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Noël est
là de nouveau ma
Nounouche, le 9e.
Je les
compte sans trop savoir comment je survis, sans trop savoir
comment j'arrive à être encore là.

Je ne sais
plus que dire. Je ne veux plus me plaindre.
Cela ne fera pas changer le monde.
Les gens en qui l'on croit et qui brusquement tournent le dos,
et qui pourtant paraissaient sincères.
Ces gens qui se plaignent pour bien moins que la perte d'un
enfant
Ces gens qui feront la fête ce soir et demain, sans penser à
ceux qui pleurent
Sans penser à ceux qui meurent, à ceux qui ont faim, à ceux
qui vivent en guerre.

Je n'aime
plus cette société.
Je ne sais plus où je suis bien, si seulement je pouvais être
bien .....
Je pense à tous ces parents désenfantés qui sont comme nous
Tous ces parents qui ce soir et demain penseront à leur enfant
parti trop tôt.

Mais je
pense aussi à tous nos dirigeants qui n'ont d'autre soucis que
de paraître
Et qui ne résolvent rien de ces problèmes de société.
Du fond de mon isolement je pense à toi ma Nounouche,
simplement et je pleure.
Je pleure sur ma vie ratée.
Je pleure sur ce que je n'ai plus,
C'est à dire ce plaisir de chérir mes quatre enfants, bien
voulus, bien désirés.
Oh mon coeur en aurait même accepté encore plus que quatre, si
j'avais pu.
Mais il faut penser à l'avenir. Et j'ai la preuve que l'avenir
n'est pas rose du tout.
J'ai pourtant eu tant de peine à vous avoir, à vous porter, à
vous mettre au monde.
Il fallait vraiment adorer les enfants pour supporter ces mois
de grossesse dans ces conditions.
Et ma récompense a été de te perdre ma Nounouche
Jamais je ne pardonnerai, jamais je ne m'apaiserai.
Ma santé n'est pas très bonne.
Je dois composer avec. Nous ne naissons pas tous sous la même
étoile.

Ce soir, ce
sera notre rituel maintenant, depuis neuf ans.
Tes photophores, dernier cadeau que tu nous aies offert
Ces photophores que tu as confectionnés toi-même, brilleront.
Nous serons seuls et demain matin, tu auras ton cadeau, pour
faire comme si ...
Mais tout cela est bien trop dur à vivre, et j'ai hate que
cette période se termine.
Regarde, ma
Nounouche, mes amies fidèles sont toujours là et répondent
présent.
Elles pensent à nous, elles pensent à toi.
Merci
Ghislaine, Maman de Denis
Merci Bruine
Merci
Marjolaine
Le soir de
Noël, comme chaque année tes photophores sont restés
allumés.
Ce matin, tu
avais ton cadeau. Le "Père Noël" ne t'oubliera
jamais ma Nounouche, tant que je vivrai.
Mais ce n'est pas cela dont tu aurais besoin.
Je t'aime tant et tu me manques beaucoup trop.
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