Cela me résonnera toujours dans la tête. Il t'aurait peut être sauvé la vie. L'assassin aurait peut être réagi autrement. Je ne sais pas, je ne sais plus. Tout ce que je sais, c'est que les autres vivent, et pas toi. Pourquoi, toujours pourquoi ? 
Nous n'allons pas bien Papa et moi. Nous sommes si souvent mal. Nos conversations sont toujours les mêmes. La vie ne nous épargne pas, seuls dans notre coin. 
Nous allons à ton jardin. C'est l'endroit que je préfère pour te retrouver. C'est chez toi. Je n'aime pas ta dernière demeure, pardonnes moi. J'ai de plus en plus de mal. Au jardin je mets des fleurs. Les roses sont mes préférées en ce moment bien sûr. Elles sont à toi. je voudrais que tu en profites. J'ai mis aussi des gentianes. 
Je te montre les photos que je fais, pour toi, pour te les montrer. Regarde Nounouche.

Elles sont belles tes fleurs. Aujourd'hui il ne fait pas beau. Demain, du mauvais temps est encore prévu. Nous ne pourrons pas monter avant mardi ou mercredi au jardin. J'espère que la pluie n'aura pas trop abîmé. Je te ramènerais des photos. 
A bientôt ma Biche, tu me manques tant.  




22 août 2005 : Ma fille, ma Nounouche, ma Véro. Oh je sais tout le monde s'en fiche, ce n'est pas drôle, je raconte toujours la même chose. Oh ce n'est pas pour me faire plaindre. Je n'en ai rien à faire. Simplement j'ai besoin de te parler et de te dire combien tu nous manques. J'ai besoin de te dire comme les gens sont méchants. J'ai besoin de te dire combien nous souffrons de ne plus t'avoir, pas même au téléphone. Plus rien. A cette heure là, il y a 3 ans et 4 mois, ta vie s'achevait sous les balles. As tu souffert ? As tu eu peur ? L'as tu vu ? Tu étais seule. Quelle horreur. Quand je pense que tu n'as pas du oser crier de peur de déclencher chez lui une crise de folie. Mais il avait prévu déjà. Tu as du te comporter normalement pour ne pas l'énerver. J'imagine tant cette scène que personne n'a vu bien sûr. Cette scène que jamais personne ne racontera. Dis moi que ce n'est pas vrai. Je n'arrive pas à croire à ce qui est arrivé, pas plus que je n'arrive à croire à ce que nous vivons depuis plus de trois ans : la méchanceté des uns, l'oubli des autres, l'évitement de certains. Les gens nous parlent comme si rien ne s'était passé... quand ils nous parlent. Mais c'est notre fille, c'est toi Nounouche. Ils n'ont pas un brin d'humanité, un brin d'intelligence. Je me ferme de plus en plus. "L'affaire" est terminée. On n'en parle plus. On a oublié le jour où tu es née, le jour où tu es partie, l'endroit où tu te trouves physiquement, l'état dans lequel tu te trouves . QUI ACCEPTERAIT D'IMAGINER SON ENFANT DANS CET ETAT ? QUI ? QUE L'ON VIENNE ME LE PRESENTER. Je voudrais frapper, faire mal comme l'on me fait mal, voir les gens aussi mal que nous. Je voudrais leur crier au visage la haine que j'ai en moi et qui grandit chaque jour. Au début je n'en voulais qu'aux "grands" de ce pays, mais maintenant c'est à la terre entière, à tous ceux qui font comme si de rien n'était. 
JAMAIS JE NE PARDONNERAI, JAMAIS. 
Comment faire pour penser à toi, autrement, ma biche. PERSONNE NE ME DONNERA LA SOLUTION. JE PEUX BIEN MOURIR DANS MON COIN, PERSONNE NE S'EN SOUCIERA, D'AILLEURS JE NE VOUDRAIS PAS. 
Qui donc est humain sans l'avoir vécu ? Si peu de monde, si peu, trop peu. La nature humaine est bestiale, égoïste, ignoble. Il n'y a pas assez de mots pour qualifier tous ces êtres que l'on nomme humains. Ce ne sont que des bêtes, pire même.
Jamais ils n'accepteraient de vivre comme nous, dans l'ignorance, la solitude la plus totale. 
SOMMES NOUS COUPABLES ?
J'ai mal ma Biche, je t'aime et tout le monde s'en fiche.




23 août 2005 : Nous ne nous sommes pas quittées de la journée aujourd'hui, ma Nounouche. Ce mois ci a été beaucoup plus dur que les autres. Pourquoi ? Tous les jours sont durs, mais il y a les dates qui nous font revivre ce drame de façon bien plus intense. Ce matin je me suis revue chez le photographe, comme il y a 3 ans et 4 mois, apportant des photos à faire retirer pour toi. Photos que tu n'as jamais vu, qui sont là à t'attendre. Tu étais déjà partie et nous ne le savions pas. Nous avons dormi cette nuit du 22 au 23 avril sans savoir ce qui se déroulait. Quelle horreur. Comment avons nous pu ? Mais nous ne savions rien. Le matin, heureux de faire tirer ces photos pour toi, toujours sans savoir. A midi nous avons déjeuner avec ton frère et ta belle soeur, heureux, la tête dans le futur mariage du samedi qui arrivait. Nous avons déjeuner un peu tard ce jour là. Nous terminions juste quand les policiers sont arrivés. Je revois la scène. Elle est là présente devant mes yeux dans ces moindres détails. La nouvelle annoncée à papa, porte du séjour fermée. Pourquoi ? Pour me protéger ? Un père doit tout subir ? N'a t il pas un coeur lui aussi ? Pourquoi agir ainsi ? Et moi, suffisamment bête, qui, en un quart de seconde, arrive et demande si je peux entrer. Entrer chez moi ! Entrer pour trouver papa effondré à côté du policier, alors que le deuxième montait la garde près de la porte d'entrée. Pourquoi ? A croire que nous allions nous enfuir comme des assassins, des coupables. Pourquoi ? Ils ont été envoyés nous avertir, sans aucun détail. Pourquoi ? Ils ont fait preuve de compassion et de délicatesse, mais ils ne savaient rien. Ils ont du téléphoner d'ici pour avoir plus amples renseignements. Que les choses sont mal faites. Que la nature humaine se moque bien de ceux qui reçoivent une information comme celle ci en pleine figure. La suite m'a échappé. Je sais que nous avons été pris en charge par ton frère et plus tard dans la soirée par ta grande soeur. Marie Laure était là aussi, revenant du lycée. Mais je ne me souviens plus des détails. Trop mal, nous étions trop mal. Ta gentille belle soeur ne m'a pas quitté. Elle a été si gentille avec moi. Ton beau frère a sûrement aidé aussi, mais comment se rappeler de tout cela ? Comment ? Le soir nous avons tous dormi à la maison. Couchés n'importe comment, par terre. Nous étions bien incapables de faire quoi que ce soit et qui a pu manger un peu, s'est assumé seul. Nous sommes d'ailleurs restés plusieurs jours, sans pratiquement rien manger. C'était impossible. Qui pourrait imaginer cela ? 
Qui pourrait penser que cela pourrait lui arriver un jour et avoir un mot pour nous ? Personne. 
Aujourd'hui nous sommes montés au jardin. C'est là que je te retrouve, tu sais. J'ai tant pensé à toi. Je n'ai voulu voir personne. Personne aujourd'hui n'aurait pu répondre à mes attentes. Je n'aurais pas supporter la moindre maladresse. Je me suis protégée. J'ai pensé à toi, ma biche, et malgré mon mal être, j'ai tenté de prendre des photos pour t'en offrir ce soir. Les roses de ton jardin. Je t'aime tant ma Biche. Demain je serai peut être moins mal, je penserai à toi avec plus de douceur. Je ne sais pas. Je t'aime tant ma Nounouche. A très bientôt ma Nounouche. Voici tes jolies fleurs. Tu sais, elles ont beaucoup pris l'eau car il a beaucoup plu. Elles pourraient être plus jolies avec du soleil. 
Je t'aime.





29 août 2005 : Encore une journée difficile. Ce mois ci, tout est revenu, plus que jamais. Ce 27 août, je pensais à toi aussi, en silence, mais je savais bien qu'il y avait 3 ans et 4 mois toujours, que nous aurions du faire une petite fête pour le mariage de ton frère, et qu'à la place nous avons eu droit à un dernier baiser déposé sur ton front. Oh ce 27 août, comme je m'en souviens. Même pas trois petites heures près de toi. C'est tout ce à quoi nous avons eu droit avant de ne plus te voir. Trois petites heures où j'aurais donné ma vie pour que le temps s'arrête pour pouvoir rester près de toi. Tu n'étais plus la même, tu ne me parlais pas, j'essayais de te réchauffer avec ma joue contre ton front mais rien n'y faisait. Mais tu étais là, je pouvais te parler, te dire tous les mots d'amour que j'avais à te dire. Je ne voyais que toi. Plus rien autour ne m'importait. J'étais si bien près de toi, malgré l'horreur qui faisait que tu te trouvais là. Mais tu étais encore visible, toujours aussi belle. Comme j'aimerais revenir à ce jour, où même dans cet état je pouvais te voir, te chérir. Je me serais contentée de cela. Mais maintenant plus rien. Ce 27, juste avant midi on t'a arrachée à nous. Il a fallu se séparer et nous ne t'avons plus jamais revue, au point maintenant d'imaginer la suite...
Aujourd'hui nous sommes le 29, jour d'avril 2002 où nous t'accompagnions pour la dernière fois. C'est le pire que l'on peut imposer à des parents. J'ai du mal, je me demande comment j'ai fait, soutenue par beaucoup, tenant avec des compléments alimentaires car je ne mangeais plus. Qu'il était loin cet endroit... On m'a même proposé de m'y conduire en voiture tant mettre un pied devant l'autre tenait du surhumain. Comment avons nous pu ? Comment ? Je revois tout ce film et j'ai du mal à imaginer comment l'on peut tenir dans ces moments là. La salle était comble, le lieu de ta demeure l'était aussi. Les fleurs tenaient trois emplacements (deux, à côté, étaient encore vides en 2002). Et comme il est dur de revenir, après, pour tout arranger, alors que l'on prend doucement, très doucement, conscience d'où l'on se trouve, et pourquoi. 
Que de temps pour se rendre à l'évidence. Mais je veux te voir ma biche. Je remue ciel et terre pour te voir. Je suis sans cesse au milieu de tes photos. Je ne te verrai jamais assez. J'ai mal Nounouche. Cela ne passera pas, tu sais. Je ne sais pas où je suis bien. Que j'ai mal ma fille. Je t'aime tant.




30 août 2005 : Ma fille, que les jours sont difficiles. Un appartement, celui-ci, que tu connais bien. Nous y emménageons en décembre 1989. Un sapin de Noël au milieu des cartons non déballés encore, mais 4 enfants, bien vivants. Des rires, de la joie du bonheur. Ta petite soeur avait 4 ans seulement, tu en avais 10 de plus. Ta soeur aînée 16 ans et ton frère 12 ans. Nous avons vécu des années dans le bonheur de voir pousser nos enfants. Oh bien sûr, vous étiez déjà grands, mais bien ici, avec nous. 
Ce soir, alors que ta petite soeur vient de s'installer en colocation, je me suis retrouvée hébétée, dans sa chambre, qui était d'ailleurs aussi la tienne, puisque vous la partagiez, avant de partir d'ici, j'ai ressenti un grand vide. Bien sûr, ta petite soeur n'est pas loin, et elle n'a rien subi comme toi, mais je suis restée assommée, en faisant le bilan de ces trois dernières années. Ta grande soeur était déjà partie avant 2002. Mais elle s'est mariée, maman, c'est la vie, la vraie. Puis tu es partie pour tes études. Une partie de tes affaires sont restées ici. Tu n'étais pas proche mais nous nous voyions, trop peu, nous te savions plongée dans tes études. Ton frère est parti en 2000, avec dans notre tête, espoir de retour vers la France. Hélas, il semble bien installé à l'autre bout de la planète où il a fait sa vie. Nous le savons heureux avec notre belle fille, si gentille, mais nous ne les voyons qu'une fois par an, voire même moins souvent. C'est loin, c'est dur, c'est lourd pour notre coeur. Mais il va bien. Une partie de ses affaires sont là. Sa chambre, en partie occupée par des objets qu'il n'a pas emportés et par des affaires t'appartenant, sa présence est là, mais lui est loin. Il vit une vie différente de celle d'ici. La barrière de la langue, la distance, et leur bébé qui naîtra fin octobre et que nous connaîtrons... par internet. Je suis assommée ma biche.
Et toi, toi ma biche, toi à qui je viens confier mes soucis mes angoisses de mère, mon mal être, je suis là. Toi non plus tu n'es plus là, et toutes tes affaires sont ici. De la plus petite à la plus grande. Tout, et pas toi. 
Qu'est devenu cet appartement, sans vie ? Seulement les meubles, les objets. Nos enfants ne sont pas là et tu n'es plus là. Que c'est triste. Je préfèrerais un appartement plus petit, quelques souvenirs auxquels je tiens, et du calme. Je ne me sens plus lieu d'être ici. Que sera l'année prochaine pour ta petite soeur ? 
Nous vivons avec des murs, des souvenirs et des enfants que nous ne voyons que lorsque c'est possible, ou très peu, ou plus du tout. 
Je ne voyais pas la vie ainsi. J'ai tant voulu mes 4 enfants. Je ne sais pas, je ne sais plus.  Je suis perdue ce soir. J'ai du mal ma biche. Je t'aime tu sais. Pourquoi la vie est ainsi ? Ma Nounouche, comme tu me manques.    




1 septembre 2005 : Que le répit est de courte durée ma Biche. Cet après-midi j'étais à peu près "bien", et ce soir, tout remonte à la surface. J'ai touché des affaires à toi. J'ai parlé de toi avec ta petite soeur, et je ne me sens pas bien. Certains me diraient : "jetez ce qui lui a appartenu". Oui, mais ils ne savent pas, ils ne sont pas dans mon cas. Ils n'ont pas de tombe à fleurir; en tous cas pas celle de leur enfant. Ceux qui ont choisi de se séparer des objets ayant appartenu à leur enfant trop vite parti, ont choisi de le faire, et je suis bien loin de les condamner. Chacun réagit comme il peut. On ne choisit pas ses propres réactions, on les subit. Les coups au coeur viennent sans prévenir. On est très mal et toujours revient ce "Pourquoi ?". Je vais nettement plus mal depuis les 30 ans de Véronique. Ma biche, tes "amis" qui t'ont complètement oublié, jusqu'à ton ami qui ne donne plus signe de vie, c'est un coup de poignard que j'ai reçu là. Personne n'a répondu à mon appel pour le 8 juillet. Comment peut on réagir ainsi ? Je ne comprend toujours pas. Trop de choses font que pas une journée ne se passe à peu près bien. C'est le gros trou noir. Je suis au fond. Je n'ai aucune prise pour remonter. Je m'enterre vivante. Le mois de septembre commence comme août a fini. Les dates ne changent rien. Je t'aime ma Nounouche. 
Jamais je ne m'en remettrai. J'ai trop besoin de toi.



13 septembre 2005 : Je t'aime ma Biche, je t'aime tu sais. Jamais je ne te le dirais assez. J'ai l'impression de ne pas être assez près de toi en ce moment. J'accorde peut être plus de temps aux autres, et je culpabilise. Moi seule, où les personnes ayant perdu un enfant doivent comprendre ce que je ressent. C'est trop dur ma biche. 
J'ai peur que ce journal n'efface toutes les autres pages de ton site. Les personnes ne viennent voir que cette page. Ce n'est pas mon but. Je ne sais pas si je vais continuer d'écrire ici, ou écrire dans l'intimité. Je ne sais plus. 
J'essaie de me mettre à la place des autres, des personnes qui ne sont pas dans mon cas. Il y a ceux qui ne m'abandonnent pas, ceux qui sont très touchés d'apprendre une telle horreur, mais qui doivent vivre malgré tout, et qui cache vite cette "histoire", et ceux qui passent vite à un autre sujet ne voulant pas se rendre malade. C'est un peu humain : vouloir vivre simplement. Mais l'homme est égoïste de nos jours. Il ne sait plus "aider", parler dans de telles situations. Il n'a plus de mots. Il fuit ces horreurs pour éviter d'imaginer que cela peut très bien lui arriver. 
Lorsque je suis moins mal, ma biche, c'est simplement que je suis dans le déni. 
Je t'aime trop, tu me manques trop. L'anniversaire de Papa approche, sans toi. Tout sans toi. Est ce possible ? 
Tout ce que l'on fait n'est pas fait de bon coeur, avec entrain. On commence tout, on finit rien. Rien ne nous fait vraiment envie. 
Je t'aime ma fille, je te le répèterai toujours.




19 septembre 2005 : Aujourd'hui tu n'étais pas là ma Biche, ni samedi dernier pour manger un gâteau avec nous. Nous n'avons plus goût à fêter quoi que ce soit. Il faut pourtant survivre. C'est dur, si dur sans toi. Ce soir à la télévision je me suis retrouvée face à des paysages californien, tels que les photos que tu avais pris lors de tes études à Berkeley. Quel coup au coeur. Et c'est notre quotidien désormais. Certains nous croient bien. Il suffit que nous ayons le sourire un jour et pour eux tout va bien. On nous trouve meilleure mine, le visage plus épanoui. Pourtant je m'efforce d'être naturelle, et je ne veux surtout pas que les gens puissent penser que tout va bien. C'est horrible de m'entendre dire cela, surtout pour ceux qui n'ont pas vécu ce que l'on vit. La vie est si dure maintenant. Pourquoi vivre si longtemps ? 
Je t'aime ma Nounouche, comment faire, dis moi, comment ?




22 septembre 2005 : Un 22 de plus ma Biche. Tous les mois, je vois arriver ce 22 et j'appréhende ce jour. Oh, c'est un jour, comme les autres. Tu es tous les jours dans notre coeur et nous pensons tous les jours à toi de la même façon, mais le 22 toute la scène de ton assassinat me vient à l'esprit. Mon regard ne quitte pas la pendule, je regarde et entre 22 heures 30 et 23 heures, tout me revient à l'esprit. J'ai tant de mal le 22. Le 23 se passe de la même façon, jour où nous avons appris l'horreur par les policiers. Je me refuse de faire grand chose ces deux jours, comme si je te trahissais. Qui peut comprendre ? A moins de l'avoir vécu, où d'avoir un coeur en or, on ne peut qu'imaginer ce que cela peut représenter et ne pas me juger sur mon comportement ces deux jours par mois. 
J'ai si peu de relations ma Biche. Tant de personnes ont préféré se protéger. Je comprends que la terre entière ne peut s'arrêter de vivre à chaque évènement, mais un petit coucou, comme j'en ai déjà eu et qui m'ont fait une chaleur immense au coeur, un petit coucou ne prend que peu de temps comparé au bien qu'il peut faire à la personne qui le reçoit. 
Nous avons, nous aurons toujours aussi mal ma Biche. Lorsque je suis moins mal, c'est que je me refuse de croire à la réalité, sinon c'est insupportable, et cela le sera tout le restant de ma vie. J'ai trop de mal à voir les jours défiler sans toi. Trop de mal à voir que toi, tu t'es arrêtée en chemin. Trop de mal à penser que tu ne viendras jamais nous présenter ton futur époux ou compagnon, ton enfant. Je ne le supporte pas. Pas plus que toutes ces mamans et tous ces papas dans notre cas. C'est trop injuste. 
Je t'aime ma Nounouche, ma Véro. 



23 septembre 2005 : Aujourd'hui, nous avons tant pensé à toi ma biche. Nous n'avons pas répondu au téléphone. Je ne voulais pas parler d'autre chose, aujourd'hui. J'ai volontairement laissé sonner ce téléphone. Je ne peux pas les 22 et 23 t'enlever de la conversation. Ce serait trop me demander. Je me suis mise à fond dans la réalisation de la page de ton site "26 ans de vie". Je n'ai fait que la première année. Que c'est dur ma biche. Dur de trouver ce qui c'est passé durant toutes ces années de bonheur. Dur de sélectionner les photos, dur tout simplement. Je vais continuer. Je me suis promis de réaliser une page par an et je le ferais, peu importe ce que cela me coûtera. Il va falloir beaucoup de patience, mais je t'aime, je t'aime tant. 
Bonne nuit ma Biche. 




27 septembre 2005 : J'ai trop mal de toi ma fille. Personne ne pourra comprendre, qui n'a pas vécu le drame d'un enfant perdu, l'assassinat, la justice qui rime avec injustice, les récidivistes, les malades non soignés en liberté, dangereux. Dis moi, ma chérie, ma Nounouche, j'en peux plus ce soir. Aide moi à quitter ce monde, aide moi, donne moi la force de commettre l'irréparable. Tu le sais la vie ne m'a jamais épargnée depuis ma naissance. Je ne suis pas d'ici, ni d'ailleurs, je suis de nulle part. Je n'ai pas de repère, plus de soeur, plus mon premier frère, plus mes parents, plus toi ma biche. Je sais que je ferais du mal à tes soeurs, ton frère, mais, c'est dans l'ordre de la vie de perdre sa maman. Pourquoi continuer de vivre puisque je suis maintenant marginale. Je ne suis pas comme tout le monde, pas comme les mamans qui ont tous leurs enfants, donc je suis exclue. Adieu le petit jardin, j'aurais essayé de trouver un peu de sérénité au milieu des fleurs, te sentant près de moi, dans l'invisible. Adieu la mer, elle m'a trop trahie. Adieu la vie, elle m'a fait trop mal. Adieu la société pourrie. Adieu les grands de ce monde, ces menteurs. Adieu tous ces gens égoïstes, sans coeur. Adieu tes amis qui ne sont pas venus me parler de toi. Adieu ton ami qui m'a fait mal, sans le savoir peut être. Adieu les méchancetés, les maladresses. Je voudrais m'endormir et ne pas me réveiller. Oh je ne crois pas en dieu non plus. S'il existait celui-là, il n'y aurait pas tant de drame. Le paradis, l'enfer, le purgatoire, quel scénario. Il faut avoir perdu un enfant pour réaliser qu'il est impossible d'y croire lorsque l'on apprend que son enfant a été assassiné. Tout m'agresse, tout me donne envie d'assouvir mon désir de vengeance. Je ne peux pas, on m'en empêche. C'est comme si l'on coupait une jambe à quelqu'un qui fait des efforts pour marcher. Je ne pourrais plus jamais vivre normalement. Je ne me sens pas libre. Je suis prisonnière, condamnée à perpétuité. Pourquoi tant souffrir ma fille, tu me comprends toi? Pourquoi n'est il pas monté chez toi ce 22 avril ? Peut être serais tu encore là. Pourquoi les autres continuent de vivre ? Ils auraient pu t'aider plus, au lieu de te laisser en péril. Nous, de notre côté tu ne nous disais pas grand chose. Comment savoir à 5OO kilomètres. J'ai trop mal ma Nounouche. Je ne pourrais pas continuer éternellement, je sais bien que tu ne reviendras plus maintenant, et je suis seule, seule avec mon désespoir, mon désir de vengeance, ma haine qui me ronge. Je n'ai plus rien envie ce soir. Je ne sais à qui parler, alors c'est à toi que je viens me confier. Mais à quoi sert ce journal ? Me vois tu , m'entends tu, me lis tu ? Oh ce n'est pas mieux que le bon dieu. Je ne te verrai plus et je finirai ma vie comme mémé dans d'atroces souffrances psychologiques. Je ne veux pas de cela. Je préfère partir avant. 
Tout me résonne en tête ASSASSINAT , RECIDIVISTE, TUER A BOUT PORTANT, A BOUT TOUCHANT, TEMPERATURE 27 DEGRES, AUTOPSIE, MENSONGES, JUSTICE, EGOÏSME. TROP C'EST TROP. 
J'en peux plus ma fille. A qui parler, et pourquoi. Qui comprend ? 
Je ne supporte plus rien, à quoi bon rester ici. Je vois les gens se réjouir de mon départ. Je vois les journaux noter cela pour allécher les gens heureux. 
J'en ai marre ma fille, marre de cette vie. Je t'aime trop, ma vie ne ressemble plus à rien telle qu'elle est actuellement et sera désormais. 
Sache que je taime.




2 octobre 2005 : Ma Nounouche, j'ai si mal de toi. En ce moment, je retombe si vite. Je me relève à peine que je retombe à nouveau. Plusieurs personnes viennent ici, je pense pour savoir comment nous allons toutes les deux. Je n'arrive plus à répondre au courrier, j'ai trop mal, et quand je peux, je fuis tout pour n'être qu'avec toi dans la nature. J'ai mal, si mal, j'ai envie de leur dire de tenter d'imaginer ce que cela représente, tout ce qui peut me passer par la tête et de me pardonner les non réponses. Je n'y arrive plus. J'essaie de reprendre toutes les photos de toi pour faire les pages de tes 26, presque 27 années de vie, et certaines me rappellent tant de souvenirs. Tu te souviens, pépé Maurice développait et tirait les photos lui-même, alors nous pouvions en faire beaucoup. Il aimait tellement cela. Il avait appris tout seul. C'était sa passion. Mais les photos en couleur ont vieillies et ce n'est pas la qualité que nous avons maintenant. Je voulais te montrer celle ci. Elle est extraite d'un groupe, tu n'as que 6 ans et demi, la photo n'est pas bonne surtout agrandie, mais, comme je vois dans tes yeux, les yeux coquins de ta petite nièce. Cela m'a frappée, je te le dis tout de suite. Cela me fait mal. Comment garder tout cela pour soi ? Je t'aime tant ma biche, si tu savais comme j'ai mal. Personne ne peut se mettre à ma place. Bien d'autres sont aussi mal, je le sais, car ils vivent la même absence. Que c'est dur ma Biche de te savoir... où ? 
Je t'aime. 






14 octobre 2005 : Je viens bavarder avec toi ce soir, ma Biche. Cet après-midi nous sommes montés à ton jardin. J'ai commencé à l'arranger, pour que tu aies plein de fleurs au printemps. Nous avons agrandi ce petit jardin, cela me permet de te mettre encore plus de fleurs. Il faisait encore très chaud cet après-midi, mais les jours deviennent courts, et le soir est frais. 
Je viens t'annoncer que tu es à nouveau "tata" ma biche. Oui ton petit neveu est né. Nous avons eu un coup de téléphone de ton frère en tout début d'après-midi. Il venait juste de naître. Quelle joie et que de peine en pensant tout de suite à toi. Nous avons eu mal Papa et moi. Ce petit bout de chou, adorable sûrement, qui est né à l'autre bout de la planète. Ce petit bout de chou que nous verrons dans plusieurs mois. On ne sait quand, c'est si loin. Et toi qui n'es pas là pour le chérir, pour profiter de cet évènement avec nous. Toi qui ne viendras jamais nous annoncer que tu attends un enfant. Comme j'ai mal ma Biche. Il me manque une partie de moi. Et j'ai honte de ne pas être pleinement heureuse lorsque ton frère, ta grande soeur nous annoncent une naissance. Je suis si heureuse. Tu sais que j'adore les tous petits. Je suis grand-mère quatre fois, et tu n'en connais qu'un seul. Il avait deux ans lorsque tu es partie. La dernière fois que nous t'avons vu était pour l'anniversaire de ton petit neveu. Que c'est dur de voir la vie continuer sans toi. 
Tant et tant de personnes doivent penser que cela nous aide, nous fait avancer, mais un enfant ne remplace jamais un autre. Nous adorons nos petits enfants, mais ils ne combleront jamais ce manque de toi. 
Ils nous renvoient à la réalité, à toi qui n'auras jamais ce bonheur. 
Pardonnes moi ma Biche, je sais que tu ne voudrais pas. Je suis heureuse que ton petit neveu, tout neuf, aille bien, sa maman aussi et ton frère heureux papa. Mais je pense toujours très fort à toi. 
Je t'aime, tu me manques tellement. A très bientôt ma Biche. 




16 octobre 2005 : J'ai trop besoin de toi ce soir. Ton absence me devient de plus en plus insupportable. Je n'ai plus rien envie. Cet après midi, j'étais dans ton petit jardin et je me suis mise à piocher violemment. Il fallait absolument que je frappe. C'est le sol fort heureusement qui a reçu les coups. Les forces se sont multipliées comme à chaque crise de nerfs. Quelle vie ma Biche. Je ne sais plus où je suis, pourquoi je vis, malgré la naissance de ton petit neveu, je ne suis pas mieux. Il est si loin et tous nos "plaisirs" sont voilés. J'ai trop mal de te savoir hors de notre présence, hors de notre vue. Je voudrais descendre au bord de la mer, et lorsque j'y serai je crois que j'aurai envie de remonter. Je ne trouve plus aucun endroit où je sois bien. La vie défile devant moi, je la voie mais je suis absente, absente de tout, hors de ce monde cruel. Je suis restée sur un quai de gare, je erre sans savoir où aller. La vie ça sert à quoi ma Biche ? On naît, on vit ou plutôt on survie et l'on part sans de regrets de la part du genre humain. La page se tourne si vite. Les gens se dérangent à des funérailles pour faire bien, pour faire leur B.A , pour en profiter pour discuter avec le voisin. Le respect ne fait plus partie de ce monde. J'ai mal ma Biche. Je glisse depuis tes 30 ans. Personne n'a pensé à toi, je ne l'ai pas supporté et depuis, je n'ai plus envie de rien. Je suis mal, j'ai mal, mal , mal , mal, mal, mal, mal de toi. Dis moi que ce n'ai pas vrai, j'ai trop mal ma Biche. Je t'aime tant. Je veux te voir heureuse avec des enfants. Je n'accepterai jamais que l'on t'ai volé ta vie. J'ai mal ma Véro, Dis moi, je ne sais plus que faire. 
Je t'aime.



22 octobre 2005 : J'ai pleuré toute la journée, ma Biche, aujourd'hui. J'avais trop mal. 3 ans et demi que tu es partie. 3 ans et demi de galère, sans toi. Je ne sais que dire ce soir. J'ai mal. Plus le temps passe et pire c'est. Je voudrais tant partir avec toi au bord de la mer. Ce lieu m'apaise un petit peu. Cela me permettrait de survivre. Ici je vis dans l'angoisse en permanence, principalement en hiver. Tu me connais. 
Demain, ta petite soeur a 20 ans, et je ne sais même pas comment cela va se passer. Les petits de ta grande soeur sont encore malades, et nous ne les verrons encore pas. 
Quelle vie ? Tu sais ce que je pense, ma Biche : il me faudrait un été permanent. Tout me perturbe, m'agresse. Je n'en peux plus. Je t'aime tant, tu me manques. J'ai mal.




3 novembre 2005 : Ce soir, ma Biche, je refais la première page de ton site. J'y ajoute des gentillesses que l'on m'a offert. Et je lis, malgré moi, quelques pages annoncées sur cet index. J'ai mal ma Biche. Je prends conscience de la réalité et je prends un coup de poignard en plein coeur. Je me voile la face, tu le sais. Je fais comme si tu étais toujours ailleurs, à travailler, mais je me retrouve ici, je lis tout ce que j'ai pu écrire, et je me pose la question de savoir si c'est bien moi qui ait écrit cela, si c'est bien de toi dont je parle. Non, ce n'est pas possible. Je crois que lorsque je fais une page, je pense à toi, mais j'occulte la réalité, et plus tard, lorsque je viens qu'à lire ces pages, je me rends compte de l'horreur de cette réalité, et j'ai envie de fuir. Je me dis que non ce n'est pas vrai, non personne n'est à ma place, non je ne peux pas faire comme si. J'ai trop mal ma Biche, je ne suis pas normale, tout est faussé, plus rien n'est comme avant. Mes réactions sont différentes, je change très rapidement. Je ne suis plus en état de me comporter comme tout le monde. Je t'aime ma Nounouche. Dis moi que c'est un cauchemar. Cela fait 2 ans et 8 mois que je t'écris ici... sans réponse.



14 novembre 2005 : Vérooooooooooooooooooooooooooooooooooooo 

Je t'écris pour ne pas pleurer 
Peut être mes mots sont maladroits
C'est difficile d'oublier
Je ne sais pas vivre sans toi
A quoi ça sert...
Sans toi, la vie s'en va

Si, je pleure, oui je pleure ma fille, ma Biche, ma Nounouche. J'ai trop mal. Je ne peux vivre sans toi. Qui peut comprendre ? Tout s'effondre, je n'ai plus rien envie. Je n'arrive plus à parler, plus à sourire, plus à vivre. Pourquoi dois je vivre ce calvaire ? Pardonne moi ma Biche, je me sens trop seule avec mes sentiments. Je me demande ce qui me pousse à ne pas lâcher prise, je ne sais pas. Tout se découd, tout s'en va. 
J'en veux trop à la vie, à tout, à tous ceux qui ne font pas un geste.
Je ne veux plus rien. Je ne suis plus capable de parler, de dire un mot, de faire quoi que ce soit. 
Ma biche, écoutes moi, j'ai trop mal.



 
22 novembre 2005 : Ma Véro, 3 ans et 7 mois ce soir. Que te dire sinon que la souffrance et la haine sont toujours aussi présentes. J'ai toujours aussi mal. La perte de son enfant est une "maladie" dont on ne guérit jamais. 
Je réfléchis à cette vie vide de sens, vide de trop de choses et je pense à ces citations, ces proverbes qui en disent longs
Charles Beaudelaire a dit : L'amour est une rose. Chaque pétale une illusion, chaque épine, une réalité. 
Ma vie est parsemée d'épines.
Il a aussi dit : Le mal se fait sans effort, naturellement, par fatalité. Le bien est toujours le produit d'un art.
C'est tellement vrai. 
Victor Hugo que j'ai toujours aimé a écrit : Le bonheur est vide, le malheur est plein.
Et Alfred de Musset qui dit : Blessures du coeur, votre trace est amère. Promptes à vous ouvrir, lentes à vous fermer.
Ma blessure est toujours à vif, elle se fermera jamais, car je ne peux pas vivre sans toi. 
J'ai mal ma fille. Je n'y crois toujours pas. 



23 novembre 2005 : Ma Biche, ma Nounouche, l'hiver est là. Il fait froid, comme sur moi. J'ai froid dedans, j'ai froid dehors, mon corps est glacé, comme le tien ma Biche. Je ne suis plus rien. Je ne vois plus rien. J'ai mal. Je suis allée te porter des noix et des chocolats. Mais ce n'est pas là bas que je voulais aller. Ce n'est pas possible ma Nounouche. Peux tu m'aider, m'entends tu ? J'ai honte de moi, toi qui est si forte. Tu l'es toujours ma fille. Oui, car tu es TOUJOURS LA. 
Je t'aime tant.




2 décembre 2005 : Aujourd'hui mon coeur est à l'image du temps. Sombre, gris. 
Il pleure dans mon coeur comme il pleut sur la ville...

L'hiver n'aide pas ma Biche. Je suis triste ce soir. J'ai l'impression que tu es oubliée de certains, que la vie continue pour beaucoup, et c'est normal, mais que de pensées pour toi, il y en a trop peu, de la part de personnes t'ayant connu de très près. 
Cela me fait terriblement mal. 
Le 30 novembre, c'était un anniversaire. Un triste anniversaire. Mémé nous quittait l'an dernier. Elle obtenait enfin la sérénité. Elle qui a tant souffert. Elle t'aimait tant aussi. 
Ton petit jardin attend le printemps. Il dort en attendant que la nature renaisse et que les fleurs sortent pour que ton petit jardin renaisse. Mais toi, tu me manques ma Biche. 
C'est dur, dur. Et encore plus en cette période de l'année.
Je T'aime ma fille, ma Nounouche.



23 décembre 2005 : J'ai le coeur à l'envers ma Nounouche, aujourd'hui, tu sais pourquoi. Je voulais faire tant de choses, téléphoner, écrire à certains car c'est Noël, mais je n'ai pas le coeur à le faire, je n'arrive pas. Je me sens lasse. Je ne voudrais qu'être seule, seule avec toi ce temps des "fêtes". Il y a 3 ans et 8 mois nous apprenions ton départ. C'est trop dur. 
Je t'aime.




2 janvier 2006 : L'année 2005 est terminée. Ces moments de "fêtes" sont difficiles sans toi ma Biche. Une nouvelle année sans toi commence. Mon coeur est lourd. J'ai mal. Tes amis que tu aimais tant semblent t'avoir oubliée, où tout au moins, ils et elles ne se manifestent pas. Cela fait très mal. Tes petits neveux et nièce grandissent sans toi. C'est difficile. Tu les aimerais tant. Tu aurais toi aussi peut être un enfant que nous aimerions tant aussi. La vie est si cruelle ma Biche. J'ai trop de mal à croire. Dis moi encore que ce n'est qu'un cauchemar. Dis moi ma Biche. 
Je t'aime tant. 




22 janvier 2006 : Je viens parler un peu avec toi ma Nounouche. Tu sais je suis fatiguée. Ces jours derniers n'ont pas été facile et aujourd'hui nous sommes le 22. Ton jour, ma Biche, ton horrible jour ce soir. Je pense à toi. Je ne cesse de penser à toi. Pépé André nous a quittés jeudi dernier, le 19, en pleine nuit. Cela a été si rapide. Il avait été fatigué cet été mais qui pouvait savoir que ce mal allait revenir si vite et le terrasser en moins de 17 heures. On ne comprend pas toujours la vie tu sais. Pépé n'a pas eu le temps de souffrir et c'est bien pour lui. Nous l'avons accompagné hier, et tu étais avec nous tu sais. J'ai porté ton tee shirt. Ta petite soeur a déposé quatre roses pour nos quatre enfants. Tu sais ma Biche, où que nous soyons, tu es avec nous. 
J'ai mal ma Biche. Cette saison ne me plait pas. Je voudrais être au calme, mais c'est si dur. 
Je t'aime tant tu sais. 




23 janvier 2006 : Oui 23 janvier, mais il est juste 1 heure du matin. Je n'ai pas sommeil, pas envie de dormir. J'en ai assez de cette vie. Aide moi ma Biche. Cela fait déjà longtemps que je voudrais ne plus voir personne et malgré mon retrait de la société des agressions arrivent à moi. Pourquoi ? J'en ai assez. Je ne crois plus ceux qui me disent penser à toi sans le manifester. Qu'ils fassent leur vie et s'écartent de mon chemin. Je n'arrive pas à assumer ce comportement. Je suis mal ma Biche, mal. Ils ne comprendront jamais, jamais. Ils ne savent pas ce que c'est. Ils vivent, ce n'est pas leur enfant. J'en ai assez ma Nounouche. Dis moi que faire. Que faire sans toi ? Que faire au milieu de ces gens qui me pourrissent ma survie. 
Je ne vis plus ma Biche , on m'étouffe.
Je veux fuir, partir loin, ne plus voir personne. Assez , assez je n'en peux plus. 
Nounouche , que faire, répond moi. J'ai trop mal. 
Je t'aime je t'aime tant, et tous ces gens qui me font mal, comment les chasser de ma vie pour survivre en paix avec toi ? 
J'ai trop mal ma Nounouche. Je t'aime tant.  




30 janvier 2006 : Ce mois de janvier arrive à sa fin, ma biche, mais le printemps n'est pas là encore et mon coeur est bien souvent lourd. Pépé est parti et il y a toujours des papiers à faire dans de telles circonstances. La vie est difficile ma Nounouche. Bientôt ce sera ta fête, et le téléphone restera encore muet. C'est dur ma Biche.
Il faut faire face, mais tu nous manques tant. 
Je t'aime ma Biche, je t'aime tant.



11 février 2006 : Je viens parler ce soir avec toi ma Nounouche. Voilà, c'est mon anniversaire, et tu ne seras pas là pour me dire "bon anniversaire", pour m'embrasser surtout, pour m'offrir un petit quelque chose que tu auras confectionné de tes propres mains. C'est dur ma Biche de te savoir loin de moi. Tu es toujours près de moi, dans mon coeur, mais ta présence physique me manque tellement. 
Nous allons aller chez ta grande soeur, afin de manger une part de gâteau, en pensant à toi. J'aime mes quatre enfants tu sais ma Biche, et je dois sourire pour essayer de ne pas les rendre plus malheureux qu'ils ne le sont, car ils ont mal eux aussi, et ils doivent "avancer" pour leur petite famille. C'est difficile tout cela ma Nounouche. Tu me comprends j'en suis sûre. J'ai mal tu sais.
Regarde ce que j'ai reçu, regarde comme c'est gentil.

Ce bouquet de fleurs



Et ce cadeau qui vient du coeur aussi.



Tu vois je ne suis pas oubliée. On me prend la main si gentiment. 
J'ai mal pour toi ma Nounouche. Pourquoi t'a t on pris ta vie? Ils n'avaient pas le droit. 
Je t'aime ma Biche. 




22 février 2006 : A l'heure qu'il est tu travaillais au labo il y a 3 ans et 10 mois, puis dans la soirée tu étais heureuse de fêter le départ de collègues, puis ce fut le drame en arrivant chez toi. Pourquoi, je ne sais toujours pas pourquoi cet assassin a été laissé sans soins, puisqu'il avait déjà fait une tentative d'homicide avec arme à feu. Pourquoi l'avoir laissé sans soins, pourquoi avoir payé de ta vie la négligence de certains ?? Je ne pardonnerai jamais. Jamais je n'accepterai ce crime, cette vie gâchée pour toi et pour nous parce que des "grands" dans ce pays se moquent de tout cela. J'ai mal ma Biche, mal tous les jours, ma haine va grandissante. Je me demande comment je pourrais faire pour  survivre à ce drame dont les responsables dorment en paix. Je leur en veux tant. 
Je t'aime ma Biche, je t'aime tant.




8 mars 2006 : Aujourd'hui je suis au fond ma Biche. Je te parle, m'entends tu seulement, ou bien est ce que je parle dans le vent ? Où es tu ? Je ne supporte plus cette vie de triste solitude, cette vie où tu n'es plus là et où les personnes qui t'ont connue ne font pas un geste, n'ont pas un mot qui pourrait nous laisser penser qu'ils ont une pensée pour toi. Ils n'imaginent pas le mal qu'ils nous font. Non, ils vivent dans leur monde avec leurs projets d'avenir, leur quotidien, bien ou moins bien mais sans ce fardeau beaucoup trop lourd que je porte sur mes épaules. 
Quel intérêt de vivre ? Quel intérêt de mourir ? Ne m'a t on pas dit tout au début de ta disparition que j'étais une mauvaise mère qui faisait souffrir ses autres enfants en leur infligeant ma souffrance ? On m'a dit que je devrais penser à l'avenir et "bichonner" mes autres enfants et petits enfants au lieu de me lamenter. Mais cette personne, et bien d'autres qui n'ont pas fait mieux, ont ils vécu ce que je vis ? Ont ils ce trou béant en plein coeur, ce trou qui ne se refermera jamais ? Comment oser leur souhaiter du mal, pourtant j'aimerais tant qu'ils ressentent un moment ce que je ressens, suffisamment longtemps pour en avoir assez de la vie, être écoeuré, dégoûté, avoir envie de tout foutre en l'air. Se retrouver seule parce qu'on ne parle pas de joies, de loisirs, parce qu'on a le vague à l'âme, parce que la vie a été plus que cruelle avec moi, avec nous. Parce que la société se fiche de tout ce qui peut se passer dans ce monde de fous. Parce que les gens sont égoïstes, parce qu'ils ne pensent qu'à leur petit confort et qu'il ne faut surtout pas leur montrer du doigt que tout peut arriver à n'importe qui et à n'importe quel moment. Il faudrait que je les plaigne alors que je ne vois pas qui est venu me "bichonner", m'alléger, partager ma peine, essayer de me parler de toi ma Biche. Tout le monde a fuit. Cette fuite a été une deuxième disparition. Cela est comparable à un journaliste qui filmerait la mort en direct, comme cela a déjà été fait. Les journalistes sont notre entourage, et la mort en direct, c'est moi, c'est nous. Je ne supporte plus. J'essaie de me protéger en ne voyant plus personne, mais la solitude me pèse trop. Je n'en peux plus. Je n'arriverai pas à vivre ainsi longtemps. 
Je ne supporte plus d'entendre parler des bobos des autres. Je sais ils ne connaissent pas le reste, donc ils gémissent. Mais savent ils à qui ils s'adressent ? Je leur donne ma place, mais l'échange n'est pas faisable ni voulu de leur part et cela clos toute conversation. Je n'en peux plus ma biche, si tu es là, si seulement je peux croire à je ne sais quoi. Si seulement je peux croire qu'il reste quelque chose de toi dans l'air que je respire. Je n'ai plus goût à rien. Je voudrais partir sans laisser d'adresse, mais je sais que je ne ferais pas de tort à grand monde. Qui se soucierait de moi ? 
Ma Biche, quel gâchis que cette vie. J'ai trop mal aujourd'hui et si tu savais ce qui a déclenché cela ? ....
Je t'aime, je t'aime tant ma Véro.




19 mars 2006 : Ma Nounouche, quand plus rien ne va, quand le cratère s'ouvre sous mes pieds, quand je coule à pic, c'est toi que je viens chercher à mon secours, peut être parce que je sais que tu ne vas pas me contredire, peut être parce que tu vas comprendre mieux que quiconque, peut être parce que je ne sais plus si tu m'entends ou pas, si mes paroles s'envolent dans le vent, sans t'atteindre. Où es tu ma Biche ? Je ne sais plus où ni avec qui je suis bien. Je ne sais plus ce qui me ferait " " " " plaisir " " " . Je sais une chose c'est que je ne supporte plus rien, tout m'agresse. Personne, même les plus proches ne peuvent se mettre à ma place, chacun a sa douleur, son ressenti. Je n'ai jamais été bien forte, je suis née, comme on dit, sous une mauvaise étoile. Je n'ai plus envie de parler, plus envie d'écrire, car j'ai trop le sentiment de répéter la même chose. Je n'ai plus envie de sortir, pour voir quoi ? Je ne sais plus ce que j'attends des autres, car le moindre faux pas me rend malade, m'agresse et je suis devenue méchante, ou alors je ne dis rien, mais dans les deux cas, je suis atteinte au plus profond de moi. Tout est mort au fond de moi. Je ne réagis pas comme je le devrais je pense, mais je pense que beaucoup m'ont usée et que je ne serais pas comme je suis si cela avait été autrement après que tu sois partie. Personne n'aurait changé la "vie" mais un mot, un simple mot, un geste, pas de jugement pas de reproche auraient fait que je ne me serais peut être pas enfoncée. Je ne le sais pas. Ce n'est pas ce que j'ai vécu. 
Mais peut importe, ils n'ont pas de mes nouvelles et quand bien même que veux tu que cela leur fasse ? Chacun sa vie tu sais. J'arrive à penser le mal pour certains. C'est innommable ce que je dis mais tu sais lorsque l'on souffre trop et que l'on sent certains en partie responsables de cet effondrement, comment ne pas vouloir les voir dans le même état afin de constater leur désarroi, et les voir s'apercevoir qu'ils ont été méchants. Comment vivre lorsque tout s'effondre autour de soi. Ici ou ailleurs, le soleil ou la pluie, le beau temps ou le froid, les fleurs ou pas, plus rien ne m'intéresse . J'ai l'impression d'avoir essayé, mais je n'y suis pas arrivée. D'autres y arrivent mieux. C'est aussi bien pour eux, mais je ne suis pas forte. 
Je pleure plus qu'avant, cela vient de loin, ces larmes sont si profondes, mais ne m'apaisent pas. 
Tu sais IL m'a parlé de l'endroit où tu aurais du partir après ta thèse, l'endroit où tu étais aux Etats Unis lors de ta maîtrise, me disant qu'il y partait, faire ce que tu devais faire, et j'ai compris qu'il était content d'y aller car le paysage était beau. Peut être ai-je mal compris, mais s'il savait comme cela m'a fait mal. C'est si dur de savoir que toi tu ne peux pas le faire et s'entendre dire que cet endroit est vraiment beau. Oui, c'est sûr qu'il est beau cet endroit, mais en a t il entendu parler avant toi ? N'est ce pas toi qui le lui a fait connaître en lui en en parlant. Pardonnes moi ma Biche, je prends tout mal. Pourquoi me remuer le couteau dans la plaie ? Pourquoi me faire toucher du doigt et du coeur surtout, ce que tu ne peux plus faire ? Tant mieux pour les autres, ils ont leur vie à mener, mais qu'ils évitent de me faire du mal en me disant de telles choses. Ils ne se rendent pas compte. Ils VIVENT. Moi non. Toi encore moins. Mais je comprends sûrement tout mal.
Je me revois ces jours ci, avec toi, lors de notre dernière sortie ensemble, une sortie en ville pour faire des achats pour un évènement si heureux où tu n'as pas assisté et qui a perdu sa saveur. Je me revois avec toi et ta petite soeur, arpentant les rues piétonnes, entrant dans les boutiques. Tu étais soucieuse ce jour là, mais tu étais là. Tu as voulu entrer dans une boutique de petites perles, tu faisais des bagues et des colliers à cette période. Tu as acheté une petite girafe pour la mettre en pendentif, en me disant en riant, quelque chose comme " je suis une vraie gamine ". Si tu savais que cette petite girafe est à ton cou sur la photo dans notre chambre. 
C'était début avril 2002. Je te vois, je te revois dans cette rue. J'ai trop mal de penser que c'est la dernière fois. 
Dis moi, comment les gens peuvent imaginer tout cela ? C'est impossible. Ils ne doivent pas penser que presque 4 ans après on puisse être comme je suis. Je crois que les gens pensent qu'avec le temps... Non, avec le temps, tout devient plus profond. Nous ne sommes plus assommés comme aux premiers jours, mais je prends conscience que ce départ est sans retour possible, et je me sens de plus en plus fatiguée. Je sens que j'ai de moins en moins le goût de faire quelque chose. 
J'ai si mal ma fille. Comment est ce possible ? Je me heurte à des murs qui ne veulent pas comprendre et me dire que oui j'ai mal et qu'ils vont me donner la main pour faire un bout de chemin. C'est trop tard maintenant. Le temps a passé, je suis aigrie, je ne suis plus la même. A quoi bon parler de toi aux autres, tu m'appartiens désormais, et les gens ne valent pas la peine qu'on leur fassent part de notre malheur. Ils ne savent pas s'y prendre pour mettre un peu de baume sur mon coeur. Je sens comme un aimant qui attire les gens loin de moi. J'ai mal ma fille, je compte mes enfants, et je n'ai jamais le bon nombre. Je cherche désespérément ce que la vie ne me redonnera jamais.
Je t'aime ma Véro. Dis moi que c'est un cauchemar. Je n'arrive pas, je t'aime tant. 
Regarde ma biche comme tu étais belle, il y a 30 ans, il y a 20 ans, il y a 10 ans. Cela me fait trop mal de savoir qu'il n'y aura jamais plus de photo de toi, que ta vie s'est arrêtée. 

Le 22 avril 1976...
Plus que 26 ans à vivre...

En mars 1986 

En été 1996




22 mars 2006 : Ma Biche, il est 22h30 et je t'écris avant de vite fermer l'ordinateur comme par peur de regarder l'heure, cette heure que je sens, que je vois, qui m'arrache le coeur tous les 22 de chaque mois. Aujourd'hui j'ai essayé d'être occupée, non pas pour ne pas penser à toi, ce n'est pas possible, mais pour tenir, pour ne pas te décevoir. Je t'aime ma Biche. Dors bien ma Nounouche. Je veille sur toi, tu veilles sur nous. Je t'aime ma fille. Demain est un autre jour, un jour difficile, très difficile. 
Je t'aime tant, tu me manques tellement.



7 avril 2006 : Aujourd'hui, nous étions avec toi ma Biche. Nous sommes allés dans un village où quelqu'un t'a amenée. Ta photo, prise sur ce sentier, en main, nous t'avons cherchée. Nous avons tout examiné sur cette photo, les moindres indices nous permettant de te retrouver, de trouver le lieu même d'où cette photo avait été figée. Le soleil sur ton visage, les détails des pins qui t'entouraient. Nous avons tout envisagé pour retrouver ce coin précis où tu as posé pour cette photo bien méritée, pour te retrouver Ma Biche. Nous avons exploré cette petite forêt, revenant sur nos pas, pour ne rien oublier. Nous ne savons pas exactement où tu étais, mais nous savons que nous marchions sur tes pas. Ta photo contre nous. Tu nous a guidés, toute cette journée. Avec nous tu as marché.
Je t'aime ma Fille.



22 avril 2006 : Il est 19 heures. Il y a quatre ans, le 22 avril 2002, tu es en train de finir ton travail, un pot de l'amitié se prépare au labo. Vous riez, vous parlez, vous étes heureux. Tout le monde ressortira vivant et content de cette petite soirée apéritif.
A cette heure là, je savoure encore ta présence même si je ne suis pas près de toi. Je me dis que tu es encore présente. J'ai mal en voyant l'heure tourner.
Je t'aime ma Biche. Pourquoi, pourquoi toi ? 



22 avril 2006 : Il est plus de 22 heures, en 2002, vous êtes encore ensemble, sur le point de vous quitter. Encore heureuse ma Biche. Si quiconque avait su ... Tu es encore là à cette heure, tu es heureuse. Les images le témoignent. De mauvaise qualité car j'ai voulu cacher les visages et que ce sont des photos prises sur le vif. Mais si précieuse. Tu vivais tes dernières heures.
Je n'arrive pas à y croire ma Biche. Regarde, tu te souviens.
Je t'aime, je t'aime tant.

Ce pull rayé que tu portais. Ce pull que nous n'avons jamais revu. Confisqué par la police, brûlé, ne nous laissant rien que tu aies porté ce soir là. Nous laissant le coeur à vif.



22 avril 2006 : 22 heures 30, environ, presque 23 heures, en 2002, pas de témoin, j'imagine l'horrible scène. Ton ami te laisse au pied de l'immeuble. Tu as tes clés à la main. Tu regardes ta boîte à lettres. Tu gravis les 5 étages à pied. Tu n'as rien constaté d'anormal. Ton copain s'en va. Tu es seule, seule dans cette cage d'escalier, ton courrier et tes clés à la main. Tes voisins doivent être devant leur télévision, pour certains. Tu passes la porte palière, et là tout se brouille dans ma tête. As tu vu ? As tu eu peur ? As tu ouvert la bouche pour parler. Personne n'a rien entendu d'après la presse. Tu te trouves maintenant face à la porte d'entrée de ton petit studio. Tu as les clés à la main, mais tu n'as pas le temps. Sans un bruit, une balle vient t'atteindre derrière la tête. L'assassin n'est autre que ton voisin de palier. Cet homme que tu ne connais pas. Un bonjour, un bonsoir depuis un an, par politesse, c'est tout. 
Te rends tu compte ? Personne ne pourra nous le dire. As tu mal ? Personne ne peut nous le dire. Pas de témoin. Tu es face à un tueur, face à un malade laissé en liberté, sans soins. Tu tombes. Les voisins entendent du bruit, mais sans plus.  Es tu encore consciente? Essaies tu d'appeler, de crier ? 
Que de questions qui me torturent. Tu recevras ensuite deux balles à bout touchant en plein coeur. Ta vie ici s'achève, seule, sur un palier, face à un tueur. 
Ta soirée était agréable. Pourquoi, pourquoi s'est elle finie comme cela ?
Ils estiment que tu es partie entre 22h30 et 23h00. Peu importe l'heure. Tu vas passer maintenant la nuit seule, couchée sur le palier, sans vie, perdant ton sang, sans personne à tes côtés.
C'est horrible ma Biche.
Comment est ce possible ? 
Comment ne pas avoir de la haine ? 
Je t'aime trop pour y croire. 
Demain sera la fête de Papa, mais il ne la fêtera plus jamais.
Ce serait fêter ton départ.
Je t'aime, jamais je ne cesserai de t'aimer. 



23 avril 2006 : Tu as passé toute la nuit, gisant devant ta porte sans que personne ne le sache. C'était hier, c'était en 2002. Je ne sais vers quelle heure, après un coup de téléphone resté sans réponse, il passe te prendre, anxieux, pour monter au labo. Porte palière non accessible, il appelle police, pompiers qui arrivent et la découverte est horrible. Nous ne savions pas, ici. C'était la fête de ton Papa. Dans la matinée nous apportions des photos à faire refaire, pour toi. Nous étions encore heureux, nous, car non informés encore. 
J'imagine la scène ma Biche et j'ai mal. Je n'étais pas près de toi.
Je t'aime.



 
23 avril 2006 : Les yeux rivés sur la pendule, je revis heure par heure ce qui a bien pu se passer, il y a 4 ans, c'était hier. 11h30, la police, médecin, pompiers ont fini leur travail. Bientôt midi. Tu vas quitter définitivement ce petit nid que tu aimais tant.
Au grand jour, devant les badauds, la presse ne se prive pas. Tu t'éloignes...
Le pire ... tu es précédée de ton tueur qui s'est donné la mort. 
Horrible photo, qui a attiré l'oeil de personnes sans scrupule. 
La vie est injuste. Le marché des "faits divers" est là. 
Le coeur de certains est de pierre.
Nous aurons toujours bien du mal à supporter cette photo en plein journal.
Tu es dans mon coeur ma Biche. 






23 avril 2006 : Il est 14 heures, c'était il y a tout juste 4 ans. La sonnette de la porte retentit. La police est là...
Le sol se dérobe sous nos pieds. Notre vie bascule définitivement. 
Plus rien ne sera comme avant.
Je n'arrive plus à en dire d'avantage. 
Assommés, les robots que nous sommes continuent d'avancer, changeant d'avis, ne sachant pas ce qui est le mieux. 
Nous sommes désormais atteint par un mal inguérissable.
Personne ne pourra nous trouver une solution
Il n'y en a pas
La vie est trop injuste
Le monde est trop cruel
L'homme est égoïste, méchant, ne se souciant pas des fléaux sociaux.
J'ai mal ma Biche.



7 mai 2006 : Dures journées que celles qui sont passées ma Biche. Après le 23 il y a eu le 27 puis le 29 et le 30 où tu n'étais pas avec nous. Dur, dur, très dur, trop dur cette année. Encore plus que d'habitude. Nous ne sommes plus les mêmes tu sais. Mais comment le faire comprendre ? Ce n'est pas grave, je te parle ici et surtout tous les jours, je pense à toi et avec ta photo je revois les bons moments. 
Tu sais je ne veux plus dire que ça ne va pas, je ne veux pas dire que ça va non plus. Je n'ai plus envie de dire grand chose, d'ailleurs la vie est monotone. Personne ne peut ressentir pour toi ce que nous ressentons. Tu es à nous avant tout. 
Ne m'en veux pas de dire cela. C'est vrai, qui peut avoir mal comme nous pour toi ? Beaucoup d'autres parents sont malheureusement dans le même cas. La vie est si injuste.
Nous avons reçu ton diplôme cette semaine. Regarde, c'est le fruit de ton travail. Ce qui t'appartient est "sacré" et tout est là. Jamais je ne m'en séparerai.
Je t'aime ma Biche.



8 mai 2006 : Ma Biche, je suis au fond une fois de plus. Si seulement je pouvais y rester tout à fait. Je ne comprends plus rien. Je ne me comprends pas. Pourquoi je fais ce site, je ne comprends pas non plus. Pour faire profiter les autres de mon malheur ? Je ne veux pas être plainte, je ne veux pas que l'on me dise "je comprends", on ne peut pas si on ne l'a pas vécu. J'ai plein de mauvaises idées en tête. Je me sens terriblement seule, et en même temps je ne veux voir personne. Tout se contredit dans ma tête. J'ai mal, moralement à en "crever", mal physiquement car mon corps réagit comme il peut. Je ne supporte plus rien. Tout m'énerve si tu savais. J'aimerais être ailleurs. Je ne supporte pas de voir les gens vivre autour de moi. J'en ai assez. Tout va mal. M'entends tu seulement ? Tu sais le Bon Dieu je n'y crois pas, c'est comme la politique. C'est du cinéma. Alors où es tu, sinon dans ce lieu que je bannis, où je sais par contre que tu es, mais comment ? Qui peut imaginer cela ? A moins de l'avoir vécu. 
Je voudrais que l'on n'entende plus parler de moi, plus jamais, portée disparue. 
Oh , ma Biche, pardonnes moi je suis si mal. Je me demande ce que je fais là.
Je t'aime. Pourquoi s'acharner comme cela sur moi. Pourquoi cette vie qui ne m'a sourit que le temps de l'enfance de mes enfants ? 
Je t'aime tant.



23 mai 2006 : Ma Nounouche, comme c'est dur de passer ces deux dates, le 22 et le 23. Malgré la télévision hier soir, l'heure me hantait. Aujourd'hui je me suis occupée, je t'ai fait une petite création pour te dire à quel point tu nous manques, à quel point il est difficile d'imaginer ce qu'est la vérité. Je vais à ta dernière demeure et mes yeux restent figés sur ta photo, où tu es belle et souriante. Je ne veux pas voir le reste. Je ne veux pas m'imaginer la vérité. Tu es toujours avec moi, où que j'aille, mais je suis devenue solitaire. La moindre petite "agression" me met dans des états lamentables. Je ne supporte plus la vie sans coeur, la vie d'aujourd'hui, où tout le monde court, se plaint pour un rien, où tout le monde n'est jamais content. Comme je donnerais ma place. Bientôt la fête des mères et tu vas me manquer, comme tous les jours. J'aime tout autant tes soeurs et ton frère, mais personne ne remplace personne. Un coeur de mère ne se refait pas. On aime pour les enfants que l'on a mis au monde, on aime pour les enfants qui sont les nôtres, que l'on éduque, et on a de l'amour pour tous. C'est si dur ma Biche.
Je t'aime tant. Comment se résigner ?








26 mai 2006 : Ma Nounouche, je suis en train de "travailler" sur ton site, ton chez toi. Je suis en train de masquer les visages de tes camarades de classe pour pouvoir mettre les photos sur le site. J'ai mal tu sais. Je vois tous ces visages connus, tous ces visages qui pour la plupart n'ont pas réagi à ton départ. Je sais je n'en suis qu'aux photos de maternelle, mais déjà trop de visages connus, trop de personnes qui ont sûrement dû le savoir et qui n'ont rien dit. J'ai mal ma Biche. comment peut-on ? 
Je t'aime tu sais, tu me manques chaque jour un peu plus.



11 juin 2006 : Comme j'ai mal de toi, ma biche. Nous traversons une période très difficile, Papa et moi. Tu étais notre moteur, comme tes soeurs et ton frère, et il nous manque ta présence. C'est de plus en plus douloureux à supporter. Hier soir, ta petite soeur nous avait invités à aller regarder un spectacle de plein air, un spectacle gratuit, tout près de la maison, spectacle de trapèze aérien. Nous étions assis ensemble dans l'herbe, pour regarder ce beau spectacle. Mais, ma Biche, c'était la première fois que je "sortais" depuis ton départ, et cela a été très dur. Je n'ai pas pu applaudir, c'était trop me demander. J'ai regardé, l'esprit avec toi, en permanence. Ta voix était là, je te sentais assise près de nous, comme si tu avais été réellement là. Je t'entendais t'exclamer, rire, j'entendais le son de ta voix, tes expressions habituelles, tes remarques bien à toi, ta façon de parler. Je n'osais pas me retourner, sachant très bien que tu n'étais pas là, mais tu ne m'as pas quittée de la soirée. 
Merci ma Biche d'être venue avec moi. Je devrais peut être ressortir si l'occasion se présente à nouveau, pour te sentir si proche. C'était si bon de t'entendre, et cela me faisait si mal en même temps. Fort heureusement la musique ne m'a pas portée à pleurer, car j'étais si meurtrie au fond de moi.
Je t'aime ma Biche. Merci ma Nounouche. Que ferais je sans toi, sans ta voix pour t'entendre encore et encore comme si ...




19 juin 2006 : Je suis au fond du gouffre, une fois de plus. Tu es plus forte que moi, ma Biche, et tu savais te défendre, tu savais prendre les décisions qui s'imposaient. Tu avais raison. Je suis très mal. Je me suis toujours demandée ce que je faisais sur cette terre qui ne m'a apporté que douleur et sacrifice. Mes belles années, je les ai vécues lorsque vous étiez petits, mais voilà tout a une fin, et vous voilà maintenant, soit partis vers cette vie pleine d'imprévus, d'injustice, soit partie vers un autre monde. Je ne sais plus ce qui m'arrive, ma Biche et chaque jour est plus dur que le précédent. Qui donc peut comprendre, à moins de le vivre ? 
Je ne veux désormais ne te garder que pour moi. 
Aujourd'hui ta mémé tant aimée aurait 90 ans. Elle est partie avant, fort heureusement pour elle. Elle a été libérée de cette douleur il y a un peu plus d'un an et demi maintenant. 
Hier, c'était la fête des pères, sans toi encore une fois. Triste journée, une fois de plus.
Je t'aime tant ma Biche. Tu pourrais tant m'aider. Tout ce gâchis n'aurait pas lieu si tu étais là. 
Je n'arrive plus à assumer, j'ai trop mal.



22 juin 2006 : Il est plus de 23 heures ma Biche. Je viens de télécharger plusieurs pages de ton site que je voudrais toujours plus beau. C'est si difficile de le faire aujourd'hui. A cette heure ci tu subissais le pire, il y a 4 ans et 2 mois, et pour nous, le pire restait à venir le lendemain. Nous avons dormi alors que tu gisais sur ton palier. Je n'arriverais jamais à parvenir à m'enlever cette image de la tête chaque 22 du mois. 
C'est dur ma Biche. J'aurais tant besoin de toi en ce moment. La vie est cruelle, injuste. 
Demain j'essaierai de finir de rendre ton domaine plus beau. Maintenant je vais aller me coucher. Je suis très fatiguée.
J'ai mal ma biche, je t'aime tant.




26 juin 2006 : J'essaie de redonner de nouvelles couleurs à ton site, ma Nounouche, et j'entends toutes ces musiques qui me font mal. J'ai peur de lasser les personnes qui viennent sur ton site, par ces musiques différentes à chaque page, mais j'en suis maintenant "imprégnée". Toutes ces mélodies ont désormais un sens pour moi, et elles me font si mal lorsque je les entends. Elle me reflète cette vie que nous vivons. Oh, vivre, non je devrais dire survivre. Nous vivons de moins en moins. Nous allons de plus en plus mal et personne n'y pourra rien. C'est ainsi. Que d'injustices, que de douleur ajoutées à la pire que nous ayons vécu à ce jour, sont venues s'ajouter et s'ajoutent encore. Que de durs moments à traverser, toujours, au quotidien. 
La vie est si cruelle, si injuste, si dure à traverser ma Nounouche. 
Je t'aime tant, j'ai si mal.



8 juillet 2006 : Un anniversaire de plus sans ta présence à nos côtés, c'est si dur ma Biche. Quelques messages, coup de téléphone, gentillesse, mais rien de tes amis, une seule reste fidèle, attentionnée, et je ne saurais jamais assez la remercier. Un tout petit mot fait tellement chaud au coeur. Mais cette année, je m'étais préparé à ce "néant", aussi pas de déception. Je les ai oubliés, qu'ils se rassurent. 31 ans ma Biche, tes copains les ont ou les auront bientôt et toi tu ne les a pas fêté. Aujourd'hui, le 8 juillet était un samedi, tu serais venue, sans problème, puisque c'était la fin de la semaine. Mais je résonne en pensant à Nice, tu serais peut être à l'étranger comme prévu, je ne sais pas. Mais tu n'es pas là, et nous devons gérer ton absence. 
Je t'aime ma Biche, ce n'est pas facile tu sais. Nous avons bien des soucis en ce moment, et cela n'arrange rien. Il faut tout assumer, ton départ, la méchanceté de certains, proches pourtant, notre douleur, notre peine, la difficulté d'avancer dans cette vie, la volonté de ne pas trop décevoir ton frère et tes soeurs. 
Que c'est dur tout cela. Ce serait si simple si tu étais près de nous.
Je t'aime Nounouche. Je t'aime tant. 



22 juillet 2006 : Comment oublier cette date que je voudrais rayer du calendrier. Je ne t'enverrai ce message que la semaine prochaine en rentrant à la maison. Malgré que nous soyons dans un autre environnement, le 22 reste toujours le même sur le calendrier, et l'heure est toujours là qui s'affiche devant moi, peu importe où je me trouve. Je suis fatiguée ce soir ma Biche, je ne suis pas bien. Que serais je si tu étais là ? Je serais en train de faire quoi ? Je ne sais pas. Tout ce que je sais c'est que je suis "paumée" sans toi. J'ai perdu mes références, je ne sais plus trop ce dont j'ai envie. Je t'aime ma Nounouche. Comment y croire ? 
Je t'aime tant.


 



26 juillet 2006 : Ma Nounouche, nous voilà de retour, pas très en forme, et toujours sous la canicule qui ne nous quitte pas depuis environ 3 semaines. Moi qui aime la chaleur, tu le sais. Mais maintenant je ne supporte plus ces fortes températures, je suis mal à l'aise. Cela ne m'aide pas à "avancer". Le 22 juillet est passé, puis le 23, puis viendront le 27 et le 29. Tous ces jours qui nous rappellent tant de mauvais souvenirs. Aujourd'hui je viens de m'apercevoir que tu as 1000 messages sur ton livre de messages. Tant de gentilles personnes qui sont venues et qui reviennent te faire un coucou. Cela fait si chaud au coeur tu sais. On sent cette gentillesse, et cela fait du bien. Je fais tout ce que je peux pour que ton site soit aussi joli, mais simple, que possible. Qu'il te présente telle que tu as toujours été depuis toute petite fille. Tu nous manques tant tu sais. J'ai toujours autant de mal à croire à ce drame. J'ai encore l'impression de vivre un cauchemar. Pourtant... Comme je t'aime ma fille. Que je serais heureuse que tu sois là. J'ai trop de mal. Je t'aime, je t'aime tant.




2 août 2006 : Ma Nounouche, je ne sais plus si je te l'avais dit, je suis malade. Le médecin n'a rien fait début juillet quand j'ai eu les premiers symptômes, rien fait non plus lorsque je suis retournée le voir avant de partir quelques jours. Ces quelques jours où je n'ai rien pu faire, complètement bloquée, j'ai dû consulter sur place, en vain. De retour, le médecin a daigné me prescrire une radio, une analyse de sang et un rendez vous chez un rhumatologue, puis il a vite fuit en vacances. Me voilà avec de mauvais résultats, qui auraient pu, peut être, être pris à temps, je ne sais pas. Je passe une IRM dans 1 heure et demi et suivra, selon les résultats un traitement lourd en milieu hospitalier. Traitement que je refuse compte tenu de mes antécédents. Ma vie va peut être s'arrêter là. Je sais que tu es battante et que tu ne voudrais pas, tout comme ta grande soeur à qui j'ai tenu des propos qui lui ont fait très mal. Mais comment m'obliger à souffrir encore et encore, alors que tant de personnes nous ont vraiment fait énormément de mal, comme une personne très très proche, qui s'amuse de ta perte. C'est insupportable ma Biche. Je ne demanderais qu'une chose, ne pas souffrir ( c'est égoïste de te dire cela) partir d'ici et ne plus voir tous ces gens odieux. Mais je ne le peux pas. Le sort m'accable. Alors pourquoi vivre ? Autant continuer de leur faire plaisir et mourir dans la souffrance.
Je t'aime tant ma biche. Je ne te veux que pour moi.




22 août 2006 : Ma Biche, je suis toujours là, et toujours dans le même état. Les nombreuses analyses n'ont rien donné d'alarmant, puis les radios, scanners, IRM, scintigraphie n'ont pas fait évoluer le diagnostic. 
Ma biche je reviens de chez le docteur, je vais être hospitalisée je ne sais combien de temps et cette fièvre peut être grave. 
Pardonne moi ma Nounouche, j'ai peur. J'ai assez souffert depuis 4 ans. 4 ans et 4 mois ce soir que tu souffrais, sans personne à tes côtés. J'en ai assez ma Biche, assez. Je voudrais la mort de ceux qui m'ont fait si mal, mais c'est moi qui y vais. Je n'en peux plus. Pardonne moi ma fille, ma Nounouche, ma Véro, mon enfant, ma vie,
Je ne crois plus en rien. Je ne veux voir ni parler à personne. J'en suis incapable. Pardonne moi d'être si lâche. Mais méritions nous cela ma fille. Je réalise que tu n'es plus là et que je ne pourrai peut être pas perpétuer ta vie.
J'ai trop mal, ma fille, trop. Tu m'entends ? Réponds , Réponds Vérooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo




12 septembre 2006 : Ma Véro, pardonnes moi de ne pas écrire plus souvent. Que cet été aura été difficile. Difficile sans toi, difficile par la douleur, les examens que j'aurai passé tout l'été. Mercredi dernier, le 6 septembre j'étais en clinique. Je passais plusieurs examens dont une ponction lombaire qui m'a valu une grosse angoisse. Je sais tu n'aimais pas lorsque je paniquais comme cela, mais j'en souffre terriblement, et maintenant cela s'est accentué. Le médecin m'a dit que cela était normal, compte tenu des circonstances de ma vie. Quelle est moche cette vie tu sais. Lundi dernier j'ai eu le médecin au téléphone qui attend les derniers résultats et le dernier examen que je passe demain mercredi 13. Il est à peu près sur que j'ai une pseudopolyarthrite rhizomélique associée ou non à la maladie de Horton. Ceci on le saura demain. Je vais entamer un traitement à la cortisone pendant UN AN . Pendant un an je devrai être suivi par le médecin tous les mois pour voir les résultats de mes analyses de sang, afin d'ajuster le traitement. Je n'avais pas besoin de cela ma Biche. Je n'ai pas le moral. Pourquoi toujours les mêmes ? Pourquoi tant de choses s'abattent sur moi ? Je t'aime, je voudrais être tranquille pour te faire vivre, comme tu vis au fin fond de mon coeur. 
La vie ne m'a pas gâtée, et elle continue. Je t'aime ma Véro, tu me manqueras toujours à en crever, et personne ne pourra imaginer ce que cela veut dire.




22 septembre 2006 : Encore un 22 ma Biche. Ce 22 du mois qui revient inlassablement pour me torturer, pour me rappeler ce que tu faisais ce soir là, pour me rappeler que tu étais encore heureuse à l'heure qu'il est, mais que cette arme se préparait peut être à se pointer sur toi, dans les mains d'un malade dont la société n'avait pas mis hors d'état de nuire, et récidiviste de surcroît. Ce soir est le 54eme 22 du mois depuis ton départ, si l'on compte ce jour maudit du 22 avril 2002. Et nous devons vivre avec ce drame horrible. Nous devrions sourire, occulter beaucoup de toi pour plaire à beaucoup. Comment, comment pourrait-on ? Je me suis levée ce matin, ma première pensée a été pour toi, et j'avais la ferme résolution de tenter de passer une journée "à peu près", me disant que je t'avais tellement contre mon coeur que nous ne faisions qu'une et que cela "irait", mais la douleur, la colère m'a vite rattrapée, et ma journée s'est mal passée. Ce soir je regarde l'heure, comme chaque 22 du mois, et j'ai tant de mal à croire à ce drame. D'autant plus que je suis malade ma Biche, je te l'ai dit. J'ai commencé un traitement lourd et long. Il m'avait été dit qu'un an de traitement suffirait, on me parle maintenant de 18 mois peut être. Et après ... J'aimerais tant pouvoir penser à toi plus sereinement, ne plus avoir toutes ces choses qui ruinent mon corps et mon esprit. Je voudrais tant pouvoir me reposer et avoir une certaine paix. Mais les coups pleuvent, je me demande pourquoi. Toutes ces conséquences de ce drame horrible. 
Ne m'en veux pas ma Biche, ma Véro. Si tu savais comme tu me manques. Si tu savais comme la vie est fade maintenant, et encore plus depuis la maladie. Je ne sais plus trop ce que je veux. Je demanderais un peu plus de force pour continuer ce site, ton petit chez toi, car c'est ici, plus qu'ailleurs que je te retrouve. J'ai beaucoup de mal ma Biche, tant de mal. Je ne comprendrais jamais, jamais rien à la vie, à cette vie si cruelle, à tout ce qui s'abat sur moi. 
Je t'aime tant tu sais. Je suis mal et en grande souffrance morale et physique. Pardonnes moi. Tu me manques, je t'aime, je t'aimerai jusqu'à mon dernier souffle.  




15 octobre 2006 : Ma biche, tu es plus présente que jamais avec moi en ce moment. Je suis mon traitement médical. Je suis fatiguée, je ne dors pas, mais tu es là dans mon coeur à m'aider. Tu ne voudrais pas que je ne me soigne pas. Je te dois de faire face. C'est difficile sans toi, tu me manques tant. J'ai tant de choses en tête, ce traitement me fait vivre à cent à l'heure. Je suis toujours sur les nerfs. Je sens que je ne suis pas aussi forte physiquement qu'avant. La cortisone me fait perdre de la force musculaire. C'est désagréable. Il faut composer avec ce manque. J'appréhende un peu l'hiver, tu me connais. La cortisone toujours m'enlève une partie de mes défenses immunitaires. Je vais essayer de me protéger. Je ferai de mon mieux. 
Je dois vivre pour toi, pour que tu continues de vivre, et bien sûr aussi pour tes soeurs et ton frère, pour Papa. Ils ne veulent pas me voir déprimer. Alors parfois nous sourions ensemble, car tu vis au fond de moi.
Nous arrangeons ton petit jardin afin qu'il passe un bon hiver, pour que tes fleurs puissent refleurir le printemps venu. Tu verras ce sera beau. 
Je t'aime ma Biche. Tu me manques, tu nous manques tant.




20 octobre 2006 : Ma Nounouche, je suis allée voir le médecin spécialiste cet après-midi. Il avait l'air content de l'analyse de sang. Il me faut donc continuer mon traitement pendant encore de longs mois. Mais je le ferai, tu sais. Je suis toujours mon régime alimentaire, ce n'est pas si difficile. Je pense à toi, tu es toujours dans mes pensées. Tu m'aides ma Biche. Je sais que tu ne voudrais pas que je m'effondre. Tu es battante, je dois l'être pour être à ta hauteur. Tu vis en moi ma Biche, tu es toujours avec moi où que je sois. Je t'aime tant. 




22 octobre 2006 : Oh ma Nounouche, ce 22 qui revient chaque mois. C'est dur de revivre ce qu'a pu être ton départ, seule sur ce palier, chaque mois, les yeux fixés sur l'horloge. Que faisais tu ? As tu vu quelque chose, as tu tenté de crier ? Que de questions? Cette scène se déroule chaque 22 du mois, inlassablement. Je fais des efforts, mais en vain. Demain ce sera un mauvais jour aussi, celui de notre plus mauvais jour. Jour où nous avons appris le pire qu'il pouvait nous arriver. 
Je sais que tu n'aimerais pas que je ressasse tout ceci. J'essaie de penser à toi plus sereinement, de revivre notre dernière sortie ensemble, mais c'est difficile le 22. 
Je t'aime tu sais. Je te sens si proche de moi en ce moment. Peut être parce que les médicaments qui me soignent, m'aident à penser différemment, je ne sais pas. 
Tu me manques, tu nous manques. J'ai du mal à croire que cela fait 4 ans et demi que tu es partie ailleurs. 
Pour moi, tu vis toujours. Je te parle, je pense à toi, je t'aime toujours autant, toi ma Nounouche. 
Jamais je ne cesserai de parler de toi, de te parler. Tu es toujours près de moi, et tu vivras autant que je vivrai. Nous partageons tout désormais. Je t'aime ma Biche. Pourquoi ? Pourquoi es tu partie ? Tu avais encore tant de choses, tant de belles choses à accomplir sur cette terre.




22 novembre 2006 : Ma Nounouche, je croyais être plus sereine, je croyais t'avoir dans mon coeur de façon plus douce, et puis ces jours derniers, les soucis me rattrapent, j'ai le vague à l'âme. Tu me manques ma Biche. Je voudrais tant pouvoir te demander de m'aider au quotidien. Et tu n'es pas là. J'ai mal, si mal. Je me demande encore pourquoi, pourquoi. Je n'y crois pas. Je culpabilise de vivre, alors que tu ne vois plus le soleil, le bleu du ciel. Je suis fatiguée physiquement et moralement. La colère qui m'habite m'use chaque jour. Je n'admettrai jamais ce qui a pu se passer ce 22 avril 2002, à l'heure qu'il est. Je survis, j'essaie de te montrer par mes yeux, la vie telle qu'elle est. J'essaie de te montrer les belles choses, surtout. C'est dur tu sais. La vie ne sera jamais plus comme avant. Tu es présente chaque jour, partout où nous allons. Je t'aime tu sais. 
Je vais faire de mon mieux pour ne pas te décevoir, mais il faut tant de force et de courage.
Je t'aime ma Biche, je t'aime tant. 
Pourquoi ce 22 avril 2002 ?




22 décembre 2006 : Encore un 22 ma Biche. Tous les 22 du mois, je repense à cet horrible jour. Tous les 22 du mois, je me dis que ce n'est pas possible. Je te regarde sur ta photo, je t'embrasse et je me souviens. J'ai du mal à y croire ma Biche, tant de mal. Ce mois ci est pire, car Noël est là qui arrive juste après. Il nous faut faire face. Je n'ai plus de nouvelle photo de toi pour Noël. Ton sourire reste figée à tes 26 ans et demi. C'est si dur ma Biche. Soit je vis dans le déni, soit je suis terriblement mal. Je ne sais plus que faire, je ne sais pas comment font les autres personnes dans notre cas ? J'ai mal de toi. Il me faudra continuer ainsi toute ma vie. J'ai tant de peine à y croire. Je t'aime ma Nounouche, je t'aime tant. Viens me voir la nuit, viens que je te retrouve, que je revois des souvenirs.
Je t'aime ma Véro.

 


24 décembre 2006 : Mon coeur est lourd ma Biche ce soir. Où sont nos Noëls ? Je me sens si seule et en même temps je n'ai envie de voir personne. Ce soir est dur, si dur. Tes photophores sont allumés et brûlent ce soir. 
J'essaie de faire comme si... J'essaie de me persuader que c'est un jour comme un autre, mais j'ai du mal à y parvenir. Je ne sais si j'ai tort ou raison de me couper du monde ce jour de Noël, pourtant je ne supporte pas la vue de ta chaise vide. Que c'est dur, que c'est dur de vivre ce qu'on appelle "les fêtes". J'ai mal, trop mal ce soir ma Biche. 
Pourquoi, pourquoi souffrir ainsi ? 
Je t'aime ma Biche, je t'aime. Je voudrais tant revenir en arrière et ne pas vivre ce que nous avons vécu, ce que nous vivons au quotidien. 
Regarde, ma Nounouche, regarde cette neige que tu aimes tant. 
Je t'aime, tu me manques tant.





19 janvier 2007 : Oh je ne t'ai pas écrit depuis la fin de l'année, ma Biche. La vie n'est pas simple sans toi. Cette fin d'année a été encore plus difficile que les autres. Je ne sais pourquoi. Une nouvelle année vient de commencer. Encore une année sans toi. Tu nous manques. Nous n'arrivons pas à faire de projets dans la vie. Rien n'est plus comme avant. Nous avons passé une fin d'année comme les autres depuis 2002. Plus goût de faire autrement. J'aimerais dormir en hiver et ne me réveiller qu'au printemps pour voir fleurir ton petit jardin, bien que le mois d'avril soit difficile à passer. Aujourd'hui nous sommes le 19 janvier. Il y a Un an ton pépé André nous quitté, très rapidement. Le temps passe ma Biche. Hier, cela faisait 56 ans que mon frère, ton oncle, que tu n'as jamais connu, puisque je l'ai moi même à peine connu malheureusement, nous quittait. 
Des dates qui font mal. La vie est ainsi faite, si cruelle parfois.
Nous serons bientôt le 22. Un 22 de plus. 
Tu nous manques tant ma Biche. Que te dire, la vie est si monotone, pourtant le temps est doux cette année, mais c'est l'hiver quand même et tu n'es pas là.
Je suis en train de copier sur l'ordinateur "la vie de ta mémé". Elle a écrit, tu te souviens. Mais elle n'a pas supporté ton départ. Son cahier se termine comme ceci : 
Te rappelles-tu ma petite chérie, lorsque nous allions à l’école maternelle et que toutes deux nous récitions ce que tu m’avais appris
un deux trois je vais dans les bois
4, 5, 6 cueillir des cerises
7, 8, 9 dans mon panier neuf
10, 11, 12, elles sont toutes rouges
En pensant à toi, devant ta photo, je cherche les paroles. J’ai ma mémoire qui commence à flancher ma Nounouche, souffle moi car je ne veux pas oublier, en attendant de te retrouver.
Elle avait si mal ta mémé, si mal.
Pourquoi ma Nounouche, pourquoi avoir à subir tout cela ? 
J'ai toujours autant de mal à y croire tu sais
Je t'aime, je t'aime tant.



22 janvier 2007 : Oh que je suis mal aujourd'hui ma Biche. Envie de rien, je me sens terriblement seule. Tu n'es plus là, tout a changé, la vie n'est plus la même et je ne sais pas ce dont j'ai envie. Nous sommes en hiver, ce n'est pas gai. J'ai toujours mes problèmes que tu connais bien et qui me rongent la vie tous les hivers. Ton absence qui me pèse, les soucis du quotidien, qui maintenant prennent tout de suite plus d'ampleur qu'avant. Que faire, je ne sais pas. Il y a 4 ans et 9 mois, à cette heure là, tu étais encore heureuse, et nous aussi, puisque nous avions l'objectif du mariage de ton frère, qui se préparait pour la fin de la semaine. C'était un lundi aussi. Tant de choses ont changé depuis ce 22 avril 2002. Tellement de choses ! Plus rien ne ressemble à ce que tu as connu. Tout est fade. Je ne sais pas où je suis bien. Je suis en retard. Je n'ai même pas mis les photos de ton jardin sur ton site, ma Biche. Les photos que j'ai pris pour toi, l'été dernier. Je te promets, je vais essayer de le faire rapidement, pour toi. Il ne faut pas que ton site ne vive pas. Mais que c'est dur. Lorsque je suis entourée, je voudrais me cacher, et lorsque je suis seule, je ne le supporte pas. Les personnes qui me voient, reçoivent mes messages me croient fortes, mais elles se trompent, tu sais. C'est si dur. Comment être forte dans de pareilles conditions. Je survis, c'est tout. Tout n'est que superficiel, à l'intérieur, tout est brisé.
Je vis comme si tu étais partie à l'étranger comme tu en avais l'intention d'ailleurs, mais par moment la vérité me saute au visage et je m'effondre. Vivre dans le déni n'a qu'un temps. Je t'aime ma fille. Comme j'ai mal, si tu savais. Je repense sans cesse à cette dernière sortie que nous avons fait ensemble pour choisir les vêtements du mariage de ton frère. J'ai ces images ancrées en moi. Je revois tes gestes, j'entends tes paroles. Je revois cet après midi où nous étions si bien. Je ne savais pas que c'était la dernière fois que je sortais en ville avec toi. Tout cela m'arrache les tripes ma Biche. Mes larmes sont là, comme le 22 qui est là chaque mois.
Je n'arrive pas à "avancer" aujourd'hui ma Nounouche, aide moi. Je t'aime, je t'aime. Je ne peux revenir en arrière. 
J'ai mal de toi, ma Nounouche. 



4 février 2007 : C'est ta fête ma Biche aujourd'hui. Et nous ne t'avons pas eu près de nous, pas de coup de fil. C'est dur tu sais. C'est difficile de ne pas penser à toutes ces dates où nous aimerions te serrer dans nos bras. Tu me manques, j'aimerais tant pouvoir t'avoir près de moi, ou au moins au téléphone quand nous sommes loin. Cela fait bientôt 5 ans que je ne t'ai pas vu, ni entendue. C'est long, c'est dur. J'ai tant de mal à y croire. 
Je me bats pour avancer car je sais que tu ne voudrais pas que je me laisse aller. Tu es battante. Mais c'est dur tu sais. 
Je t'aime, je t'aime tant. C'est tellement dur pour un coeur de Maman. 
J'ai mal de toi ma Biche.



13 février 2007 : Ma Biche, mon anniversaire est passé, sans toi. Pas de carte de toi, pas de petit coup de téléphone, rien. Cela me fait terriblement mal. Il n'y a que là où je peux te parler, et aussi dans mon coeur toute la journée.
Tout le monde a été gentil avec moi. J'ai eu ton frère et tes soeurs au téléphone. J'ai reçu des petits messages gentils, des cartes. 
Tu sais, je me suis inscrite à un forum, pour apprendre à faire de jolies choses pour ton site, et là aussi j'ai été gâtée. Je te montre ce que l'on m'a offert. Cela me fait penser à toi bien sûr, car si j'apprends c'est pour toi, pour essayer de faire mieux, pour que ton petit chez toi soit joli.
Regarde ma Biche 













Tu vois, personne ne m'oublie ma Biche, mais c'est si dur sans toi, si dur. Je suis fatiguée, le temps me semble si long sans toi. J'ai tant de mal à y croire. 
Je t'aime ma Biche, je t'aime tant.
Tu me manques.



14 février 2007 : C'était la saint Valentin, ma Biche aujourd'hui. Triste journée. Où sont tes saint Valentin ? Désormais tu en es privée. J'ai mal tu sais. Je pense à toi, à cette vie que l'on t'a volée, et mon coeur a mal, si mal.
Regarde ce que je t'ai fait pour ce jour de la saint Valentin. Oh comme je préfèrerais que tu sois là et que tu profites de tous ces moments. Tu me manques; J'ai trop de peine à imaginer cette triste vérité.
Je t'aime ma Biche, je t'aime tant.

 



20 février 2007 : C'est Mardi Gras, ma Biche. En voyant les enfants déguisés, aujourd'hui, j'ai tant pensé à toi. Tant pensé aux costumes que Mémé aimait tant vous confectionner. Tant penser que tu aimais faire la fête, rire. Que tu ne perdais pas une occasion de t'amuser. 
J'ai mal ma Biche.
Pourquoi tout est fini ?
Qui peut comprendre tout cela ? 
Je t'aime, je t'aime tant.
Regarde, tu te souviens ?





21 février 2007 : Ma Nounouche, j'ai mal, si mal en ce moment. C'est si dur de faire comprendre aux autres que je fais ce que je peux. Que supporter ton absence et la maladie devient de plus en plus difficile. 
Tu me manques tant.
Je sais tu es battante et tu ne veux sûrement pas me voir ainsi.
Je fais des efforts ma Biche, mais c'est si dur.
Je suis dans le flou. C'est si difficile de prendre des décisions, d'avoir des projets lorsque l'on vit ce que nous vivons.
Je t'aime ma Nounouche, je t'aime tant. Tu es si présente.
Tu te souviens de tes carnavals ?






22 février 2007 : 22, cela me résonnera toujours dans la tête. Ce jour là tu étais encore heureuse jusqu'au soir. Je me répète ma Nounouche, je sais, mais tu me manques, tu me manques tant. J'essaie d'imaginer ce que serait la vie sans ce drame. Je vois défiler les 27 ans des autres jeunes, et sans être jalouse, car ils ne sont pas coupables, j'ai mal. Tu n'as pas fêté tes 27 ans, et pourtant pour moi, l'été prochain tu auras 32 ans. Je ne peux me résoudre à résonner autrement. 
Je t'aime tu sais. Je t'aime tant.

 



23 février 2007 : Oh ma Véro, comme j'aimerais t'offrir autre chose que tout ceci, et surtout pas pour ces jours qui reviennent chaque mois. Comme j'aimerais t'embrasser. Je n'y crois pas. Dis moi que tu es là ma Biche. Dis moi que ce n'est pas vrai. Lorsque j'en parle, je n'ai pas l'impression de parler de toi. J'ai simplement l'impression que tu es loin, si loin, mais toujours là.
Je t'aime, je t'aime tant.





28 février 2007 : J'ai mal ma Nounouche, si mal. Tu me manques tant. Je n'arrive pas à imaginer ce qui est arrivé. Hier, le 27 du mois, cela faisait 4 ans et 10 mois que je t'embrassais pour la dernière fois. Je n'arrive pas à y croire. J'ai trop mal.
Je ne sais pas ce que je veux, je n'arrive pas à faire de projets, la vie est fade, l'hiver sans fin. Je ne sais que t'offrir ce que j'apprends à réaliser en pensant sans cesse à toi. 
Je t'aime, si tu savais combien je t'aime.
J'ai si mal ma Biche.





3 mars 2007 : Comme j'étais mal aujourd'hui. Tu m'as tant manqué. J'ai voulu te faire un petit quelque chose, je n'ai pas réussi. Mauvaise journée que celle d'aujourd'hui. J'ai regardé des vidéos de vous, mes enfants, lorsque vous étiez petits. Quel bonheur. Les plus belles années de ma vie, mais c'est bien fini tout ça. Il me faut apprivoiser ton absence, et respecter tes soeurs et ton frère, ne pas leur montrer mon désespoir, car ce serait leur gâcher leur vie. J'ai tant de peine ma Biche. J'ai trop de mal à croire à cette vérité qui m'arrache le coeur. J'ai trop de mal à vivre avec ce poids. Je t'aime tant ma Nounouche. 
Rien ne sera jamais plus comme avant. Je ne peux y croire.
Je t'aime, je t'aime tant ma Véro.

 


4 mars 2007 : Comme je t'aime ma Nounouche. Comme j'ai mal. J'essaie de créer des petites choses pour toi. Je m'accroche à cela. Tu es belle. Comme toute maman je trouve mes enfants beaux, c'est normal. Mais j'ai si mal de ton absence. 
Bientôt ton petit jardin refleurira, et je te montrerai toutes ces belles fleurs, les tiennes.
Tu me manques tant. Regarde comme tu étais coquine, toute petite.
Je t'aime ma Biche, je t'aime tant





12 mars 2007 : Comme je souffre en ce moment ma Nounouche. Je crois bien n'avoir jamais éprouvé ce que je ressens en ce moment. Toutes ces étapes qui font que l'on ne souffre pas de la même façon au fil des jours, des mois, des années. En ce moment, ma gorge est si serrée, les larmes sont là, la vie est fade, si fade. Je n'ai même plus envie de me plaindre, plus envie de partager ma peine. Qui pourrait comprendre ? Nous réagissons tous différemment. Nous n'avons pas tous le même parcours. 
J'ai mal, si mal. Je voudrais dormir, dormir pour ne pas subir.
Cinq ans, cinq ans bientôt que tu es partie et je ne peux me résoudre à cette idée. Je ne me sens bien nulle part. Je vais mal. Et pourtant il me faut "avancer" pour te faire vivre, pour chérir tes soeurs, ton frère et tes petits neveux. Mais que de douleur au fond de moi. Moi qui aimerais vous avoir tous, tous ensemble, le coeur rempli de joie, à l'idée d'être réunis. 
Nous nous battons encore avec la justice, près de cinq ans après ton départ. Tout cela parce qu'un homme de loi n'a pas été compétent, parce qu'il t'a sali, parce qu'il t'a fait mourir une seconde fois. Cela fait si mal. La douleur sur la douleur. C'est inhumain. Toi qui aimais la terre entière, toi qui a été trop naïve, ma Biche, comment supporter ? 
Le monde est méchant et tu ne le voyais pas. Tu aimais trop, tu donnais trop. Tu étais trop gentille.
Je prépare une page sur ton site, chez toi, pour ce triste anniversaire. Oh je ne sais que te dire sinon que tu me manques tant, que tu me manques trop. Et c'est si peu de le dire. J'affiche tes photos sur toutes ces pages. 
J'écoute à nouveau ces musiques nostalgiques. Je m'enferme pour pleurer.
J'ai si mal, vraiment mal ma puce, mon bébé, ma Véro, ma Nounouche, ma Biche.
Ce n'est pas pour en arriver là que je t'ai mise au monde.
Je t'aime trop.



21 mars 2007 : Ma Biche, j'ai le coeur si lourd en ce moment. Demain nous serons le 22, une fois de plus. Et bientôt ce terrible anniversaire arrivera. Je ne peux toujours pas y croire, tu sais.
Je pense toujours à toi, sans cesse. Aujourd'hui nous avons entendu aux informations qu'aux Etats Unis, une passerelle "transparente" avait été construite au dessus du grand canyon. Tu te souviens ma Nounouche. Tu y as fait une randonnée lorsque tu étais à Berkeley. Que de souvenirs tu nous as ramenés. Comment ne pas penser à toi ? Cette passerelle transparente où les personnes pourront avoir cette sensation de vide sous leurs pieds et voir ce paysage, sans pour cela y descendre. Tu as eu l'occasion de faire cette rando, et tu en gardes de si bons souvenirs. J'ai tout de suite cherché cette photo prise sur ce chemin. La voici ma Nounouche. Tu y étais avec ta copine de chambre universitaire. 
Je t'aime tu sais. J'ai mal, si mal en ce moment.
Tu me manques trop ma Biche.





23 mars 2007 : Ma Nounouche, j'ai tant de mal en ce moment. Je ne sais que te dire. Tu me manques tant. Il y a 4 ans et 11 mois aujourd'hui, nous avions la police à la maison pour nous annoncer le drame. Et toi, tu étais déjà à l'hôpital pour y subir de terribles choses, que tu ne sentais plus. Tu étais déjà ... ailleurs.
Je t'aime tant ma Biche. 
J'ai trop mal.
Regarde comme tu étais belle, souriante et heureuse. C'était au lycée. 
Qu'il est loin ce temps ...
Je t'aime.





29 avril 2007 : Il y a 5 ans ma Biche, nous t'accompagnons...
Depuis 5 ans nos coeurs, mon coeur sont brisés.
Cinq ans après, nous étions aujourd'hui, et hier, tous ensemble, réunis.
Tous ? Non ma Biche, tu n'étais pas là et mon coeur avait mal.
A tous moments je pensais à toi
A tous moments je t'imaginais avec nous, tous ensemble.
Tu étais bien là, mais seulement dans nos coeurs.
Ton absence physique est insoutenable
J'étais heureuse d'avoir mes 4 petits enfants avec moi
Mes enfants aussi bien sûr
Mais je ne serai jamais plus vraiment sereine 
Tu me manqueras toujours.
Ton absence est un gouffre si profond
J'ai mal ma Nounouche
Si mal
Les larmes coulaient ce soir malgré la joie de vivre de tes neveux et nièce
Si mignons, tous.
Je ne verrai jamais tes enfants ma Biche.
Mon coeur se pincera toujours désormais.
J'ai si mal, si mal
Tu me manques, tu nous manques tant.
Je t'aime ma Nounouche
Je t'aime
Dis moi que ce n'est qu'un cauchemar.
Je t'aime tant.



02 mai 2007 : Il est plus de minuit et je ne suis pas couchée ma Nounouche.
Comment ne pas penser à toi.
J'ai mal, si mal.
Les jours s"écoulent alors que nous sommes réunis
Les petits sont adorables
Mais tu me manques, tu me manques tant
J'ai mal, si mal.
Les vois tu ? Si beaux, si souriants.
Pourquoi ma Biche,
Pourquoi n'es tu pas là ?
J'ai trop mal, trop mal.
J'en veux à la vie
Non, aux responsables
Car il y a des responsables
Pourquoi ma Biche, ma Nounouche, ma fille ?
Je t'ai donné la vie, on te l'a arrachée
On t'a privée de tous ces bonheurs
Désormais voilés pour nous
On nous a pris notre vie aussi.
Jamais plus rien ne sera comme avant.
Il faut faire semblant.
Je n'y arrive plus.
Souvent c'est trop dur.
Pourtant ces petits rayons de soleil sont si câlins, si beaux
Mais toi qui aimait tant ton premier neveu, tu serais en admiration devant les autres aussi
Mal, trop mal, ma Biche
Ton absence est insoutenable
J'ai mal, si mal
Je ne sais plus, je ne sais pas
Rien ne guérira ma plaie ouverte à jamais.
Je t'aime trop.
Tu me manques trop ma Biche.
Il ne se passe pas une seconde où tu n'es pas avec moi 
Réponds moi Nounouche
J'ai trop mal
Et personne ne comprendra.
C'est trop dur.
Je t'aime je t'aime.



14 mai 2007 : Comme tu me manques ma Véro en ce moment. Comme mon coeur est lourd depuis le début de ce printemps. Je ne sais ce dont j'ai envie. Je suis mal. Je ne sais pas ce que je veux. Je te cherche dans les vidéos que nous avons fait alors que la vie était belle. Je te regarde, je t'écoute et je pleure. La vie est bien triste. Quand pourrais je avoir un peu de sérénité et penser à toi plus calmement ? Jamais je crois. Je suis trop meurtrie, trop blessée. 
La vie est trop cruelle ma fille, ma Nounouche.
Pourquoi, ce mot qui revient toujours sur mes lèvres. Pourquoi ? 
Je lis les poèmes de Renée Jeanne. Ils sont si profonds, si bien écrit. Je retrouve toujours dans ses pages un poème qui me ressemble, qui te ressemble, qui me touche plus que les autres. Ce mois d'avril, c'est "février" qui m'est allée droit au coeur. Je vais sur ce site 

et j'y retrouve de si beaux poèmes. 
La page "paysages bis" de "pages spéciales" m'a permis de trouver ce poème de février où je me retrouve, le coeur si lourd. 
La maison est bien triste, malgré la présence de ta petite soeur qui aurait bien besoin de nous voir plus souriant.
Cette page que j'ai réalisé pour ce triste anniversaire des 5 ans d'absence est si difficile à regarder, comme elle a été difficile à rédiger. Rien ne changera ce mal être.
Regarde ma Biche, je viens d'y ajouter ce petit rien que j'avais oublié.
Pourtant il résume tant mon mal d'être.



J'ai mal ma Nounouche
Tu me manques tant.
Je t'aime, je t'aimerai jusqu'à mon dernier souffle.
Dis moi que c'est un cauchemar.
J'ai tant de peine à y croire.



22 mai 2007 : 5 ans et un mois que tu es partie. Toujours le même mal m'anime. Tu nous manques toujours autant ma Biche et ce sera toujours ainsi. Je sais, je me répète, mais comment pourrait il en être autrement. Je m'occupe du mieux que je peux. Tu vois j'apprends à créer de petites choses pour toi, pour crier ma douleur et ma colère aussi. 
Pardonnes moi, mais ma colère ne passera pas. Jamais je ne pardonnerai ni n'admettrai que c'était ton destin. Tout ceci aurait pu être évité et tu serais là près ou loin de nous, mais tu vivrais ta vie, tu mordrais à pleine dents cette vie que tu aimais tant.
Nous allons à ta dernière demeure, mais ce n'est pas là que je te retrouve vraiment. Chaque soir je t'embrasse, je revois notre dernière sortie, et au petit jardin, je te retrouve et tout est fait pour toi. C'est ton petit coin, et là bas, nous nous retrouvons. Je ne sais plus quelle est ta fleur préférée. Nous n'en avons peut être pas vraiment parlé. J'espère que tu aimes ce que je plante, ce que je sème. Nous avons parlé avec ta grande soeur. Elle m'a remis en mémoire que tu aimais la couleur "bordeaux". C'est vrai, vous aimez cette couleur toutes les trois. Aussi maintenant je met un peu de cette couleur, ou une couleur qui y ressemble, plutôt que seulement du blanc comme je le faisais avant. 
Mais as tu besoin de cela, ma Biche, ma Nounouche. C'est de la vie dont tu aurais besoin. 
La vie que l'on t'a volée.
Je t'aime, je t'aime tant tu sais
J'ai si mal de toi.





15 juin 2007 : Rien ne va ma Biche. Je ne supporte plus ce qu'a été ma vie jusqu'à ce jour. Aujourd'hui je pleure autant qu'il pleut au dehors. Je ne sais plus ce que je voudrais. Ton absence se fait sentir encore davantage dans ces moments de détresse. Je suis mal, mal. Tout va mal. Je suis mal psychologiquement et physiquement. Conséquence de ce mal être quotidien depuis ma plus tendre enfance. Mal être qui s'est gravement accentué depuis ton départ. Incompréhension des gens qui ne fait qu'empirer mon état. Je voudrais être seule, seule avec le minimum vital. Je n'arrive plus rien à assumer. Plus rien ne m'intéresse. La vie est plate comme disent les Canadiens à juste titre. 
Je voudrais faire beaucoup de choses et je n'y parviens pas. J'ai trop de malaises, trop de mal d'être. Je voudrais être comme tout le monde et ce n'est pas le cas. Et me heurter à des gens plus forts que moi ne fait qu'empirer mon état. Les gens ne comprennent pas et ne comprendront jamais. Jamais, jamais.
Trop de choses, trop de mal être. Quand tout va mal, tout remonte à la surface. Les pertes d'êtres chers, partis trop jeunes, la fuite de mon pays, français à l'origine, puis devenu indépendant par la faute des "grands". Ce déracinement, après avoir vécu la guerre. Une phobie tenace et invalidante que personne ne comprend et qui m'enlève toute autonomie, qui me gâche la vie. Et comme si tout cela ne suffisait pas, ton départ, la pire épreuve qui puisse m'arriver.
Pardonne moi ma Biche, pardonne moi. Je ne tiens pas le coup. J'en ai assez. J'aurais besoin de calme, de douceur. J'aurais besoin de ne pas être prise d'angoisses et de paniques comme c'est le cas au quotidien en ce moment. 
Je croyais que l'été porterait conseil, que l'été serait souriant par son soleil. Mais il est pourri cette année. Aussi pourri que ma vie. J'ai beaucoup de mal à avancer. 
Le courage m'abandonne ma Nounouche. C'est tout mouillé "chez toi". C'est tout "glacial". Glacial comme.......
Oh, la colère s'empare de moi. A bientôt ma puce, à bientôt ma Nounouche. 
C'est moi qui aurait dû quitter cette terre. La vie ne m'a pas aidée et je n'ai pas assez de force et courage pour supporter tout cela. Tu avais force, courage, volonté. Tu étais belle et volontaire, intelligente et bonne. Quel gâchis. Si je pouvais au moins me venger de cette vie. Mais je ne suis ici que pour subir, subir et encore subir. 
Pardonne moi ma Véro, pardonne moi. 
Je t'aime. On m'a fait subir ce qu'il y a de pire pour une mère, et je dois continuer ainsi, sous le regard des autres qui n'y comprendront jamais rien.
Je t'aime, je t'aime, si tu savais comme je t'aime et comme j'ai du mal.




22 juin 2007 : Encore un 22 ma Biche. Ces 22 que l'on ne peut éviter. Oh j'ai l'impression de rabâcher toujours la même chose, mais j'ai toujours autant de mal à croire à cette horrible réalité. J'ai beaucoup parlé de toi cet après midi avec une personne qui te connaît si bien. Cela m'a fait du bien de parler de toi tu sais. Peu de personnes écoutent et osent parler de toi. J'étais "contente" de pouvoir parler librement de toi. 
La vie est toujours la même, triste sans toi. Cette année le temps n'est pas vraiment beau, il pleut beaucoup et ton petit jardin n'est pas aussi beau. Trop d'eau et les fleurs n'aiment pas beaucoup.
Je ne peux m'empêcher de regarder l'heure comme d'habitude. Aussi je vais aller me coucher pour ne rien voir. 
Je ne peux penser à autre chose ces 22 du mois. Bientôt ce sera le 8 juillet et tu auras 32 ans. 
C'est dur ma Biche, c'est dur. Je t'aime et tu me manques tant.
Je me pose des tas de questions.
Je t'aime ma Nounouche.



27 juin 2007 : Ma Véro, aujourd'hui je suis très triste. J'écoute la musique que tu aimais tant, celle qui t'a accompagnée et je pleure. Que la vie me semble fade. Que j'ai mal . Il faudrait bousculer notre "survie" pour continuer, et je n'ai pas le courage, pas la force. Ma tête, mon coeur ne "suivent" pas le rythme. Mes angoisses ne m'aident pas à "vivre". J'ai trop mal. J'ai peur, et tu me manques. La vie n'est pas drôle. J'ai besoin de références. Je n'arrive pas à survivre en changeant de mode de vie. 
Tu avais tant de volonté, d'entrain. Tu n'avais pas ces peurs qui me harcèlent. J'ai mal si mal ma fille. Si tu savais comme je pleure aujourd'hui. Cette musique qui m'aide à sortir ces larmes enfouies depuis plus de cinq ans maintenant. 
C'était un 27 aussi, un 27 avril, en 2002, et nous venions enfin près de toi pour t'embrasser pour .... la dernière fois.
C'est trop dur ma Biche. Trop dur tu sais.
Je t'aime tant. 



2 juillet 2007 : Ma Nounouche, je suis angoissée ce soir. Oh c'est bête. Mais tu sais l'importance que l'ordinateur a pour moi maintenant, depuis que tu es partie. Tant d'importance. C'est ce qui me relie à toi. C'est ici que je viens te confier mes angoisses, mes craintes, ma douleur. C'est ici que je dépose mes petits cadres, ceux que je fais pour faire que ce site soit plus "beau". Oh souvent je pense que tu n'as pas besoin de cela. Que tu ne voudrais peut être pas. Je ne sais pas. Souffle moi à l'oreille ce qu'il faut que je fasse.
Je m'occupe avec amour de ton petit jardin aussi, mais est ce que cela te plait ? Je ne sais pas. Je prends soin de tes plantes aussi. Avec cette peur que l'une d'elles s'arrête de "vivre". 
Que la vie est dure ma Nounouche. 
Tout a bien changé depuis que tu n'es plus là.
Tu auras 32 ans le 8 juillet.
32 ans, j'ai peine à  y croire.
J'ai si mal.
J'ai voulu te faire une petite page,
Avec des photos que j'ai trouvées,
Des photos que j'ai réussi à capturer à partir de films que nous avions fait.
De nouvelles photos, c'est magique.
Mais ce sont les dernières.
J'ai, je crois, à présent tout épuisé.
Cela fait si mal.
Et cet ordinateur qui va mal. Je ne sais pas s'il va falloir en changer. 
J'ai peur, c'est bête. Mais nous ne serons plus en contact pendant quelques jours peut être, je ne sais pas.
Demain un technicien vient vérifier.
Aussi j'ai mis en ligne la page de tes 32 ans en avance.
Je n'aime pas du tout cela.
Mais si je ne le fais pas, elle risque de ne pas y être pour ton anniversaire
Et je serai si mal.
Je taime ma Véro, je t'aime tant.
Pardonne moi mes erreurs, mes faiblesses
C'est si dur tu sais.
A très bientôt ma Nounouche
Je t'aime, je t'aime tant.



8 juillet 2007 : Ma Véro, que te dire aujourd'hui, sinon que tu me manques terriblement. Je regarde des photos de toi, j'écoute de la musique mélancolique et les larmes montent. Que la vie est moche. Aujourd'hui nous sommes dimanche, tu serais là à fêter tes 32 ans. Au lieu de cela nous n'avons que les larmes pour nous accompagner. C'est si dur et si incroyable ma Nounouche. Jamais je ne pourrai me résoudre à me dire que tu es bien, que tu ne souffres plus, que tu ne vois plus la vie, moche souvent. Tu avais le bonheur devant toi, tu étais belle, pleine d'espoir, de volonté. Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?? 
Souvent je n'ai plus rien envie, et je me ressaisis. Mais je reste fragile. Un rien me blesse, m'agresse. Je ne suis plus la même. Cette blessure est si profonde qu'elle ne peut pas guérir, c'est impossible.
Je regarde tes photos et je te vois en janvier 2002 à Paris, souriante, heureuse, alors que tu venais de participer à un congrès de biologie. Tu représentais le labo de Nice où tu étais. Tu aimais tellement Paris. Comment penser, en regardant ces photos, que tu n'avais plus que 3 mois à vivre. Je repense souvent à notre dernière sortie ensemble, en ville. Nous avions fait du shopping pour le mariage de ton frère. Tu m'avais conseillée avec ta petite soeur. Ces images restent gravées dans ma tête. Je revois les moindres détails de cette sortie. J'entends tes paroles, je revois tes gestes, je revois les endroits où nous sommes passées toutes les trois. C'est mon film du soir. Chaque jour je me repasse ce film en tête. Je revois cette journée, la dernière....
Tu étais venue pour l'anniversaire de ton petit neveu, et nous préparions le mariage de ton frère. C'est la dernière fois que nous t'avons vu... comme cela.
Cela me fait trop mal. Par moment, je vis, je survis. A d'autres moments, je ne peux pas, je m'écroule et les larmes coulent à flots. J'ai trop mal, et trop de mal à y croire. 
Hier, à table, ton petit neveu que tu aimais tant a parlé de toi. Des questions sont venues. Des questions laissées sans réponse précise car il est trop jeune pour entendre des choses pareilles. Ta grande soeur a assumé, car nous en étions bien incapables. C'est si dur pour elle aussi. Ton petit neveu en a parlé à sa petite soeur, qui parle elle aussi de toi, sans t'avoir connue. Mais leurs questions sont tellement difficiles. La vérité est trop cruelle et bien trop difficile pour des enfants de 7 et 4 ans. 
Comme tu serais heureuse de les chérir, eux, ainsi que leur petit frère qui a 2 ans et demi et le petit garçon de ton frère qui lui a 21 mois. Ces petits que nous adorons, démarrent dans la vie de la même façon que moi. J'avais aussi 2 ans lorsque j'ai perdu ma tante. Avant on ne disait rien aux enfants....
Je les imagine avec toi, jouant, comme tu le faisais avec le seul que tu aies connu. 
Je t'imagine, peut être mariée, avec un ou plusieurs enfants, ici ou à l'étranger car tu comptais y partir. Nous ne te verrions pas souvent mais nous saurions que tu es là, nous entendrions le son de ta voix, nous n'irions pas te porter des fleurs....
Comme c'est dur ma Biche, que c'est dur, inhumain et inimaginable. 
Je t'aime, je t'aime tant, je ne pourrai jamais me résigner à vivre sans toi.



8 juillet 2007 : Ma Véro, comme j'ai souffert aujourd'hui. J'ai tant pensé à toi. Tu m'as tant manqué. Oh, tous les jours se ressemblent, mais des jours comme aujourd'hui où une date nous ramène encore plus au temps passé, et au présent qui est devenu horrible. 32 ans, 32 ans que tu n'as pas fêté. Encore une année de plus. Je me refuse de penser que tu n'as même pas 27 ans, que tous nos jeunes autour de nous, deviennent plus âgés que toi. Non, tu as 32 ans. Je ne peux pas, je ne veux pas qu'il en soit autrement, même si je sais ....
Ce soir, ma Biche, j'ai fait une petite création pour toi. Mais tout cela me montre tant la vérité en face.
Aide moi ma Biche, aide moi. 
Je t'aime tant.





11 juillet 2007 : Ma Véro, il y a des choses si difficile à réaliser dans notre survie, vraiment si difficile.
Tout me ramène à toi. J'ai peur, je suis mal, tu me manques terriblement. J'ai toujours peur que tu t'éloignes, peur de te trahir, peur que tu m'en veuilles. Je te voudrais tout près de moi. Je te voudrais ici et non si loin. Ce soir tu me manques terriblement. 
Comment te dire à quel point tu me manques, à quel point je t'aime.
J'ai mal ma Biche, si mal, ce soir, chaque jour, toujours.
Véro, ma Véro, comment faire ?
Je t'aime, je t'aime tant.
Aide moi je t'en supplie, aide moi.
Je t'aime, j'ai tant besoin de toi.



22 juillet 2007 : Encore un 22 ma Véro, encore un 23, demain, ma Nounouche. Si difficile de ne pas voir cette date sur le calendrier. Difficile, si difficile. 
Je regarde l'heure, comme chaque mois. J'imagine, je pense, je repense à ce 22 qui a tout détruit. 
J'ai tant de peine à y croire. Tant de mal.
Nous pensons tant à toi. Nous aimerions tant n'avoir fait qu'un cauchemar. Hélas ... 
Tout me fait penser à toi.
Regarde ma Biche, regarde l'image que j'ai trouvé et que j'ai "travaillée" pour toi, en pensant à toi.



Je sais, je te dis toujours pareil. Mais j'ai tant de mal. La vie ne sera plus jamais la même.
Et nous avons tant de mal à prendre des décisions. C'est si dur. 
Plusieurs personnes pensent à toi, à nous. Je suis choyée. C'est si gentil. C'est si doux pour moi que de savoir que certaines personnes pensent à toi, sans même t'avoir connue.
Regarde cette petite girafe que l'on m'a offert. 



Merci Manou 

Merci  Marjolaine d'être si attentionnée



Je t'aime ma fille, ma Nounouche, ma Véro. Comme la vie n'est plus la même, comme c'est dur de vivre dans ces conditions, sans toi. Tu es présente à chaque minute, tu es en nous, toujours avec nous, mais ta présence physique nous manque tant.
Je t'aime, je t'aime.



22 août 2007 : Mon coeur est à l'envers aujourd'hui ma Nounouche. Rien envie de faire. Mon coeur est aussi gris que le temps l'est au dehors. Tu sais, cette année, nous avons un été des plus minable. Nous aurons eu de la pluie et très peu de soleil et de chaleur. Tu sais combien j'aime le beau temps, combien j'ai besoin de soleil pour pouvoir survivre. Je m'effondre aujourd'hui. J'écoute de la musique, et j'ai mal. Nous sommes encore le 22. Ce 22 et ce 23 que je rayerais bien du calendrier. Nombres qui me font bondir bien malgré moi. 
Je ne sais pas trop ce que je veux. Peut être un perpétuel printemps, un soleil permanent qui me permettraient de survivre un peu moins mal. 
J'ai si mal. 
Le soir, j'embrasse ta peluche, celle avec laquelle tu dormais, lorsque tu étais encore à la maison, ta panthère noire. Je lui parle, la serre fort contre moi, comme tu le faisais, il y a des années.
Je câline ta photo et je t'écoute. Je revis chaque soir cette dernière sortie que nous avons faite ensemble. J'entends le son de ta voix, je revois ton visage, tes mimiques, j'entends tes intonations. Je n'ai rien perdu, heureusement. Tu es toujours là. Je recommence chaque soir, et aussi chaque matin, lorsque je te dis bonjour. Je ne perdrais jamais le son de ta voix. 
Ton petit jardin n'est pas aussi beau que je le voudrais. Le temps ne l'a pas gâté cette année, et de mon côté je suis tellement perturbée. Nous allons déménager, pour nous rapprocher de ce jardin, ton jardin.
Mais tout me stresse, m'angoisse.
J'apprends toujours à créer quelques petites choses pour toi. Je voudrais tant pouvoir en faire encore plus. 
Regarde, ma Véro. Regarde, ma vie n'est pas ensoleillée. Les éclairs sont là au quotidien, depuis que j'ai perdu un de mes rayons de soleil, toi ma Biche.
Je t'aime tu sais. Jamais je n'arriverai à y croire, jamais.
Je t'aime tant.





22 septembre 2007 : Comme j'aurais besoin de toi ma Biche. Je voudrais tant pouvoir te parler, me confier à toi, t'embrasser. Je suis fatiguée en ce moment, et aujourd'hui nous sommes le 22, toujours cette même date qui revient.
Nous allons déménager, ma Biche, et cela ne se passe pas très bien. Que c'est dur. 
Tu me manques, et c'est bien peu de le dire. Chaque jour je te parle, j'écoute ta voix, je revois notre dernière sortie, je te revois parmi nous, ou chez toi à Nice.
Je t'aime tu sais. Je t'aime tant.
Aide moi à surmonter cette mauvaise période à passer. 
C'est si dur sans toi.
Je t'aime ma Véro.
Regarde, tu te souviens ...





28 septembre 2007 : Tu me manques ma Biche, comme tu me manques, si tu savais. Ces jours ci deviennent invivables. Comme j'aimerais te rejoindre. La vie ne m'intéresse plus vraiment. Qui peut seulement comprendre vraiment, à moins d'être dans le même cas ? On imagine et on refoule vite cette pensée, je suppose, lorsque l'on a ses propres enfants. On croit que perdre un être cher est comparable, mais comment faire comprendre aux autres que non, que perdre la chaire de sa chaire est le pire qu'il puisse exister. Oh je sais, tu me secouerais si tu étais là. Je te connais. Tu es ma fille. je t'ai mise au monde. J'étais si heureuse. J'ai bien failli te perdre. 
Plus les jours passent et plus je n'ai plus rien envie. Je ne comprends plus rien à la vie, plus rien aux gens qui m'entourent. Je ne comprends pas leurs réactions, malgré leur gentillesse parfois. Ils ne savent pas, ils ne peuvent pas savoir, il n'est pas souhaitable qu'ils sachent un jour. 
J'ai mal, si mal. Le temps n'efface rien. La peine s'est engouffrée et telle une maladie incurable, elle ronge, ronge autant qu'elle peut. Chaque évènement fait mal, toujours plus mal. 
Toujours plus mal, toujours plein de questions sans réponse, toujours cette sale vie qui se présente le matin pour torturer toute la journée. Dans les moments dits "heureux", le voile tombe, tu n'es pas là et tout devient triste. Dans les moments sombres, tu n'es pas là et cela tourne au drame. Dans les moments de doute, je voudrais te parler et tu n'es pas là. 
Je vais devoir quitter cet appartement où je te vois encore tous les jours, alors que tu étais encore là, que tu n'avais pas quitté la maison. Désormais je ne verrai plus cela qu'en film. Film que je me retrace toute seule, chaque jour, chaque soir, afin de garder ces moments où tu étais près de moi. Cette dernière sortie ensemble me revient sans cesse. Comment aurais je pu penser que tu n'avais plus qu'une quinzaine de jours à vivre. Comment ? Je me demande....
Je revois ce 23 avril, cette bombe qui arrivait chez nous, cette annonce. Qui peut comprendre ce qui nous tombe sur la tête à ce moment là ? Qui peut comprendre ? 
Pourquoi ne sommes nous pas descendus tout de suite à Nice, malgré que nous ne pouvions ni te voir, ni entrer chez toi. Notre place était là bas et pas ici. On nous a dit de ne pas descendre et bêtement nous avons attendu le feu vert. Quelle bêtise. Cela prouve à quel point nous n'étions pas dans un état normal. Maintenant lorsque j'en parle certains me disent y avoir pensé et me disent avoir trouvé anormal que nous ne soyons pas descendus vers toi. Pourquoi ceux qui avaient la faculté de penser à ce moment là, ne nous l'ont pas dit. Pourquoi tout le monde s'est retranché, ne sachant que dire. Pourquoi ? Ce poids nous appartient désormais. 
Pourquoi ce n'est pas nous qui avons fait ce qu'il y avait malheureusement à faire ? Je n'étais même pas en mesure de résonner. Mais les gens ne comprennent pas et doivent même penser qu'à notre place ils auraient fait telle ou telle chose. Comme si, ils pouvaient se mettre à notre place. Place où ils ne sont pas, place que je ne leur souhaite surtout pas. 
Ma vie est gâchée ma Biche. Pourquoi être encore là. La vie ne m'apporte que malheurs, désespoir, peurs, angoisses, regrets, soucis. 
Elle ne m'a rien donné jusqu'à ce jour, sauf votre enfance à vous mes petits. Ces moments de pur bonheur que j'ai eu avec vous, juste voilé par la présence de mes parents qui, vivant dans la peur depuis la perte de mon frère et ma soeur, me transmettaient leurs angoisses. Mais je vous avais, vous. Vous étiez tout, mon bonheur, mes loisirs, mes joies. Je n'avais besoin de rien d'autre. 
Maintenant tout a changé et je ne vois plus d'intérêt à cette vie qui me ronge chaque jour un peu plus. Je n'ai pas envie de déménager, pas envie de vivre, ou plutôt de survivre. 
J'aime ton petit jardin, mais parfois j'ai envie de tout arracher, car tu n'as pas besoin de cela. Pas besoin de fleurs. Je ne sais même pas quelle est ta fleur préférée. Mais à quoi bon t'apporter des fleurs. Ce n'est pas cela dont tu as besoin. Tu as besoin de vivre tout simplement. Tu devrais être ailleurs. Je n'y crois pas. J'ai trop mal.
On m'a volé ma fille, et personne n'a rien fait pour éviter le drame. 
Une barrière nous sépare du monde maintenant. Nous sommes en marge de la société. Tout nous agresse. Tout continuera de nous agresser.  
Et ce déménagement qui approche. Papa retrouvera son coin natal. Et le mien ? Il n'existe plus non plus. Enterré lui aussi. Jamais je ne foulerais à nouveau ma terre natale. Plus jamais. Toujours plus jamais. 
J'en ai assez ma Biche. Je vais être coupée d'internet pour aller m'enterrer dans ce village où je n'ai pas envie d'aller. Je veux du soleil, de la lumière pour m'aider à continuer à me sacrifier pour vivre, pour survivre. 
J'ai si mal, si mal ma Fille. Aide moi, par pitié, aide moi. Viens me chercher, viens ma Véro. Je t'aime. Je ne pourrais tenir longtemps comme cela. C'est trop pour mon coeur, trop. 
Je me sens tellement seule, seule à ce gouffre, seule devant cette sale vie, seule à devoir survivre dans ces conditions, seule devant cet ordinateur qui n'a pas d'âme.
Dis moi Véro, me vois tu , m'entends tu ? La religion, non , ce n'est pas pour moi. Comment un Dieu pourrait il laisser faire tout cela ? Dis moi Véro, donne moi le courage de ....
Comme je voudrais dormir, dormir, dormir.
Je t'aime tant. J'en crève tous les jours un peu plus de ne t'avoir près de moi. 
Aide moi ma Biche, ma fille, ma Nounouche. Aide moi par pitié. 
Je t'aime tant. 





3 octobre 2007 : Ma biche, nous avons déménagé hier mardi. Pour la première fois de ma vie j'ai dormi à la campagne. Moi qui ai toujours besoin de la lumière extérieure, j'ai quand même réussi à dormir. Que de fatigue pour déménager. Hier nous avons déménagé tous les meubles. Samedi et dimanche dernier, nous avions déménagé beaucoup de cartons où se trouvent toutes tes affaires, ma Nounouche. Tes soeurs nous ont bien aidés, tonton et tata aussi. Tu étais tellement avec nous, avec moi. Je pense tellement fort à toi en ce moment que les larmes sont souvent là.
Aujourd'hui, nous étions encore à Grenoble. Nous avons continué de faire des cartons, afin de finir de déménager. Mais il y a tant de choses, que demain nous y retournerons encore. J'ai hâte de finir, tu sais. Je suis fatiguée et en ce moment, coupée d'internet, je ne peux pas trop me détendre.
Je pense tant à toi ma Nounouche.
Je t'aime, je t'aime tant.



4 octobre 2007 : Me revoilà, ce soir ma Biche, fatiguée par une journée à Grenoble. Nous avançons dans notre déménagement. Mais que de travail. Je ne pensais pas avoir tant à déménager. J'ai encore rempli beaucoup de cartons. Lorsque j'ai touché tes vêtements de ski, j'ai pleuré. Cela fait tant de mal. Jamais je ne supporterai ton absence, jamais. 
Nous avons habité dans cet appartement pendant presque 18 ans. C'est dur pour moi de quitter mes repères et surtout de quitter cet appartement où tu as vécu. Je sais tu étais partie depuis déjà quelques années, mais les souvenirs restent et je te revois encore dans l'appartement. Je te vois à ton bureau, travaillant tes cours de médecine, alors que ta petite soeur dormait dans la même chambre que toi. Quelquefois tu avais même notre minette qui venait se coucher sur tes cours, t'empêchant d'écrire correctement. Cette chambre avait changé bien sûr car tu avais ton "chez toi" à Nice. Ta petite soeur avait pris la chambre pour elle.  Demain nous retournerons à Grenoble pour tout vider
Je suis fatiguée, ma Nounouche, si fatiguée. Je m'endors.
Je te dirai demain.
Je vais me coucher.
Je t'aime ma Nounouche , je t'aime tant



7 octobre 2007 : Nous voilà mieux installés, ma Biche. Je pense tant à toi en ce moment. J'ai tant besoin de te le dire. Hier samedi, ta grande soeur et ta petite soeur étaient là avec ton beau-frère et les petits bouts. Ils nous ont tant aidés. Nous avons enfin la douche et j'ai pu faire marcher la machine à laver pour la première fois aujourd'hui. 
Oui, nous devons tellement continuer de vider l'appartement de Grenoble, que nous n'arrivons pas à nous installer ici correctement et nous sommes au milieu des cartons non vidés. C'est dur tu sais. Mais le temps est beau fort heureusement. Il y a du soleil. Comme tu aimerais nous voir installés ici, toi qui parlais que le mieux serait de vivre dans le Larzac à élever des chèvres !
Tu as raison, la campagne est plus calme. Je crois que je vais doucement l'apprécier, car tu es toujours près de moi. 
Ce soir nous avons raccompagné ta petite soeur à Lyon où elle continue ses études cette année. 
Mais à Grenoble, nous n'avons pas encore terminé. Nous irons demain pour finir je pense. 
Nous devons aussi être ici, car il y a beaucoup à faire. Les placards ne sont pas aménagés et tout est au milieu. C'est une autre vie, un autre appartement. Nous devons arranger autrement, tout revoir. J'ai hâte de voir tout terminé. Il me faut prendre patience. Je n'ai pas internet, mais, s'il était en route, je n'aurais même pas le temps. Trop à faire, je suis fatiguée. 
Nous avons pris un petit moment cet après-midi pour ramasser quelques noix.
Cela m'a paru tout drôle d'être si proche de ton petit jardin.
Je pense si fort à toi ma Biche. Je ne suis sur le pc, que pour t'écrire. Mais c'est si important à mes yeux.
Je t'aime ma Biche, je t'aime tant et tu me manques tous les jours un peu plus.
Regarde, cette photo, que nous avons pris dimanche dernier, la semaine dernière. Déjà plus d'une semaine que nous avons les clés ! Regarde, notre premier repas ici, un pique-nique rapide sur la toute petite terrasse.
Je t'aime ma Biche, tu es sans cesse près de nous.

  



10 octobre 2007 : Ma Nounouche, nous continuons à nous installer ici. Tu es si présente. Aujourd'hui, sur place, j'ai pu aller à ton petit jardin. J'étais contente de me trouver si près de ton jardin et de pouvoir m'y rendre si rapidement. Je t'ai déposé quelques noix, comme d'habitude, au pied de ton cerisier. J'étais bien, avec toi, sur ce petit jardin. Je pense que j'irai très souvent te retrouver là-bas. Cela me fait du bien. 
Ici, nous rangeons. Papa a réussi à finir l'agencement des placards. J'ai pu ranger presque toutes tes affaires, tes cours, tes vêtements. Demain je finirai. Tout sera bien rangé, je te le promet. Ton placard sera très bien pour que tes affaires soient le mieux possible. 
Nous aménageons notre chambre aussi, le séjour, la cuisine. 
Tu sais, tu es partout et toujours avec nous. 
Je t'aime tant ma Biche. 
Tu serais si contente. Je suis sûre que la maison te plairait. Tu es ici avec nous, toujours.
Nous n'avons pas terminé à Grenoble. Aussi, demain, nous y retournons pour avancer encore, tout finir. 
Nous avons laisser notre minette, à Grenoble. Nous la monterons ici, lorsque tout sera en ordre, pour éviter de trop la traumatiser. Elle est si peureuse. Tu te souviens, elle est si belle et câline notre minette.
Regarde cette photo, ma Nounouche, regarde, la photo n'est pas très réussie, mais tu as notre minette dans les bras. 
Tu l'aimais toi aussi.
Je t'aime ma Biche, je t'aime. Tu me manques tant. Tu es toujours avec nous.





12 octobre 2007 : Ma Biche, j'ai besoin de venir bavarder avec toi. Ici nous continuons de ranger ce nouveau logement. C'est dur, tu sais, de revoir toutes tes affaires. Ton placard est maintenant bien rangé. Mais tout à l'heure, je suis "tombée" sur des photos à ne pas regarder. Tu sais desquelles je parle ma Nounouche. J'ai tant de mal. Cela m'a fait mal et je m'arrête de ranger pour venir te parler, espérant que cela m'apaisera un peu. Je t'aime tant tu sais. C'est si peu dire que nous souffrons de ton absence. C'est si peu dire que j'ai tant de mal à y croire. Je t'aime tant. Jamais cette horrible blessure, si profonde, ne se refermera, jamais. 
La nuit arrive, le ciel est rosé. C'est la campagne, on voit ce que l'on ne voit pas en ville. Je vais doucement m'acclimater à cette nouvelle vie. Mais tu me manques, tu me manques tant. 
Tu te souviens, comme tu étais bien dans ton petit appartement à Nice.
Tu t'y plaisais tant. Cela fait si mal de voir comme tu avais si bien su le décorer.
Et tu ne connaîtras pas celui où nous sommes maintenant.
Tu me manques, je t'aime ma Véro.





15 octobre 2007 : Ma Nounouche, aujourd'hui a été une journée forte en émotions. Dernier jour dans cet appartement qui a vu vos sourires, vos pleurs. Cet appartement qui vous a entendu rire, chanter. Cet appartement dans lequel vous avez joué. Cet appartement où nous avons vécu 18 ans. Nous avions choisi ce quartier pour que vous soyez proches de tout. Proche de l'école, du collège, du lycée, mais aussi du domaine universitaire. Proche du centre ville, car le tramway se trouve tout près. Situé tout près du conservatoire de musique où vous avez appris à vous faire plaisir en apprenant à jouer de la musique. 
Mais cet appartement a vu et entendu nos pleurs, nos cris, depuis avril 2002. Cet appartement était devenu nostalgique, triste. Le quartier, devenu plus bruyant que lorsque vous étiez petits, et nous qui ne supportions plus, étant trop mal parfois, souvent.
J'ai eu un pincement au coeur en repassant dans ces pièces, vides, où toute notre histoire s'est déroulée comme un film, dans ma tête. Ta chambre, celle que tu partageais avec ta petite soeur. Cette chambre qui est ensuite devenue celle de ta petite soeur lorsque tu es partie de la maison pour tes études. Mais tout reste intact dans mon esprit. Tous ces moments heureux. 
Tu sais ma Biche, j'entretiens ta voix, tous ces faits qui ont fait que cette vie à six, lorsque vous étiez encore tous les quatre à la maison, a été belle. Que demander de plus à une maman que de voir ses enfants heureux et bien portants près d'elle.
Mais les très mauvais souvenirs aussi sont revenus. J'ai revu cette salle de séjour où la police nous a annoncé l'horrible nouvelle. 
Dur, si difficile de repenser à tout cela. Dur de quitter ce lieu, sachant que j'ai vécu 18 ans dans cet appartement mais 40 ans dans ce quartier. Si difficile d'effacer tous ces souvenirs qui affluent dans ma tête.
Nous n'avons pas quitté cet appartement pour tenter d'oublier l'horreur. Non, car il y a tant de belles choses de toi qui vivent dans cet appartement. Non, simplement nous nous sommes rapprochés de ton petit jardin, et c'est très important pour notre équilibre, car nous devons continuer ce chemin qu'est la vie, ma Nounouche. C'est si dur sans toi.
Je t'aime tu sais, je t'aime tant. J'entends toujours ta voix et c'est si important pour moi.
Regarde ta chambre, vide, mais où tu étais avec moi, aujourd'hui.
Regarde, dans ces moments difficiles, je porte toujours un vêtement à toi.
Je penserai toujours à toi, ma Véro. Jamais tu ne me quitteras.
Je t'aime ma Biche, je t'aime.
Regarde, ma Biche, regarde ta chambre.





22 octobre 2007 : Ma Biche, j'essaie de me remettre un peu sur le pc, mais j'ai trop peu de temps et cela me manque. Je déprime d'être coupée d'internet ainsi. Aujourd'hui est un jour particulier, tu sais. Le premier 22 ici. Tu m'as beaucoup aidée à travailler aujourd'hui. Pourtant je me suis levée très fatiguée. J'ai rangé et rangé encore. Hier soir j'étais très mal. Trop fatiguée, je n'avais plus envie de rien. Je réalisais que tu n'étais pas là et cela m'était insoutenable. J'ai mal dormi. Il y a 5 ans et demi, tu partais, pour une destination bien inconnue. Si tu savais comme tu me manques ma Nounouche. J'aurais tant de choses à te dire. Ces moments forts de la vie, où nous devons prendre des décisions, changer notre mode de vie, c'est dur tu sais et tu me manques tant. J'essaie de faire face, mais je craque souvent. 
Je t'aime ma Biche, je t'aime tant. Je te voudrais tant près de moi, près de nous.
Regarde ma Véro, j'ai retrouvé cette photo, ta chambre, alors que nous étions en train de faire la tapisserie que tu avais choisi. Tu avais voulu du vert pastel. Il y avait de la moquette aussi. Tu étais jeune encore. Regarde tes peluches sur l'étagère que Papa t'avait fait, au dessus de ton lit. Tout est si loin. Comme je reviendrai volontiers à cette époque, revivre ces moments heureux, où j'avais mes 4 enfants près de moi.
Je t'aime ma Biche, je t'aime tant.
Tu me manques.





28 octobre 2007 : Ma Nounouche, aujourd'hui il fait beau temps, mais toujours gris dans mon coeur. Ce déménagement m'a affaiblie moralement et je pense tant à toi. Je suis très vulnérable et je ne me sens pas toujours bien. Tu me manques, tu sais. Tu ne connaîtras pas cette maison, cette campagne. Je te parle chaque jour, mais où es-tu ? 
La vie est si dure sans toi. 
Nous avons enfin fini de déménager tout ce que nous avions sur Grenoble. Nous voilà maintenant ici. Nous n'avons plus ces trajets à faire tous les jours. La fatigue est bien là, et cela n'arrange rien au moral.
Je viens de réaliser cette petite création pour toi, car je pense sans cesse à toi. 
Je t'aime tu sais. Je pense toujours à notre dernière sortie ensemble, et j'ai tant de mal à croire à la suite.
Je t'aime ma Biche, je t'aime tant.





30 octobre 2007 : Nous arrivons à cette date que je n'aime pas du tout. Pour moi tu es là, avec nous. Ta présence est toujours là. Je ne cesse de penser à toi. Tu nous manques tant. 
Nous continuons d'emménager. Beaucoup à faire. Et cette maison que tu ne connaîtras pas. C'est dur tu sais.
J'ai bien rangé ton placard. Tes affaires, toutes tes affaires, sont maintenant bien rangées dans ton placard, ici.
J'ai pris le temps de faire une petite création pour toi. Cela me fait du bien. Rien n'est trop beau pour toi. Mais je ne suis pas très douée encore. 
Tu étais si belle, beau bébé et déjà coquine. 
J'ai mal ma Biche. Comment croire à ce qui s'est passé ? 
Je t'aime ma Biche, je t'aime tant.





01 novembre 2007 : Aujourd'hui, fête de la Toussaint, j'ai mal. Je n'aime pas cette fête où l'on entend parler de cimetière. Je n'aime surtout pas t'associer à cette fête, ma Biche. C'est impossible pour moi, insoutenable. 
Pour me "consoler", je préfère tout simplement penser à Halloween. Je sais que beaucoup de personnes n'aiment pas cette fête, mais pour moi c'est une évasion.
Je ne supporte plus cette période de l'année. Je te veux tout près de moi. Il est insoutenable de t'imaginer là-bas. 
Je préfère penser, me souvenir, de ces belles photos de toi, t'amusant avec tes amis, déguisée, faisant la fête. 
Regarde cette photo. Elle te rappellera Berkeley, ton année de maîtrise aux États Unis. Ton maquillage, ton déguisement. Comme tu avais dû t'amuser. 
Tu aimais tant les peluches, ma Véro, que je t'en offre autant que je le peux, ici comme à la maison. 
Je t'aime ma Nounouche. Je t'aime. Tu me manques tant.





21 novembre 2007 : Ma Nounouche, dis moi, c'est quoi la vie ?
Lorsque rien ne va, lorsque tout s'accumule ?
Puisque tu n'es plus là ?
J'ai trop mal
Nounouche, par pitié.
Je t'aime trop, trop pour espérer être normale un jour.
Nounouche 



22 novembre 2007 : Ma Biche, un 22 de plus. Aujourd'hui nous avions des courses à faire en ville. La journée est passée ainsi, mais tu as été près de moi en permanence. Dans la soirée, je n'ai pas résisté à entrer dans cette petite boutique où nous avions été le dernier jour où je suis sortie avec toi. Ce jour où tu m'as aidée à m'habiller pour le mariage de ton frère. Je suis retournée dans ce petit magasin. L'émotion était si grande. Je te cherchais, tu étais avec moi. Je te revoyais aux différents endroits où tu avais choisi ces perles, je me souviens de tes mots, de tes gestes. J'ai fait 2 fois le tour du magasin, et je suis ressortie. Je n'ai rien trouvé qui ressemblait vraiment à ce que tu avais choisi en avril 2002.
Je pense tant à toi ma Nounouche.
Je t'aime tant tu sais. Et en ce moment où beaucoup de choses vont mal, j'aurais tant besoin de toi.
Je t'aime.
Regarde, tu étais si heureuse.





26 novembre 2007 : Ma Biche, ma Nounouche, tu me manques tant. Je te parle, je te dis tout, mais ta présence me manque. J'aimerais tant que tu sois là en ce moment. J'ai tant besoin de toi, j'ai si mal.
Je t'aime, je t'aime tant.





16 décembre 2007 : Ma Biche, la vie est dure en ce moment. Moment de "fêtes"...
Pas pour nous. Comment est-ce possible sans toi. Par moment ton absence m'est insupportable, et le coeur déborde de désespoir. Les soucis actuels amplifient ce manque de toi. J'ai tant à te dire. Tu nous manques tant. Ta place est là ma Nounouche, ici, bien vivante, à participer à la vie de la famille. 
Quelle injustice, quel gâchis, quel désastre. 
Que c'est dur ma minette, que c'est dur ma fille, ma biche, ma Nounouche, ma Véro.
Comme je t'aime, comme tu me manques.
C'est si peu de le dire.
Tu es toujours avec moi, en moi, près de moi.
Jamais tu ne me quittes.
Mais que de douleur.
Je t'aime, je t'aime tant.
Ces petites réalisations que je fais ne te ramènent pas vers nous, mais me montre à quel point tu étais toujours souriante et heureuse.
Pourquoi t'a-t-on volé ta vie ?
Je t'aime.






22 décembre 2007 : Ma Nounouche, la vie n'est pas facile ces jours ci. La fin de l'année n'est jamais une bonne période.
Tu es là tout près de nous, mais comme ta présence nous manque !
Il y a des jours où la peine est insupportable. 
Mais il faut avancer, pour toi, parce que tu ne voudrais pas, mais aussi pour tes soeurs, ton frère et tes neveux et nièce.
Nous faisons de notre mieux ma Biche, mais tout le monde ne comprend pas. On se heurte encore quelquefois à des mots qui font mal.
Je t'aime tu sais. Je t'aime tant.
Je voudrais tant t'offrir pour Noël, mais vois-tu ce que je fais ? 
Tu me manques tant ma Véro.
Regarde, tu aimais tant les belles bougies !





26 décembre 2007 : Ma Biche, j'aime t'offrir des petites créations lorsque je viens bavarder avec toi.
Regarde celle-ci. Je l'ai trouvé si belle pour toi. Bien sûr, c'est moi qui l'ai réalisé, mais elle n'est pas de moi, c'est un tutoriel. 
Noël est passé. Heureusement, car sans toi, c'est toujours douloureux. Tes photophores ont brillé et continuent de briller encore pendant ces jours qu'on dit de "fêtes". 
Bientôt nous changerons d'année. 2008 ... Toi qui est partie en 2002.
Faut-il y croire ma Biche ? 
Non, tu es toujours avec nous.
Mais ton absence est si dur à supporter.
Je t'aime, je t'aime tant tu sais.





1er janvier 2008 : Nous venons de changer de calendrier ma Biche, mais rien ne change dans nos coeurs. Tu n'es toujours pas là. Nous devons continuer de vivre sans toi. La vie est bien fade et que ferions nous si nous n'avions pas ton frère et tes soeurs et les petits pour nous aider à sourire, à voir les belles choses de la vie, toujours voilées par ton absence. J'ai eu du mal, comme Papa, à entendre parler ton professeur de laboratoire à la télévision. Que c'est dur de revoir le labo où tu étais si présente, où tu avais ton bureau, ta place, tes "manips", tes cellules qui t'attendaient. Ces cellules sur lesquelles tu travaillais pour aider la recherche sur le cancer. Tu as eu ta part dans cette recherche. Et tu en aurais fait bien d'avantage. Tu serais partie aux Etats-Unis, continuer encore plus. Quel gâchis, que de douleur ma Nounouche. Tu aimais ce que tu faisais. C'était une passion pour toi. Ton professeur t'aimait bien je pense et voyait en toi une personne volontaire qui pouvait aller loin dans ses recherches. Oh ce n'est pas me vanter que de le dire. Je n'ai pas de quoi en être fière puisque tu n'es plus là. Je t'aurais préférée plus simple mais présente. Tu as une thèse, tu es docteur à titre posthume. Quelle gloire pour nous ... Ce n'est pas à nous que reviennent ces lauriers. C'est bien toi qui aurait dû la recevoir cette thèse et faire la fête après, avec les compliments des professeurs. A la place de cela, c'est nous qui étions présents, en pleurs. 
Et les calendriers continuent de changer. La terre ne s'arrête pas de tourner. Que c'est triste.
J'avais besoin de te dire tout cela. 
Je vais essayer de mettre tes parutions, sur ton site, mais personne, sauf des scientifiques dans ce domaine comprendront. Tout est en anglais et comment comprendre tout cela. Je me souviens seulement que tu nous parlais de tes cellules qui t'attendaient. 
Je t'aime ma biche. Combien de fois vais je te dire que j'ai tant de mal à croire que plus jamais ...
Je t'aime tant.





8 janvier 2008 : Ma Nounouche, une nouvelle année a déjà bien commencé, et toujours sans toi. Nous sommes très occupés avec ta petite soeur en ce moment et nous pensons constamment à toi. Tout nous ramène à toi. Tu nous manques terriblement.
Aux informations, il est question des criminels malades, récidivistes. Comme nous nous sentons concernés. 
La vie n'est pas simple tu sais. La justice et nous n'avons pas encore pas fini. 
Je ne peux toujours pas faire cette page de ton site. Je devrais me taire de toute façon. La liberté de s'exprimer n'existe pas, alors que les assassins ne sont encore pas pris en main comme il le faudrait. Vont ils s'intéresser à ce fléau ? 
Combien de jeunes filles, jeunes gens, enfants ont perdu la vie après toi, ma Biche. Il est grand temps que la justice sorte de l'ombre. 
Le mal est fait pour toi, pour nous. Rien ne pourra nous apaiser. Mais combien de famille comme nous pleure et pleurerons jusqu'à la fin de leurs jours.
J'ai tant de mal à croire à tout cela. J'ai toujours l'impression de vivre un cauchemar. 
Comment y croire ma Nounouche. Comment se résigner.
Ce n'est pas possible.
Je t'aime, je t'aime tant.
Tu te souviens comme tu étais heureuse aux Etats Unis, lors de ta maîtrise de biologie.
Regarde, Nounouche





12 janvier 2008 : Il y a des jours, ma Nounouche, où la douleur est plus forte que d'autres.
Il y a des jours, ma Biche, où il m'est insupportable de penser à la vérité
Il y a des jours , ma Véro, où je n'arrive pas à avancer
Il y a des jours ma fille où tu me manques tant, mais tant que ce n'est pas supportable.
Je te vois partout. Je n'y crois pas. J'ai mal. C'est l'hiver, le mauvais temps est là pour nous assombrir ces dures journées qui passent sans toi.
Comment te dire que ce que nous vivons est insupportable, malgré le visage que nous montrons, malgré nos rires quelquefois. 
Rien ne sera jamais plus comme avant, et j'ai trop de peine à y croire.
Je crois toujours, 5 ans et demi après, être dans un cauchemar.
Nous entendons encore des anecdotes, des faits qui nous ramènent à toi et qui font mal, car tu n'es plus là.
La vie continue. Pas pour toi. Mais je n'arrive pas à croire que tout s'est arrêté pour toi.
Je t'aime ma Nounouche. Je t'aime tant. J'ai trop mal aujourd'hui, toujours.
Regarde ces photos. Des jours que tu avais passés avec ton frère, avec ta petite soeur, ton dernier Noël, ton dernier séjour à la maison pour les 2 ans de ton petit neveu, ton dernier jour...
Comme ça fait mal, si mal, très mal, horriblement mal.
Je t'aime ma puce.





15 janvier 2008 : Ce soir je reviens te parler ma Biche. Tu me manques toujours autant tu sais. Jamais plus rien ne sera comme avant. Je sais je te répète toujours la même chose, mais c'est vrai, tu me manques tant et j'ai toujours autant de mal à croire à ce qui est arrivé.
Je vais devoir remonter mes médicaments. Ma maladie a récidivé. Demain je rappellerai le médecin, j'ai mal. Et ce mal ressemble à celui que j'avais lorsque j'ai commencé mon traitement. Mon analyse révèle bien une inflammation de nouveau. Demain j'aurai le médecin au téléphone et je sens que je vais devoir remonter mes doses de cortisone. Moi qui croyais en être arrivée à la fin ou presque. Je te dis cela ma Biche, mais ce n'est rien, rien à côté de ce que tu as vécu. Je préfèrerais avoir encore plus mal et te savoir pleine de vie. Mais je n'ai pas le choix. La vie ne m'a pas souvent gâtée, sauf pour me donner le droit d'avoir de beaux enfants, après beaucoup de peine pour vous "porter" pendant 8 mois. Mais j'ai réussi, avec l'aide de papa pour me soutenir ainsi que Mémé et Pépé. Mais quelle joie lorsque vous étiez là.
Cela a été mon plus grand bonheur, avec de la peine avant et le pire après. 
Pourquoi m'avoir permis de te mettre au monde, avec beaucoup de difficultés, pour te voir partir à moins de 27 ans.
C'est bien la pire des choses, ma Nounouche, pour une Maman, pour un Papa. 
Je t'aime tu sais, je t'aime tant.
Regarde, tu étais heureuse au labo où tu n'as pas eu le temps de présenter ta thèse de bio.


 


22 janvier 2008 : Encore un 22 ma Nounouche. Ce 22 qui revient chaque mois. Ce 22 qui m'arrache le coeur dès que l'heure où tu as laissé ta vie arrive. Je suis fatiguée ce soir. Ce n'est pas innocent. Ce 22 m'a travaillée toute la journée, pourtant j'étais avec ta petite soeur et j'étais contente d'être avec elle, mais j'ai peur quelquefois de ne parler que de toi. Tout ce que je vois, tout ce que je fais font référence à toi. Je parle si souvent de toi, de ce que tu faisais, de ce qui t'appartenait, Tout revient à mon esprit dés qu'il faut choisir quelque chose, dès que je vois quelque chose. Tout, tout me ramène vers toi. Pourtant tes soeurs et ton frère occupent une grande place dans ma vie. Mais tu occupes une place toute aussi importante. Jamais je n'arrêterai de parler de toi. Tu vis en moi, avec moi et je ne peux me taire. Mais il faut que ton frère et tes soeurs sachent combien je les aime, combien je tremble pour eux, parce que je veux leur bien, leur bonheur. Mais je ne peux pas rester longtemps sans parler de toi. Tu es vivante , si vivante dans mon coeur. Tu es toujours avec moi, toujours, et tu le seras toujours. 
Même si j'ai mal, j'arrive à sourire, à vivre avec tes soeurs et ton frère, avec tes petits neveux et nièce. Mais tu es toujours là près de nous. Sinon, je ne pourrais pas vivre.
Je pense si souvent à toi, que je me remet en question. Est ce que ce site te plait ? Je l'ai construit en bleu, parce que j'aime cette couleur. Mais je me souviens tant que tu aimais la couleur bordeaux, et je me pose la question de savoir s'il ne faut pas que je fasse autrement pour qu'il soit le reflet de ce que tu aimes.
C'est dur ma Biche. Si dur. Le soir, lorsque je te dis bonsoir, je te vois vivre, bouger, parler, et mon coeur se serre. J'ai une douleur qui me tenaille. Je prends conscience de la réalité. Je repousse vite cette réalité pour t'avoir à moi bien vivante.
Je t'aime tu sais, je t'aime tant.
Je réalise ces petites créations. J'espère qu'elles ne te déplaisent pas. 
J'ai si peur de te décevoir.
Je t'aime ma Nounouche.





3 février 2008 : Pardonnes moi ma Nounouche, j'ai de plus en plus de mal à gérer ton site. 
La haine revient. Oh elle n'était pas vraiment partie, mais ces jours ci, cela ne va pas. J'ai mal, trop mal. Tant de choses ne vont pas, et pour moi la cause vient de ta perte près de nous. Trop de choses à gérer, trop de problèmes, rien ne va comme je voudrais, car je te voudrais près de moi. 
Lorsque j'essaie de créer quelque chose sur ton site je suis prise d'angoisse, de panique. Dis moi ce que je fais là. Je ne suis pas à ma place et toi encore moins à la tienne. 
J'en ai marre, marre de cette vie. Trop de choses ne vont pas sur cette terre, trop de gens méchants, qui se fichent de tout, qui vivent et ne se rendent pas compte du bien qu'ils ont de vivre tels qu'ils sont. 
Nous irons demain chez l'avocat, une fois de plus. Cela m'angoisse terriblement. J'ai mal, mal. Je sens que je vais éclater demain. 
Je ne peux pas tout dire sur ce site, sur ton site. Pourtant si je disais ce que je pense, cela me soulagerait peut être. 
Mais cela ne changerait rien. Tu n'es plus près de nous, et nous en souffrons tous à la maison. 
Je me sens toute trembler intérieurement. J'ai la rage au ventre. Je voudrais me venger. Des responsables, il y en a. 
Cela aurait pu être évité. Mais je dois toujours me taire.
Me taire à en crever.
J'ai mal ma Biche, j'ai trop mal. Je pense à toi et cela me torture, et je m'interdis de te "chasser" lorsque ma pensée va vers toi. 
Trop de haine, trop de mal en moi. Mon coeur se serre, mon coeur éclate. Ce n'est pas possible. 
Je te fais des petites créations, mais à quoi bon ? Tu t'en fiches ma Véro. Ce n'est pas de cela dont tu as besoin. On t'a pris ta vie et c'est le principal que l'on t'a enlevé. Tout le reste n'est que parade. 
Il ne reste maintenant que ton absence, notre chagrin et notre haine.
Je t'aime ma Nounouche, je t'aime tant 
J'ai trop mal.





22 février 2008 : Ma Nounouche, encore un 22. Comme j'ai pensé à toi aujourd'hui. Je pensais à ce dernier jour de ta vie, dernier jour où tu étais si heureuse, dernière journée où tu respirais la joie de vivre, dernier jour où tu vivais dans ton monde de la science, dernier jour parmi tes amis, dernier jour où tu faisais la fête. Tu ne savais pas ce qui t'attendait. 
Tout à l'heure, en revenant de chez ta petite soeur, seuls les phares des voitures pouvaient éclairer mes yeux embués. J'écoutais de la musique dans la voiture, espérant pouvoir pleurer davantage, mais le film repassait dans ma tête et c'est la colère qui montait. Je défaisais l'histoire. J'imaginais que tout cela n'était pas arrivé, que cet individu s'était suicidé sans t'approcher. J'imaginais que tu étais toujours là. J'imaginais, j'imaginais, ce que je voulais qu'il soit. Hélas, la vie en est toute autre, et tu n'es plus là et c'est insupportable.
Mal, mal, toujours mal. Impossible de me faire à cette idée de la vérité. Impossible d'y croire. Impossible de rester calme. La colère me gagne. 
Pourquoi, pourquoi tout ceci. Pourquoi ce gâchis, pourquoi ce drame, sachant qu'il aurait pu être évité si la négligence humaine ne faisait pas partie de cette sale vie.
Ne m'en veux pas ma Biche. Je me demande comment faire pour vivre sans toi. Je n'ai pas de force et je me "pousse" sans cesse. Je suis soucieuse, encore plus soucieuse, je culpabilise, je n'arrive pas à être sereine.
Je t'aime, je t'aime tant ma Véro.
J'essaie de créer des petits cadres avec tes photos, avec des mots d'amour, mais à quoi bon, m'entends tu ? 
Je t'aime, je t'aime tant. J'ai si mal.
Regarde ma biche, c'est si peu, mais c'était tes dernières heures, tu étais heureuse, tu fêtais le départ de collègues du labo. On ne voit pas ton visage, mais toutes les photos me sont précieuses. 
Belle, tu étais belle. Ton joli pull, souillé par ton sang, tous les vêtements que tu portais ce soir là, tout, tout a été brûlé par la police. Ont ils pensé une seconde à nous ? Non, ce ne sont pas des hommes. C'est inhumain. 
J'ai trop mal ma fille.
Je t'aime tant.



Et ici tu étais heureuse, tu étais encore avec nous, en vacances.





22 Mars 2008 : Un 22, encore un. Un jour que je n'aime pas.
Je suis mal en ce moment, ma Nounouche. Mal de voir arriver ce mois d'avril. Ce mois qui marquera le 6e anniversaire de ton départ. Où es tu ma Nounouche. Où es-tu ? J'ai si mal en ce moment. Les larmes coulent dès le matin. Je n'ai goût à rien. Je ne sais que faire pour aller mieux, car tu n'es pas là. J'ai trop mal. 
Je suis fatiguée. 
Que c'est dur de devoir avancer sans toi. Je n'arrive pas à y croire. Un mois de douleur encore. Oh après ce mois tu ne seras pas là. Mais ces dates anniversaire me font encore plus mal que les jours qui passent. 
Tous les jours tu me manques. Le soir je te dis bonsoir et je me souviens. Je te vois, je t'entends, je t'écoute. J'entretiens le son de ta voix. J'ai tant envie de te voir que je t'imagine à la maison maintenant avec des propos que tu tiendrais sur une chose ou une autre. Tu me manques tant ma Nounouche. Tu nous manques. Nous souffrons tous. 
Ton pépé aurait 95 ans aujourd'hui. Il est né un 22 mars. Heureusement, il était déjà parti lorsque tu nous as quittés. Il n'aurait pas supporté lui non plus, comme Mémé.
Bientôt arrivera l'heure que je n'aime pas voir le 22 de chaque moi.
Mais je crois que je vais dormir avant. Ce mal de vivre me fatigue tant.
J'ai mal, tu me manques ma Nounouche
Je t'aime, je t'aime tant.
Regarde comme tu es belle ici. Regarde, tu te souviens comme tu étais coquette. Tu sais que "le père Noël" t'apporte toujours ton eau de toilette. Regarde ces flacons d'eau de toilette ressemblent à celui que je t'avais acheté pour Noël 2001.
Je t'aime Nounouche, je t'aime, j'ai si mal.






22 Avril 2008 : Six ans, ma Nounouche, six ans ce soir que tu nous as quittés. J'ai peine à croire à ce qui c'est passé. Je n'y parviens pas. J'ai mal. Je n'arrive pas à croire que ce lundi 22 avril 2002, nous étions à la maison, tranquille, avec ton frère et ta future belle soeur et ta petite soeur. Nous devions parler de leur mariage prévu le 27 avril, donc le samedi suivant. Nous étions heureux nous allions être tous réunis et ce mariage nous laisserait d'aussi beaux souvenirs que celui de ta grande soeur. Nous ignorions tout de ce qui pouvait se passer pour toi. 
Tu étais seule, ma Biche, seule, désespérément seule, face à ce fou. Et nous de notre côté, nous avons dormi normalement cette nuit sans rien savoir, sans imaginer l'horreur qui se passait sur ton palier. Nous étions heureux alors que toi...
Je m'en veux, je m'en veux, je n'étais pas près de toi. Nous ne t'avons pas protégée. Comment aurions nous pu imaginer une telle chose, un tel acte, une telle horreur. 
Nous étions heureux et toi, tu avais déjà basculé. La vie ne t'appartenait plus. Tu baignais dans ton sang, sur le sol, alors que je dormais dans mon lit.
Je penserais toujours à cela. Toute une nuit, toute une nuit, seule, dans ton sang, seule, seule, seule et sans vie.
Le mardi matin 23 avril, nous sommes allés porter des photos à développer pour te les offrir. Ces photos, tu ne les as jamais vu. Elles sont désormais dans tes affaires, car elles étaient pour toi. 
Nous ignorions tout, tout de ce qui se passait à 500 kilomètres de nous. 
Nous étions heureux sans savoir que notre vie allait sombrer dans l'horreur quelques heures plus tard.
A 14 heures, les policiers étaient à la maison et c'est notre vie qui bascula...
Comment ai-je pu survivre à un tel drame ? Je me le demande encore.
Je t'écris, il est presque minuit et à cette heure là, ton coeur s'était déjà arrêté de battre. Tu avais déjà quitté cette terre. 
Je ne sais plus que dire, que faire.
Rien n'est réparable. Comment croire que tu es partie.
J'ai trop de mal. Je ne peux pas faire "marche arrière", et je continue d'avoir mal.
Je t'aime ma Nounouche, je t'aime tant, et je n'ai plus que ta photo à embrasser tous les soirs, que les peluches que je t'achète, que les fleurs que je regarde pousser dans ton petit jardin.
Demain sera aussi une journée difficile. Jour où nous avons eu les policiers à la maison.
Je me souviendrai toujours de cette horreur.
Ce mal qui me ronge s'éteindra avec moi. Jamais je ne pourrai t'oublier pour être pleinement heureuse. Jamais.
C'est bien la pire sentence que des parents peuvent subir : la perte de leur enfant.
Je t'aime ma Nounouche, je t'aime tant.
Regarde, ma Nounouche, c'est la dernière photo de toi.
Elle a été prise quelques heures avant...
Tu ne l'as jamais vu.
Tu fêtais avec tes collègues, le départ de chercheurs du labo.
C'était, juste avant de ... rentrer chez toi.






23 Avril 2008 : Six ans ma Nounouche, il y a six ans la police était à la maison pour nous annoncer le drame.
Comment ne pas me souvenir de ces moments atroces que nous avons vécus. 
Le pire que l'on puisse infliger à des parents.
L'horreur, ce que nous ne voulons pas croire.
L'anéantissement de tout. La vie qui bascule, les cris, les pleurs.
Jamais je ne pourrai oublier.
Je me souviens que dans les minutes qui ont suivi
Je ne pouvais plus voir une seule de tes photos
Nous avons dû les enlever de mon regard
Car je ne pouvais imaginer que toi, ces belles photos avec ton visage faisaient partie du passé
Je ne pouvais imaginer que tu ne faisais plus partie de ce monde
Et ton image me renvoyait cette réalité que je ne voulais pas admettre
Jamais je ne pourrais oublier ces horribles moments
Les pires de ma vie.
La douleur est toujours là, sourde, sournoise.
La vie est si dure sans toi ma Biche
Je t'aime tant
Tu es toujours dans mon coeur
Regarde, tu te souviens





02 Mai 2008 : Regarde ma Nounouche, c'était le temps du bonheur, le vrai premier mai, le muguet porte bonheur.
Maintenant je n'y crois plus. 
Ce muguet ne m'a pas apporté le bonheur au fil des années.
Plus rien n'est comme avant.
Tu me manques ma Biche
Tu me manques tant
Je t'aime
Le muguet a fleuri dans ton petit jardin
Et toi ... tu n'es pas là
J'ai si mal de toi



J'étais une maman comblée, accompagnée de mes quatre enfants.
Ici, pour ta communion, ma Véro.



22 Mai 2008 : Oh ma Nounouche, je me répète toujours. J'aurais tant de choses à te dire. J'ai des soucis, ma santé n'est plus aussi bonne qu'avant. J'ai cette impression de vieillir qui me tiraille. Je pense tant à toi. Combien de fois je pense que tu pourrais faire quelque chose lorsque cela ne va pas. Tu me manques tant. Je t'imagine toujours passant la porte d'entrée avec un enfant dans les bras et ton compagnon. C'est dur ma biche tu sais. Que c'est dur. Je suis si vulnérable. La vie est si difficile. 
Je t'aime, je t'aime tant tu sais. 
Où es-tu partie ? 
Si tu pouvais revenir ...

 




22 juin 2008 : Encore un mois de passé, encore un mois sans toi. J'aimerais tant t'avoir à mes côtés en ce moment. J'aurais tant à te dire, à te confier. Tant de choses me ravagent le coeur. Tant de choses me font mal, m'angoissent. J'ai du mal à "avancer" en ce moment. Tout se brouille dans ma tête. Tu sais notre petite chatte, Biscotte, la tienne je devrais dire, car c'est toi qui la conduisais chez le vétérinaire au tout début où nous l'avions. Biscotte ne va pas bien. Elle est âgée et a des problèmes. C'est normal, à 18 ans pour un chat, mais voilà, j'ai du mal à supporter. Tout m'agresse, tout m'angoisse.
Vendredi, j'ai, une fois de plus, parcouru le chemin où nous avons "flané" los de notre dernière sortie en ville, avec ta petite soeur. J'ai pris des photos pour me souvenir, pour te montrer à nouveau tous ces endroits qui pour certains ont un peu changé. Le coeur est toujours serré lorsque je vais en ville parcourir cette zone piétonne. Mais en même temps tu ne me quittes jamais. Tu es là près de moi et tu me guides. 
J'ai mal, ma Nounouche. Comment pourrait il en être autrement. Quelquefois c'est insoutenable et je ne voudrais plus voir personne, jalousant ceux qui ont oublié de se souvenir de nous, ceux que la vie a épargnés. Pourtant ces derniers n'y sont pour rien. 
D'autres fois, j'aurais besoin d'une main tendue vers moi pour m'aider à tenir, mais c'est si dur à partager, et nous sommes un peu seuls. Ton frère, tes soeurs ont leur douleur. Ils sont jeunes, ils doivent vivre pour leurs enfants, pour leur avenir. Nous ....c'est différent.
Je t'aime ma biche, je t'aime tant. 
Jamais je n'accepterai.
Tu es toujours si présente. 



Les photos sont de mauvaise qualité. J'ai mal de ne plus avoir de nouvelles photos de toi. Aussi j'en suis arrivée à capturer des photos de films que nous avons fait lorsque tu étais près de nous. 
Je t'aime ma Nounouche.



02 juillet 2008 : Ma Nounouche, ma Biche, la vie est difficile et ce soir tu es très présente. Tu nous manques. J'aurais tant à te dire. Notre Biscotte, notre Minette, ta Minette n'est plus parmi nous. Elle était malade ces jours derniers et il a fallu la faire euthanasier tout à l'heure vers 18 heures. Je suis mal ma Biche. J'entends ses miaous qui nous ont tant aidés depuis que tu es partie. Elle nous a tant aidés alors que beaucoup s'éloignait. Elle était tant pour nous. C'était une partie de toi ma Biche. C'était notre confidente des mauvais moments. C'était plus qu'une bête, puisqu'elle sentait notre désespoir et elle nous calinait. 
Un passage dur, si dur. Tu me comprends je le sais.
Elle avait aimé cette maison, ce jardin où elle avait appris à faire son petit tour, et cela me faisait plaisir. 
J'ai mal ce soir, elle me manque.
Je voulais te le dire tout de suite ma Nounouche. 
Les temps sont durs. A croire que nous n'aurons jamais de répit. Des problèmes, encore et toujours. 
Certaines personnes cherchent peut être à nous accabler, volontairement ou involontairement, mais je leur donnerais bien ma place, afin de voir s'ils sont mieux que moi.
Tout cela me fait si mal.
J'aurais tant besoin de sérénité pour penser à toi, m'occuper de tes fleurs dans ton petit jardin, t'écrire sur ce site qui est ton chez toi. 
J'ai mal ma Biche, j'ai mal, malgré ce soleil qui est présent chaque jour depuis trois semaines environ. Malgré cette chaleur que j'aime bien, tu le sais.
Nous pourrions être "bien" dans cette petite maison , ce petit jardin, mais tu n'es pas là.
J'ai si mal ma Biche, si mal.
Tu me manques trop, je t'aime tant.



03 juillet 2008 : Ma Biche, je ne peux t'écrire que ce soir, nous avons eu un temps déplorable toute la journée. Une grosse pluie et surtout l'orage toute la journée. Je n'ai pas pu rester sur l'ordinateur, car j'avais peur que la foudre vienne me détruire l'ordinateur.
Nous ne sommes toujours pas en forme. Biscotte nous manque tu sais. On pense à toi ma Biche, toujours autant et le départ de Biscotte, qui malgré que ce soit une bête nous calinait lorsque nous n'étions pas bien, nous rend encore plus mal.
Nous avons des soucis avec ta petite soeur, c'est dur, dur, très dur, si dur. 
Au milieu de tous ces soucis, un évènement heureux, mais toujours voilé par ton absence. Nous aurions tant aimé, comme d'habitude partager avec toi. Ton petit neveu est né. Ton frère a eu un deuxième petit garçon. 
Un bébé, c'est si adorable, mais comme nous pensons à toi, ma Nounouche !
Je t'aime, je t'aime tant. Jamais plus la vie ne sera comme avant.



22 juillet 2008 : Ma Nounouche, nous nous sommes absentés quelques jours et en arrivant nous avons trouvé la pire lettre que je pensais trouver. La justice nous a achevés. 
C'est la faute de tous ceux qui n'ont pas pris soin de cet assassin si tu n'es plus là et maintenant le verdict tombe. Cet avocat incompétent, cet avocat qui nous a usés pendant 6 ans a eu raison de nous. C'est lui qui a raison aux yeux de cette justice, et nous qui continuerons de pleurer. 
NON.
La haine m'envahit trop ma Biche, je ne peux plus, je ne peux plus vivre ainsi.
Attends moi, ma Nounouche, attends moi, cette terre ne m'a jamais aidée. 
Je n'en peux plus de vivre, de survivre ainsi.
Le sort s'acharne sur moi.
Plus rien n'arrive à m'aider. Je me sens terriblement seule.
Je n'ai qu'une idée en tête, te venger.
Je ne veux plus rien ma Véro.
Je n'en peux plus.
Je sais que tu ne peux pas m'aider, car personne est près de toi.
Où es tu ? Partie pour toujours . 
Je souhaite te rejoindre ma fille, après t'avoir vengée.
Je me sens seule, terriblement seule.
Je t'aime et j'ai vraiment trop mal, je ne peux plus vivre.







18 août 2008 : Ma Nounouche, ton petit neveu que tu aimes tant est avec nous quelques jours. Il dort à la maison. Il est grand tu sais maintenant. Il parle de toi. C'est ta grande soeur qui nous l'a dit. Tu l'aimes tant. Tu avais sa photo en fond d'écran sur ton ordinateur, tu te souviens.
Tout me fait penser à toi tu sais. Tu me manques tant.
Regarde, tu avais deux ans sur cette photo. Tu étais belle. 
C'est l'âge qu'avait ton petit neveu lorsque tu es partie.
Mais il pense à toi tu sais. Il t'aime lui aussi.
Comme tu me manques ma Biche.
Je t'aime tant. 
C'est si peu de le dire.





22 août 2008 : Ma Biche, un 22, encore, un 22 pas comme les autres malgré tout.
Ton petit neveu est allé voir ta dernière demeure. Il a déposé des fleurs pour toi, sûr dans son coeur d'enfant que tu serais heureuse de les recevoir. 
Cela n'a pas été facile pour nous tu sais, mais quelle satisfaction de voir ce petit bonhomme que nous aimons tant et que tu aimais tant aussi, penser à toi, parler de toi, t'offrir des fleurs. 
Tu le sais, chez moi, la colère est si présente que les pleurs sont trop souvent bloqués, mais Papa qui pleure plus "facilement" n'arrivait pas à parler. Sa gorge était très serrée. L'émotion était forte.
Le temps passe ma Nounouche, mais la douleur est toujours présente. Mon coeur devient de pierre lorsque certains se "plaignent" pour un rien. C'est tellement horrible ce qui t'est arrivée. 
Jamais je n'accepterai ce que l'on vit. Jamais je n'accepterai que ta vie se soit arrêtée ainsi.
Cela fait trop mal.
J'ai trop mal de ne pas pouvoir te voir, t'entendre, t'embrasser.
Je t'aime tant tu sais.
Regarde cette photo. Tu te souviens. Tu avais déjà une girafe à la main. Tu avais gâté ton petit neveu. Tu l'aimais tant.
Ta petite soeur était près de toi ... comme toujours. Tu as toujours été sa référence. 
Nous souffrons tous de ton absence ma fille.
J'ai toujours autant de mal à croire que je ne te verrai plus.
Pour moi, tu es toujours là, partout, près de moi, avec nous.
Je t'aime, j'ai si mal.





25 août 2008 : Ma Nounouche, ton neveu est bien triste depuis qu'il a été voir ta dernière demeure. Il se pose beaucoup trop de questions pour son jeune âge. Il est grand avant l'heure. Il supporte mal l'idée de ne plus te voir. Il te réclame. Il faut surveiller son comportement. Cette visite qu'il souhaitait l'a "remué". Il te voudrait près de lui. Il est triste et colère contre ce drame. 
Comment lui faire comprendre l'incompréhensible, avec des mots adaptés pour ne pas perturber sa vie. 
Il t'aime sans trop t'avoir connue. Il le regrette d'ailleurs. 
Il va lui falloir vivre avec ce drame. Ta grande soeur est perturbée. Elle doit assumer beaucoup trop de choses, pour faire en sorte que ton petit neveu ne soit pas si mal. 
Tu l'aimais tant ma Biche. Il était en photo chez toi et en fond d'écran sur ton ordinateur. Tu étais fière d'avoir un si beau petit neveu. La vie t'a privée de le voir grandir. C'est une injustice que ton petit neveu ne supporte pas.
La vie est si dure. 
Je t'aime tant ma fille. Si tu étais là ...
J'ai tant de peine à y croire.
Regarde comme tu l'aimais.





22 septembre 2008 : C'est aujourd'hui le premier jour de l'automne, ma Nounouche. L'automne que tu ne vois plus. Les saisons passent, les mois et les années ... sans toi. J'ai toujours tant de peine. Je t'imagine chaque soir en te disant "bonsoir". Je te revois ... Je t'imagine même arrivant à la maison, un enfant dans les bras, venant nous rendre visite avec ton copain. 
Peut être est ce ce scénario qui me permet de survivre à cette absence trop lourde à porter. 
Je n'accepte plus les plaintes des gens. Je leur donne ma place s'ils le désirent. mais ils ne comprendraient pas. Comment pouvoir imaginer, alors que ce n'est pas arrivé ? 
La vie n'est pas un long fleuve tranquille. 
Comme il est difficile de se résoudre à penser que l'on ne se reverra plus. 
Je t'aime tant ma Biche. Tu me manques tant. 
Regarde, c'était ton tout premier automne. C'était ici. Nous n'y habitions pas encore, bien sûr, mais nous étions venus rendre visite à tes grands parents.
Comme nous étions heureux et fiers, comme tous parents. 
Je t'aime, je t'aime tant. J'ai si mal sans toi.





22 octobre 2008 : Ma Nounouche, ma Véro, ma chérie, ma Biche, encore une mauvaise journée. Ce 22 qui revient tous les mois pour nous torturer encore plus. Je suis fatiguée physiquement aussi. J'ai mal, mal de toi, mal au plus profond de moi, mal physiquement. Cette sale vie ne me fait pas de cadeau. Mais je ne devrais pas me plaindre. Qu'as-tu vécu il y a 6 ans et demi. As-tu souffert ? Toutes ces questions qui me harcèlent. Plus jamais je ne serai en paix. Je ne supporte plus rien. J'aimerais au moins ne pas être si stressée, ne pas être malade, faute de pouvoir mourrir. 
J'ai trop de mal à imaginer que je ne te reverrai plus. Je t'ai porté des noix et une part de gâteau aux noix. Tu aimais tant.
Cela fait si mal. Je t'aime ma Biche, je t'aime tant, j'ai si mal.
Regarde, tu es si belle, petite ou grande, toujours souriante.






29 octobre 2008 :
Ma Biche, hier nous sommes allés à ta dernière demeure. 
Et je pensais tout bas.
"Il pleut averse, le temps est moche,
Et je suis là
Dans ce cimetière où je ne devrais pas être.
Le gâteau que je t'ai porté est tout mouillé
C'est encore plus triste
Bien sûr tu ne le mangeras pas
Sale vie, sale saison.
Tout cela ne devrait pas exister.
Je regarde ce ballet incessant 
Des chrysanthèmes qui se promènent.
C'est triste à mourir.
Je m'abrite dans la voiture
J'écoute de la musique des jours heureux
Comme pour me faire un peu plus mal.
Tu n'as rien à faire ici, ma fille
Tu devrais vivre, rire"

Comme je t'aime ma Nounouche.





31 octobre 2008 : Ce soir les enfants du quartier sont venus frapper à la porte, et je n'ai pas réagi. Oui, ce soir, c'est la fête d'Halloween ma Nounouche. Tu aimais bien rire, t'amuser, te déguiser. Tu aimais tant la fête. Je me souviens de ce jour d'Halloween où tu avais fait beaucoup pour ta petite soeur. Elle était si contente, et toi aussi, ainsi que ta grande soeur. C'était le temps du bonheur. Maintenant je m'accroche à ces petites choses que je fais pour toi. Mais ce n'est rien à côté de ta présence. Tu me manques tant. La vie n'est plus la même. Je ne supporte plus grand chose. La vie est bien fade. Tous les soirs je t'imagine entrant à la maison, un enfant par la main, avec ton copain. Mais je n'aurais jamais ce plaisir. Cette blessure restera toujours ouverte. Mon mal de toi s'extériorise en mal physique. Je crois quelquefois ne pas être trop mal, mais cela ne va pas. 
Qui peut comprendre complètement ? 
J'ai si mal ma Biche. Et nous rentrons dans l'hiver.
Hier la neige était tout près. Tu l'aimais cette neige. Tu ne la vois plus, tu ne t'amuses plus. 
J'ai trop mal. Je t'aime tant ma Véro.
Dis moi, où es tu ? 
Le temps n'efface rien, je t'aime, tu me manques trop, trop, trop.
J'ai trop mal de toi.





05 novembre 2008 : Aujourd'hui j'ai vu ce coeur et j'ai tout de suite pensé à toi. Tu me manques tant ma biche.
Je pense à des tas de choses, à toi, toujours et encore. Je te vois, je t'imagine de partout, avec nous. Tu ne me quittes jamais.
Nous sommes maintenant en novembre, et tu le sais, je n'aime pas cette période de l'année. Je n'ai pas le moral. Je pense à toi qui n'es plus là, et j'ai trop de mal. 
Les fleurs se terminent au jardin. C'est dur de ne plus voir le jardin fleuri. 
Tu as maintenant deux jardins. Ton petit jardin et celui de la maison qui est aussi le tien. 
Les fleurs m'aident à avancer tu sais.
J'aurais tant de choses à te dire. 
Je ne sais plus si je t'ai parlé de la voiture. Oh ce n'est rien une voiture, mais c'est cette voiture que nous avions lorsque tu nous as quitté. Cette voiture a fini " sa vie " . Nous en avons maintenant une autre. La prochaine fois je te la montrerai. 
Je suis fatiguée en ce moment. J'aimerais tant ne pas avoir de problèmes de santé pour tenir le coup. C'est si dur. 
Tu me connais ma Nounouche. Tu sais que j'ai des problèmes de santé, et maintenant j'en ai encore plus.
Je t'aime tant tu sais. J'ai trop de peine à croire que je ne te verrai plus.
Ce site m'aide, mais ton absence est trop lourde.
J'ai si mal, ma Véro, si mal tu sais.
Je t'aime, je t'aime tant





13 novembre 2008 : L'horreur a frappé encore une fois hier, ma Biche. Nous l'avons appris par les informations aujourd'hui, alors qu'hier nous étions à Grenoble pour rendez vous médicaux. Nous sommes passés devant le lieu du drame, sans imaginer un instant que le même drame que le tien, que le nôtre, s'était produit quelques heures avant.
J'ai du mal. Mon esprit ne peut se défaire de ce drame. Je pense à cette famille, je pense à toi. Je pense à ce jeune chercheur comme toi, de 26 ans également, qui fréquentait l'université Joseph Fourié à Grenoble, comme toi, avant que tu ne partes aux Etats Unis puis à Paris et à Nice. 
Cela fait si mal, devant tant de similitudes. Cela fait mal de penser que cette famille vit la même horreur que nous. Cela fait si mal de revenir tout d'un coup en arrière, bien que nous y pensions chaque jour. 
Quand ces malades seront mis hors d'état de tuer ? Récidiviste comme ton assassin, ma Nounouche. 
Il faudrait que cela cesse. 
Comment, comment, comment ? 
Peut on croire que nos dirigeants font le maximum ? 
J'ai mal, et la révolte monte.
Je t'aime ma Biche, comme je t'aime.




22 novembre 2008 : Noël approche ma Nounouche. Cette horrible fête où tout le monde est content ... normalement.
Pour nous, comme pour bien d'autres, il en est autrement. Je n'aime pas cette saison, ni la fin de l'année, ni les festivités. Tout me fait si mal. Je ne supporte plus rien, surtout en cette saison. Mes problèmes de santé ne font rien pour m'aider à "avancer". 
Je ne sais plus où je suis bien. 
Regarde comme tu souris sur cette photo.
Tu aimais tant la vie.
J'ai du mal à continuer cette vie si triste, si difficile. 
Encore un 22 ce soir. Encore un Noël sans toi dans moins d'un mois.
Comment ai-je pu tenir jusque là ? 
J'ai toujours tant de mal à croire à ton départ.
Le soir lorsque je te dis bonsoir, je te fais vivre ce que nous avons fait dans la journée, 
Pour me convaincre que tu n'es pas partie, 
Pour me voiler la vérité.
Je t'aime, je t'aime tant ma Nounouche.
J'ai trop mal.






22 décembre 2008 : Encore un nouveau 22, ma Nounouche. Un 22 tout proche de Noël, un 22 qui fait mal. Un 22 qui arrive un lundi, tout comme ce 22 avril 2002. Te dire que je suis mal est peu dire. J'ai tant de mal à tenir ce site, mais je tiens à continuer pour toi, pour continuer de te faire vivre. 
J'ai trop de mal à croire à cette triste vérité. 
Nous avons fait cette photo il y a peu de temps. La neige tombée tôt dans la saison cette année et ce désir de monter à Chamrousse où tu allais souvent skier. 
J'ai regardé cette neige avec tes yeux, habillée de ta tenue de ski. 
Je t'ai emmenée avec nous. Je t'envoie cette boule de neige. 
La neige était belle pour toi, le ciel bleu. 
J'étais mal et contente de le faire pour toi. 
J'ai ce besoin de te faire voyager aux endroits que tu aimais.
Mais je ne vais pas très loin. 
Je n'ai plus trop la force ni l'envie de "bouger".
Je me sens si fatiguée.
Je t'aime tant ma Biche. J'ai si mal.
Comme je voudrais n'avoir fait qu'un cauchemar. 
Dis moi que tu m'entends ma Biche.






31 décembre 2008 : 2008 se termine ce soir, ma Nounouche.
2008 se termine encore sans toi.
Dur de se dire que tu ne feras plus la fête
Si difficile de ne pas entendre ta petite voix nous dire "Bonne Année"
Même si ce "Bonne Année" ne change rien.
Nous ne te voyons plus.
Le téléphone ne sonne plus.
Je n'ai que cet ordinateur pour te dire que je t'aime.
Où es tu ma Nounouche ?
Comme c'est dur, tu sais.
Cela ne devrait jamais arriver.
Cette photo est celle de ton dernier Noël.
Dernière fête ensemble.
C'est toujours "dernier" pour les jours heureux.
Je t'aime. 
Comme j'ai mal de toi ma Biche.
Tu me manques trop.






1er janvier 2009 : Premier jour d'une nouvelle année qui commence, encore sans toi.
Nous voilà arrivés en 2009, alors que tu n'as que peu connu l'année 2002.
Trop de temps sans toi
Trop de peine
Trop de douleur
Trop de haine.
Rien ne sera comme avant.
Jamais plus.
Cette année commence mal, comme chaque jour qui passe.
Je t'aime trop.
J'ai trop mal de toi.
Qui peut comprendre ?







22 janvier 2009 : Que de douleur, que de stress, chaque 22 du mois.
Je ne me sens pas bien. Je pense encore plus à toi. 
Je culpabilise ces jours là.
Chaque jour tu nous manques un peu plus, et la vie est bien fade.
Cet hiver est encore plus difficile que les précédents.
Je n'avance pas.
Je te vois partout, avec nous.
J'ai mal
Je t'aime tant ma Nounouche.
J'ai trop de mal à imaginer la vérité.
Je t'aime, tu sais.
Comme je t'aime.





23 janvier 2009 : Que je suis mal depuis hier soir ma Nounouche.
Il y a des mois plus difficiles que d'autres où ces deux dates me ravagent le coeur.
Depuis hier soir je ne cesse de penser à ce drame, revivant chaque scène.
Comment, comment ai-je pu résister à un tel choc.
Comment avons nous pu ?
Quand je pense que certains n'ont pas compris 
Et qu'ils ne me pardonnent pas mes cris de colère
Mes cris de désespoir.
Mais qui sont ces monstres pour ne pas comprendre.
Rien ne les a fait revenir.
Ils restent enfermés dans leurs idées
Ne sachant pas qu'un jour, cela peut très bien leur arriver
Et que malgré leur méchanceté, je ne leur souhaite même pas.
Quel coeur faut il avoir ?
Aujourd'hui je revis, contre mon gré
Car malgré mes occupations
Mon esprit s'évade.
Je revis cette scène du 23 avril 2002
Ces policiers, le médecin, mes cris de douleur
Mes cris de Maman. 
Ma chair que l'on m'a volée.
Tes photos que je n'ai plus pu voir l'espace d'un moment, d'une journée
Je ne sais plus.
Elles me reflétaient ce qui nous arrivait.
Ces coups de téléphone de partout
Cette vie qui allait être fête
Par le mariage de ton petit frère
Et qui s'effondrait tout d'un coup.
Ta petite soeur pour qui j'ai eu très peur
Ton frère qui a tout pris sur lui pour passer les premiers coups de téléphone
Alors qu'il ne pouvait plus rien avaler
Ta grande soeur qui a appris cela à la sortie de l'école
Et qui a dû conduire 50 kilomètres pour nous rejoindre
Conduire, car elle n'a pas pu supporter d'être passager.
Il lui a fallu prendre le volant pour tenter de supporter
La douleur qui s'effondrait sur elle.
Ta petite belle-soeur qui ne m'a pas quittée une seconde
Me donnant à boire et épongeant mes larmes
Essayant de me calmer
Alors que l'on ne se connaissait que très peu
Et que la barrière de la langue nous empêchait de communiquer.
Et toi qui étais sans nous
Toi qui es partie seule
Seule devant ton assassin.
Que ceux qui me critiquent
Ceux qui me disent de vivre avec les vivants
Viennent me le dire en face
Afin que je leur fasse comprendre
J'ai trop mal ma Nounouche
Et pourtant je n'ai pas le choix, je continue de survivre.
Regarde comme tu étais heureuse, le soir même
Regarde, ton oreille.
C'est elle qui a reçu la première balle ...
Jamais je n'oublierai
Je t'aime tant  





13 février 2009 : La vie est difficile en ce moment, ma Nounouche.
Par dessus la douleur, certains sont hors sujet.
Comprendont ils seulement quelque chose un jour
Tant que la vie ne les aura pas touchés.
Ils ne sauront pas ce que souffrir veut dire
Tout cela fait mal et en ajoute à cette triste vie
Le 11 février était le jour de mon anniversaire
Beaucoup ont pensé à moi
Tes soeurs et ton frère ont appelé en même temps
Cela m'a fait plaisir
Et m'a fait ressortir encore plus ton absence
Tu ne m'as pas appelé pour me dire
Bon anniversaire.
Je t'aime ma Nounouche
Tu me manques tant
Regarde, quelqu'un m'a offert cette création avec une photo de toi



Merci Sophie

J'ai si mal de toi ma Nounouche. Trop mal



14 février 2009 : Ma Nounouche, c'est aujourd'hui la Saint Valentin.
La vie t'a privée d'amour. Tu n'es plus là
Plus de Saint Valentin en tête à tête.
Même ce plaisir t'a été arraché.
Qui peut comprendre ? 
Encore un jour de douleur
Un de plus
Comme chaque jour qui passe
Je t'aime tant ma Nounouche
Mais je ne peux plus t'apporter autant que je le voudrais.
Où es tu ma Biche ? 
M'entends tu te dire je t'aime ? 
Je peux crier mon amour de maman 
Je peux crier ma colère
Rien n'y fera
C'est inhumain, ma Nounouche.
Je t'aime , je t'aime tant




Je ne peux t'offrir que du virtuel
Des fleurs et des peluches que tu aimes tant
J'ai si mal ma Nounouche



22 février 2009 : Encore un 22, comme chaque mois, ma Nounouche.
Cela devient si difficile, tu sais.
Je ne parviens pas à m'habituer à ton absence et tout m'irrite.
J'ai beaucoup de mal à avancer dans cette vie si fade.
Certains jours, tes photos me sont insupportables, tant j'ai du mal à 
associer ton visage à ton absence.
Je suis instable. Je veux et je ne veux plus...
Plus rien n'est comme avant.
C'est dur, si dur, ma fille.
Je t'aime, je t'aime tant
Jamais mon rêve ne se réalisera
Jamais plus le soleil ne brillera comme avant
Jamais plus la mer sera aussi belle qu'avant
Jamais plus la neige ne sera aussi pure qu'avant
Jamais plus.
Tu me manques trop, trop, trop ...





10 mars 2009 : Ma Nounouche, je crois que mon mal être dépasse mes limites. Tu me manques trop.
Je fais des cauchemars la nuit. La journée je n'arrive pas à imaginer. Dans guère plus d'un mois, cela fera 7 ans que je n'ai pas pu t'embrasser. J'ai peur de tout, je ne supporte plus rien, j'ai si mal.
Que faire ma fille ? Le temps n'apaise rien tu sais. J'ai trop de mal à croire que plus jamais. Trop de mal à croire que certains puissent vivre tranquillement, sans connaitre ce calvaire, sans s'imaginer ce que cela représente.
Je ne sais plus que te dire. Ai-je le droit de t'écrire aux yeux de tous ? 
De ceux qui sont touchés et de ceux qui s'alimentent de faits divers. 
Le malheur des uns fait quelquefois le bonheur des autres. 
Nous l'avons vécu et de si près. J'en ai rêvé cette nuit. 
J'aimerais tant apprendre que ce monstre souffre, souffre autant que tu as souffert et que je souffre. 
J'ai trop mal ma Nounouche. 
Dicte moi dans mes rêves ce que je dois faire. J'aimerais tant ne plus être là, à attendre quoi ? 
Ma vie me pèse. Elle ne m'a pas fait de cadeau. J'en ai assez. 
Je ne voudrais pas souffrir autant que ta Mémé que tu aimais tant. J'ai tant envie de partir avant. 
Vais je te retrouver ? Oh je n'y crois pas. Je ne crois pas en un paradis. 
Qu'es-tu devenue ? Qui pense à toi à l'heure où je t'écris ? 
Qui te pleure alors que je verse tant de larmes ? 
Qui est ce monstre qui doit vivre des jours heureux ? 
Oh si tu savais comme je suis aigrie, comme je veux le mal à qui m'en a fait. 
Comme je voudrais que ce mal que je leur souhaite leur fasse comprendre à quel point, au lieu de me soutenir, 
ils m'ont enfoncée, enterrée vivante. 
J'ai mal, si mal, ma fille. Je ne sais plus que faire.
J'ai trop mal.
Je t'aime , je t'aime tant.
Regarde, ma Nounouche, c'était ton dernier Noël,
Qui accepterait cela ?





17 mars 2009 : Ma Nounouche, je prends aujourd'hui la décision de mettre un terme à ce journal, ici.
Je continuerai, toute ma vie durant, à te parler, de tout, 
de mon chagrin, de mon désespoir, de mes joies voilées car tu n'es pas là pour les partager. 
Je continuerai de te dire que je souffre, car je sais que d'où que tu sois tu peux comprendre. 
Je sais que tu me comprendrais ... 
Mais depuis hier, mes doutes sont devenus réalité et une grosse déception m'a ouvert les yeux.
Ce site devient l'objet de voyeurisme.
Et ceci je ne le veux pas ma Biche. 
Je ne veux pas que tu en sois l'objet. 
Je ne veux pas que beaucoup se "gave" du malheur qui nous frappe tout en vivant leur vie sereinement, sans mot dire.
Je ne le supporte pas et ne le supporterai jamais.
Je les laisse à leurs occupations, à leurs repas en famille, à leurs joies
Tout en leur disant qu'ils ne pourront plus s'alimenter de faits divers ici
Des faits divers, il y en a plein les quotidiens, et ils se paient.
Mais je voudrais juste leur dire aussi que 

CELA N'ARRIVE PAS QU'AUX AUTRES 

Pardonne moi ma Nounouche.
On se retrouve de l'autre côté.
Je t'aime, c'est si peu dire.




A tout de suite ma Nounouche, en privé. 

Afin que ton histoire ne s'arrête jamais...


Écoutes les violons qui tournent, ma biche, pour toi.













 Sur la chanson "Tournent les violons" de Jean Jacques Goldman









Accueil